Rue de Sèvres : Sombres citrouilles, Lettres d'amour de 0 à 10, Optic squad T1

/ Critique - écrit par plienard, le 05/12/2019

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Trois albums aux ambiances foncièrement différentes.

Optic squad - Tome 1 : Mission Seattle - note : 7,5/10

Le scénariste d'Orbital (Dupuis, huit tomes) et de On Mars (Daniel Maghen) revient aux éditions Rue de Sèvres avec un nouveau récit futuriste, Optic squad, du nom d'un escadron d'intervention de l'ONU, spécialisé dans l'infiltration des réseaux criminels. Il tire son nom des nano-caméras implantées dans l'iris de ses agents et qui permettent de les suivre et de leur apporter un soutien logistique et psychique.


© Rue de Sèvres 2019.

 Katryn est une toute nouvelle recrue dans cet escadron et déjà elle est envoyée pour une mission sensible pour laquelle elle fait preuve de compétences et d'un sang-froid hors-normes. Elle fait équipe avec Valdo Reyès et sont chargés de démanteler un réseau de proxénétisme de jeunes garçons.

Le monde futuriste développé par Sylvain Runberg offre un attrait intéressant et paraît (malheureusement) crédible avec son côté violent et corrompu. Le personnage de Katryn est particulièrement énigmatique, car si elle fait partie du bon côté, elle cache des secrets d'enfance douloureux et qui nous sont dévoilés avec parcimonie au fil de l'album, approfondissant ainsi sa psychologie.

Au dessin, c'est un Stéphane Bervas très à l'aise dans les détails et assez novateur dans le découpage et le cadrage donnant de l'énergie au récit.

 

Sombres citrouilles - note : 8/10

Sombres citrouilles est à l'origine un roman de Malika Ferdjoukh, récompensé par le prix "socières" 2000. Pour le mettre en dessins, c'est Nicolas Pitz qui s'y colle avec une propension à donner de drôles de grandes oreilles à ses personnages. C'est bien la seule remarque qu'on pourra faire, et qui finalement leur donne un air de famille à tous.

Et c'est bel et bien le cas puisque, tous les 31 octobre, la famille Coudrier se réunit à la Collinière pour l'anniversaire de Papigrand. Si tout le monde semble redouter cet instant et s'y rend plus ou moins à reculons, cette année un événement dramatique va exacerber un peu plus les rapports : le corps d'un homme est retrouvé dans le jardin par les enfants qui vont le cacher et mener leur enquête pour démasquer le meurtrier.


© Rue de Sèvres 2019.

 Secrets de famille inavouables ou inavoués, sentiments cachés, la famille Coudrier a de nombreux travers et cachotteries qui alimentent l'imaginaire du lecteur et rendent suspects la plupart des adultes. Un récit envoutant, digne des meilleurs romans d'Agatha Christie, à l'exception faite qu'on est bien en France et que les enfants sont partie prenante de l'enquête.

Un album qu'il conviendrait de découvrir pour Halloween, tant l'ambiance s'y prête à merveille. Oui, mais voilà que je vous en parle trop tard ! Il vous faudra encore attendre un an ? Ce serait passer à côté d'un des albums de l'année.

 

Lettres d'amour de 0 à 10 - note : 7/10

Susie Morgenstern voit son roman adapté par Thomas Baas dans un style et un univers qu'un Sempé n'aurait pas renié. Il y a quelque chose du Petit Nicolas dans le style et l'ambiance de cet album, même si  le personnage principal, Ernest, n'est pas aussi garnement que le Nicolas de René Goscinny.


© Rue de Sèvres 2019.

 C'est un petit garçon plutôt discret, Ernest. Jamais un mot plus haut que l'autre, très attentionné avec sa mamie, toujours en costume-cravate, les petites filles ont visiblement un petit faible pour lui. Vivant seul avec sa grand-mère, et la bonne, Germaine, il a une existence réglée comme du papier à musique, loin du brouhaha de la vie extérieure. Le temps semble s'être arrêté pour lui et sa grand-mère. Mais l'arrivée de Victoire va complètement bouleverser sa petite vie tranquille. Sa joie de vivre, son énergie, ses 13 frères (!), vont montrer une autre vie à Ernest qui va alors vouloir en savoir plus sur son père et sa mère disparus.

Un récit qui allie à la fois émotion, humour et douceur. Le dessin de Thomas Baas s'inscrit parfaitement dans cette ambiance. À la fois simple et délicieuse, cette histoire peut paraître surannée par ces personnages et leur mode de vie. Mais la folie de la famille de Victoire et son ancrage dans la société donne à l'histoire un côté universel.

 


les couvertures des 3 albums - © Rue de Sèvres 2019.

 

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