8.5/10Elizabeth Bathory

/ Critique - écrit par Valentin Pick, le 03/08/2019
Notre verdict : 8.5/10 - L’existence sanglante d'Elizabeth Barthory magistralement illustrée (Ecrivez votre critique)

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La comtesse hongroise Elizabeth Bàthory n’a trouvé nulle affection dans les bras de son mari. Aimer lui semblait impossible depuis la mort de son père alors qu’elle n’était qu’une enfant. Pourtant, lors de son mariage forcé, c’est avec la demoiselle d’honneur qui n’est autre que sa cousine qu’elle tisse une relation amoureuse. La perte soudaine de son mari ne laisse couler aucune larme : c’est une délivrance.
Des jeux bien cruels pour une enfant.

 


Un jeu des plus macabres s’instaure progressivement. Orgie, torture et meurtre sont désormais la vie fantasmatique que mène Elizabeth aidée de ses domestiques ainsi que du pasteur. Les victimes au jeune âge se multiplient, bientôt le domaine est peuplé de cadavres et de femmes squelettiques dont l’espérance de vie ne tient qu’au bon vouloir de la maîtresse des lieux.
Le mythe de la Comtesse sanglante est ici repris par Pascal Croci. Elizabeth Bàthory a multiplié les meurtres de jeunes femmes, certaines étant âgées d’une douzaine d’année. L’album joue avec la légende selon laquelle Elizabeth aurait pris des bains de sang pour conserver sa jeunesse.

La qualité des illustrations à laquelle nous a habitué l’auteur ne déroge pas à la règle avec ce titre. Un changement notable de style graphique s’opère, en lien avec la narration, entre les dix premières pages qui semblent être réalisées à l’acrylique et le reste de l’album qui est fait à l’aquarelle.
Le changement de technique graphique est visible entre les page 8 et 24 .

 

Les paysages viennent complètement envahir l’histoire, on ne compte pas moins d’une douzaine d’illustrations s’étendant sur des doubles pages.
Si la vie d’Elizabeth Bàthory est parfaitement mise en image, le rôle donné au dénommé Jonathan Harker me semble quelque peu confus. Est-ce que l’intrigue principale qui met en lumière la violence de la comtesse n’aurait pas suffi ? L’univers de Pascal Croci est parfois complexe à comprendre en première lecture mais il n’en demeure pas moins l’un des auteurs dont je ne peux m’empêcher de dévorer chaque album. Les ambiances chromatiques épurées apportent une douceur apparente soulignant la violence de personnages à la personnalité atteignant souvent une forme de folie. Au-delà de ce qui est montré, Pascal Croci arrive à mettre en avant des émotions ou une violence latente sans poser une image précise. L’imaginaire prend le pas sur l’image et c’est alors un véritable plaisir de lire entre les cases.

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