Paquet : Angles morts et Jeux sans frontière

/ Critique - écrit par plienard, le 29/08/2014

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Les éditions Paquet ont proposé deux albums au mois de juin 2014. Une enquête dans le milieu des motards et une satire des ONG.

C’est avec un certain plaisir que nous vous proposons deux albums d’une nouvelle maison d’édition. Enfin, elle est toute nouvelle dans la liste des éditeurs avec lesquels nous collaborons et nous espérons que cela durera. C’est de Paquet dont il est question et le bilan des albums est pour l’instant mitigé.

 

Angles morts, tome 1 – note 7/10

Will est un ancien taulard et la malchance veut qu’il se trouve tout proche d’un braquage de bijouterie qui tourne mal. Circonstances aggravantes, il a une hayabusa ! Et le braquage a été fait par un gang sur hayabusa. C’est donc l’accusé idéal ! Sauf que cette fois, il n’a rien à se reprocher. Et il va tout faire pour se disculper.


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Une hayabusa, kesacko ? Si vous n’êtes pas un féru des deux-roues, c’est la question qui vient tout de suite à l’esprit. C’est tout simplement un modèle de bécane japonaise, une Suzuki.

Un polar dans le milieu des deux-roues, c’est suffisamment rare pour qu’on s’y intéresse de plus près. Et pour une fois, nos amis motards ne sont pas traités sur le ton de l’humour.

Des policiers motards, un innocent motard, une victime motard, des truands motards, vous allez bouffer de la bécane, en veux-tu en voilà. Mais, on est loin de l’overdose. Au contraire, on est plus dans la déclaration d‘amour pour un mode de transport et par des passionnés (les auteurs) qui savent de quoi ils parlent.

De plus l’univers dans lequel évoluent les personnages ne prend pas le dessus sur l’intrigue. Des personnages intéressants, complexes et sympathiques, comme Will le biker au style rockabilly qui aime les Stray cats, Emma la belle et jolie stunter (je vous laisse découvrir en quoi cela consiste), ou le policier volontaire mais qui se laisse aveugler par les évidences.

Les auteurs, Xavier Betaucourt au scénario et Laurent Astier au dessin, signent un album dans lequel ils ne tombent pas dans la facilité. On a bien quelques clichés avec les biker de Harley qui cherchent la castagne, mais, au pire, tout cela enrichit le folklore. L’intrigue est efficace, soutenue et le dessin a un style sympathique et donne une ambiance seventies dans une société moderne de manière paradoxale. Les aficionados de motos regretteront peut-être que les motos ne soient pas mieux mises en valeurs. Mais comme j’ai pu le dire plus haut, l’univers sert l’intrigue et pas l’inverse. Ce premier album dans la collection Carénage de l’éditeur Paquet est une réussite

 

Jeux sans frontière – note 4/10

Deuxième album des éditions Paquet que nous avons eu le loisir de lire, Jeux sans frontière est un album humoristique, voire même un pamphlet contre les OGN en Afrique. L’auteur Ptiluc met en effet le paquet – désolé pour le jeu de mot facile ! – sur un monde qu’il a longtemps rencontré entre 1997 et 2011. Ayant parcouru l’Afrique plusieurs mois par an, il a souvent croisé ces entreprises de l’humanitaire et il nous rapporte ici sa vision peu édulcorée du système et du continent, ainsi qu’une vision autocritique de son pays la Belgique au travers de son personnage, l’abbé Van Koelten.


DR.

Tout y passe pour nous faire rire : les enlèvements d'occidentaux pour la rançon, les enfants-soldats, les libérateurs-dictateurs, les anciens et les nouveaux blancs colonisateurs, les ONG qui se battent pour les subventions. C’est souvent corrosif et quelque fois on frise le mauvais goût comme l’amalgame abbé-pédophilie avec tous les enfants et la campagne de vaccination. L’auteur est un chantre de l’humour depuis Pacush Blues (chez vents d’ouest) et il semble évident qu’il n’a pas envie d’arrêter là. L’album apparaît comme une série de clichés qui sont des réalités (?). L’auteur a voulu être dérangeant, c’est réussit. Il a voulu faire rire, mais pour ma part, il n'a pas réussi à chaque fois.

C’est un album pour ceux qui aiment l’humour vache, très vache.

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