Soleil : No body T1, Satanie, Androïdes T3

/ Critique - écrit par plienard, le 28/11/2016

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Chez Soleil, on a un homme qui s’accuse de meurtre, la seconde vie d’un album et des androïdes qui luttent contre l’invasion de la Terre.

No body – Tome 1: Soldat inconnu – note: 6/10

Christian De Metter signe un récit d’anthologie en quatre actes dans la collection Noctambule des éditions Soleil. Un récit qui souffre de l’impression qu’on a de l’avoir déjà vu à de nombreuses reprises à la télévision ou au cinéma mais qui est sauvé par son personnage principal et sa personnalité énigmatique.


©Soleil édition 2016.

La jeune psychologue Brennan doit faire le portrait psychologique d’un homme qui s’accuse du meurtre de son collègue, assassin de sa femme. Cependant, certains points ne collent pas avec sa déclaration et elle cherche donc à les éclaircir. Réussissant à établir une relation de confiance, l’homme se met à lui raconter sa vie et comment il a été amené à travailler comme agent infiltré pour le FBI.

C’est une première rencontre entre la psychologue et son sujet mais aussi entre les lecteurs et l’histoire. On ne peut pas dire que le contact ait vraiment eu lieu au bout de ce tome. Si la personnalité de l’accusé paraît intéressante, ses débuts dans les services secrets n’ont rien de très originaux et surtout on tombe des nues quand on découvre son rôle dans un célèbre assassinat des années 60. On attendait un peu moins d’énormité et un peu plus de psychologie. Mais nobody is perfect.

 

Satanie – note : 7.5/10

Fabien Vehlmann et Marie et Sébastien Kerascoët ont une sacrée chance. Et oui, il n’est pas donné à tout le monde d’avoir une seconde chance. C’est pourtant ce qui leur est arrivé. Pour ceux qui s’en souviendrait ou qui ont un sens aigu de l’observation, l’album Satanie doit leur rappeler quelques souvenirs. Et ils n’ont pas tord. Il y a quelques années, en août 2011 pour être précis, le tome 1 du diptyque Voyage en Satanie paraît aux éditions Dargaud. L’histoire s’arrêtera finalement à ce premier tome devant le peu de succès public qu’il a rencontré. La renommée des auteurs n’y a rien fait. Pourtant les éditions Soleil, avec sa collection Métamorphose, proposent une nouvelle chance avec une nouvelle couverture et surtout l’opportunité de l’éditer en one-shot, une histoire complète sur 128 pages.


©Soleil édition 2016.

Un groupe hétérogène d’explorateurs plonge dans les entrailles de la Terre à la recherche de Constantin, un scientifique qui voulait prouver sa théorie darwinienne des enfers, et disparu il y a quelques mois. Ils vont se faire surprendre par la montée des eaux à la suite d’un orage à l’extérieur. Parmi eux, il y a notamment le prêtre Montsouris, la sœur du disparu Charlotte dit Charlie, l’oncle du disparu Lavergne. Ils vont tenter de survivre et vont faire des découvertes ahurissantes. Mais certains vont carrément péter les plombs comme un certain Legoff ce qui va encore les pousser à aller un peu plus sous terre, de plus en plus près de ... Satanie.

Hystérie, sensualité, suspens, schizophrénie, dépression, les personnages inspirent et subissent de nombreux sentiments et épreuves qui donnent à cette histoire un ton original. Une histoire comme seuls Fabien Vehlmann et les Kerascoët sont capables de l’imaginer et de la dessiner. On lui espère une meilleure destinée cette fois-ci avec cette nouvelle couverture rouge sang très attirante.

 

Androïdes – Tome 3 : Invasion – note : 6.5/10

Avant-dernier album de la sympathique série thématiques Androïdes, le tome 3 titré Invasion est signé par un nouveau duo d’auteurs, Sylvain Cordurié (scénario) et Emmanuel Nhieu (dessins). Des auteurs qu’on connaît assez bien pour les avoir lu ; le premier  sur le tome 5 des Maîtres inquisiteurs ou la série Walkyrie, le second pour Far albion ou Nocturnes rouges. C’est ici leur première collaboration, pour un récit qui est sans doute le moins androïdes et le plus science-fiction des trois récits déjà parus (on ne peut pas présager du quatrième à venir au premier trimestre 2017).


©Soleil édition 2016.

Jerrod est extrait de son cocon avec violence. C’est peu dire qu’il n’apprécie guère qu’on le réveille de la sorte. Et cela même si c’est une « sacrée blondasse » qui s’en charge. Prénommée Amber, elle est accompagnée de Serguei et Oliver qui ne sont pas là pour rigoler. Et Jerrod est vite mis au parfum : c’est, ni plus ni moins, le messie que tout le monde attend, celui qui peut mettre une raclée aux entités extra-terrestre qui terrassent la Terre.

Sylvain Cordurié offre un personnage pas franchement sympathique et limite énervant. On n’est d’ailleurs pas les seuls à le penser. Les coéquipiers de Jerrod ne le supportent pas du tout avec son attitude désinvolte et son humour déplacé qui énervent tout le monde. Il va ainsi être insupportable sur les deux tiers de l’album avant qu’il n’ait la révélation et qu’il découvre le talon d’Achille des E.T.

Les dessins d’Emmanuel Nhieu sont plein d’énergie et il nous offre quelques belles pages sur la fin de l’album.

Mélange de Matrix et de Egde of tomorrow,  de comics américains avec une pointe de R.U.S.T. pour les méchants E.T., cet album est une sorte de melting-pot d’histoires de science-fiction que les fans du genre devraient apprécier.


Les couvertures des 3 albums - ©Soleil édition 2016.

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