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5/10Narcisse

/ Critique - écrit par Maixent, le 25/03/2018
Notre verdict : 5/10 - Noyée dans son reflet (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Une quête amoureuse

Jeu de miroir et de genre, Narcisse pose les questions de la relation amoureuse à travers soi. Une quête sans fin de complémentarité pour un Amour ambitieux dont l'héroïne essaye tant bien que mal de se dépatouiller.


Etat de grâce

 

Le premier souci de l’album est le temps. La narration est beaucoup trop rapide et notre héroïne de grande tragédienne blessée en proie aux tourments de la passion n’en devient que frivole. En effet, on suit Sama sur deux ou trois jours, ce qui lui laisse le temps de passer par toutes les étapes : Amour, Passion, Haine, Désespoir etc. Le spectre des émotions est travaillé dans son ensemble mais cette liste exhaustive en seulement quelques pages noie le propos qui perd du même coup de sa substance.

L'album s'ouvre sur une énième rupture de Sama. Comme on l'apprendra plus tard par ses amis, sa vie amoureuse n'est que montagnes russes, allant de déceptions en trop grandes excitations. Mais là où on s'attendrait du coup à une bande dessinée traitant de la prise de conscience quant à cet état et des solutions ou une acceptation, on reste plutôt dans la continuité. Donc dès le lendemain de sa rupture, dans une pulsion de changement, allant se faire couper les cheveux, un coup de foudre s'opère avec la coiffeuse qui finira très vite dans son lit. Ce qui s'opère là, au-delà des scènes lesbiennes car il s'agit tout de même d'une bande dessinée érotique, c'est juste une réflexion par rapport à une situation donnée mais pas trop travaillée avec un schéma en miroir. 

Dans un premier temps, Sama est repoussée par sa petite amie dans une scène onirique car elle ne se préoccupe pas de ce que l'autre pense vraiment. Avec des fleurs dans les cheveux, sous fond de coucher de soleil, les deux jeunes filles s'enlacent dans ce qui semble être un paradis charnel jusqu'à ce que Lise s'en aille, laissant Sama en PLS sous la pluie, une scène digne d'une tragédie hollywoodienne. Puis c'est l'histoire avec Fadira,sous le signe de la passion charnelle, une exultation des corps jusqu'à ce que Sama se fâche comme une gamine pour une simple réflexion, ayant le même comportement que celui qu'elle rejetait auparavant. 
Scène de ménage

 

Au milieu de tout ça, on rencontre les amis de Sama qui se posent en conseillers, voire psychiatres et donnent des conseils abscons, tournant eux aussi en boucle dans leurs histoires. Reste la réflexion sur la question du genre, mais là aussi, à force d'en faire trop on en perd le sens. On parle des homos, des bis, des trans, des noirs, des blancs, des arabes. On respecte bien la représentativité de la diversité culturelle inclusive, il n'y a aucun souci là dessus mais quel est le message si ce n'est que chacun est enfermé dans ses problèmes ? 

Sama passe son temps à chouiner et à faire du mal, confortée dans son égoïsme par des amis sûrs d'eux qui assènent leur Vérité comme un marteau sur une enclume et jugent sans jamais aider.

Le message qui en ressort c'est que tout le monde se regarde le nombril dans le miroir, n'apprend rien, ne fait pas grand chose, quitte à faire souffrir les autres plutôt que d'essayer de se remettre en question. Alors même si le dessin est avenant et réussi dans le genre mignon, cela ne suffit pas à rehausser une histoire qui tourne en rond et des personnages auxquels il est extrêmement difficile de s'attacher, ce qui est bien dommage car l'idée de base est positive. 

 

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