8.5/10Paul à la maison

/ Critique - écrit par Valentin Pick, le 06/02/2020
Notre verdict : 8.5/10 - Paul face à la solitude (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

Allô Madame ? Je meurs d'un AVC ! Quelle est la procédure de décès ?

Sous les traits de Paul, c’est l’auteur québécois Michel Rabagliati qui se livre pour ce neuvième album de la série. Dès la couverture nous présageons une histoire au ton plus sombre que les précédents. Si le premier tome de la série arborait une couverture jaune, celui-ci annonce une atmosphère bien plus pesante dès le premier visuel qui présage des nouvelles peu réjouissantes.

En 2012, à l’âge de 51 ans, des bouleversements viennent chahuter la vie du dessinateur alors qu’il se consacre désormais pleinement à la bande dessinée. Après une séparation venant marquer la fin de sa vie commune avec Lucie, Paul apprend que sa fille quitte Montréal pour s’installer en Angleterre. Paul fait face au départ des êtres qui lui sont chers et à cela s’ajoute une maman qui est gravement malade. Comme si ce contexte n’était pas suffisamment assez lourd, Paul affronte également des problèmes de santé.
Paul face à la solitude.

 


Les séquences muettes qui parsèment l’album nous font passer par la tristesse ou par un souvenir heureux mais toujours avec un fond de mélancolie. Une illustration, aussi simple soit-elle, nous parle avec une infinie justesse que les mots n’auraient pu remplacer. Nous suivons les différentes phases des deuils que traverse l’auteur à l’image de l’arbre qui est représenté au cours de l’album à plusieurs périodes allant de la perte des feuilles à l’inéluctable fin.


Evolution de l'arbre au cours de l'album.

 


Quel accueil !

 

Lire Paul à la maison c’est faire un bout de chemin avec l’auteur qui traverse une période trouble. Malgré la mélancolie de Paul qui a vu les fondations de sa vie devenir instables, des pointes d’humour - parfois cynique - viennent apporter un rayon de soleil. L'histoire est bien loin d'être joyeuse mais ça demeure un moment de lecture très agréable qui permet de se sentir moins seul lorsque nous passons par des moments de vie similaires. 

Au cours de la lecture j’ai eu en tête ce refrain de Léo Ferré «Avec le temps va, tout s’en va». Il s’accorde parfaitement avec l’ambiance vécue par Paul qui doit composer avec des éléments qui lui échappent. 

Sortie le 15 novembre 2019 avec un tirage de 45000 exemplaires, de très nombreux lecteurs ont déjà été touchés par Paul à la maison. Entre la détresse et l’espoir, les 208 pages de ce roman graphique sont une balade en compagnie de Paul que l’on aimerait ne jamais abandonner.
Michel Rabagliati arrive à captiver toute notre attention de la première à la dernière page et nous sommes transportés dans sa vie en ayant sans cesse envie d’en savoir plus. En refermant le livre, je n’ai qu’une seule envie : apprendre que le prochain album affichera un titre présageant un futur fait de beaux moments.

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse