Le Lombard : Le ventre de la hyène, Saga Valta T2, Tourne-disque

/ Critique - écrit par plienard, le 13/08/2014

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Le Lombard se met à l'heure africaine avec deux beaux albums poignant et poétique. Et puis il y a Jean Dufaux qui continue sa saga ... Valta

Le ventre de la hyène – note 7.5/10

Un album puissant, un véritable coup de poing que les auteurs, Clément Baloup et  Christophe Alliel nous assènent.


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En suivant le parcours de deux frères, Anouar et Talino, c’est un peu l’histoire des enfants-soldats, des révolutions africaines que l’on découvre. Le premier frangin est violent autant que le second est un charmant gamin. Mais ce dernier est trop sous l’emprise de son grand frère qui va l’emmener dans sa folie mégalomane et meurtrière.

Sorte de mix entre le roman graphique et le récit initiatique africain,  le trait de Christophe Alliel est assez époustouflant et relate efficacement la violence de l’histoire. Le dessinateur a d’ailleurs clairement pris un virage à 180° après les aventures classiques de Spynest (chez Soleil).

Le scénario de Clément Baloup a ceci de terrifiant qu’il apparaît crédible. L’accumulation des horreurs que vont vivre les protagonistes de ce récit nous rappellent malheureusement trop de sujet d’actualité : les enfants-soldats du Rwanda, les révolutions de printemps des pays arabes, l’insécurité des cités de Marseille ce qui en fait une une fiction terriblement véridique.

 

Saga Valta, tome 2 – note 7/10

Quand Jean Dufaux s’engage dans une aventure, il le fait pleinement, intégralement, goulûment. Il s’en excuse presque dans la préface de ce tome 2 qui devait terminer cette saga.


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De fin, il n’en sera pas question cette fois. Car, son défaut – en est-ce vraiment un pour ses lecteurs assidus ? – est de ne pas pouvoir s’arrêter de nous raconter des histoires. Rattraper par son imagination, porté par son dessinateur non moins génial Mohamed Aouamri, le sérial-scénariste nous annonce la fin pour le tome 3. On se réjouit déjà de cette prolongation. Car joie il y a à découvrir la saison 1 de cette saga avec Valgar de Valta qui cherche à faire reconnaître et valider son union avec Astridr, la fille du violent chef viking Thorgerr. Sa droiture et son charisme sont des qualités qui vont lui fournir de nombreuses aides dans sa quête. Mais aussi des défauts face à des ennemis (es) féroces.

Le dessinateur qui a attiré à lui des maitres comme Serge LeTendre et Régis Loisel au point de dessiner le tome 6 de la Quête de l’oiseau du temps montre encore toute l’étendue de son talent. Si l’artiste se révèle une nouvelle fois par la qualité de ses décors végétaux, il nous montre son talent considérable avec les plantes vénéneuses que sont les héroïnes de Jean Dufaux.

 

Tourne-disque – note 6.5/10


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Si je vous dis Zidrou, la plupart d’entre vous me répondront Ducobu ou Tamara. Le scénariste est un spécialiste de l’humour et de la tendresse. Et il n’est pas le moins bon lorsqu’il s’essaye aux récits plus « sérieux ».

Raphaël Beuchot est dessinateur et on l’a déjà lu avec 13m28 chez l’éditeur Manolosanctis.

Zidrou-Beuchot, tiens-tiens, ce couple pourra dire quelque chose au plus assidus d’entre-vous. Les deux hommes ont déjà travaillé ensemble sur le Montreur d’histoires , toujours aux éditions du Lombard.

Cette nouvelle collaboration ne peut pas être innocente car on y retrouve la même ambiance africaine. Tirée de faits réels, cette histoire raconte la rencontre entre Eugène Ysaÿe et Tourne-disque un nègre chargé de mettre la musique toute la journée. Nous sommes en 1930 dans le Congo belge. Eugène est un célèbre violoniste belge qui vient faire un concert en Afrique.

Une belle histoire que cette rencontre tant dans son traitement par le trait élégant et tout en retenu de Raphaël Beuchot que dans les personnages qui la compose. Si nous sommes en pleine période coloniale, il n’est ici question de ce sujet. Il s’agit de la rencontre étonnante de deux hommes sur un thème qui n’aurait pas dû les rassembler la musique. Un homme va surprendre l’autre sur sa connaissance musicale et ce n’est pas celui qu’on croit. Il y a en plus quelques personnages pittoresques qui tourne autour de ce duo et qui étoffent ce récit et lui donne un peu de vie. En particulier Norbert qui va passer tout l’album à appeler le violoniste Edgar.

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