9.5/10La guerre de Catherine

/ Critique - écrit par plienard, le 07/04/2018
Notre verdict : 9.5/10 - La victoire de l'innocence

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Une BD à ne manquer sous aucun prétexte.

C'est un album qui est paru il y a déjà un an, en mai 2017, mais dont les récentes récompenses ont remis sur le devant de la scène. On ne pouvait pas passer à côté de cet album évènement de l'année dernière, auréolé du fauve jeunesse 2018 à Angoulême et du prix Fiction historique Artémisia 2018 de la bande dessinée féminine.


© Rue de Sèvres 2017.

 À l'évocation de ses prix, ce serait une erreur de rabaisser cet album à une simple histoire sur la guerre pour jeune fille. Il en a les qualités, c'est certain, mais il a aussi suffisamment d'atout pour intéresser un large public, du jeune à l'adulte, de féminin à masculin.

On suit la fuite de Rachel, une jeune juive qui a dû quitter ses parents à l'arrivée des allemands à Paris et qui vit une scolarité presque normale à la Maison de Sèvres, une école avec une pédagogie en dehors des sentiers battus. Les élèves y sont autonomes et Rachel y développe son sens de la photographie depuis qu'elle a reçu un Rolleiflex du mari de la directrice. Mais la guerre se rappelle à leur bon souvenir, et il lui faut changer de nom et partir dans d'autres écoles pour éviter d'être rafler par les allemands. Au gré de ses déménagements forcés, elle va rencontrer et éduquer d'autres enfants, se faire des amis qu'elle devra toujours quitter, apprendre la photographie ….

L'énergie de l'héroïne est tout bonnement époustouflante. Malgré les difficultés de l'époque, elle avance. Le récit s'éloigne des récits habituels en se focalisant sur le personnage de Catherine et de ses rencontres. Jamais la guerre n'est réellement exprimée, même si on la sent présente. Elle traverse cela avec un courage étonnant et volontaire, ne se laisse pas abattre, même si parfois une certaine émotion est bien présente, notamment lors des séparations.

Ce magnifique album, justement récompensé, est signé Julia Billet qui adapte ici son roman biographique sur sa mère, et est dessiné par Claire Fauvel (Une saison en Egypte chez Casterman).


© Rue de Sèvres 2017.

 

 

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