Kid Toussaint, un auteur démoniaque mais absolument normal

/ Critique - écrit par plienard, le 23/04/2021

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Un Kid Toussaint en forme et en force, en ce premier trimestre de l'année.

Télémaque - Tome 4 : L'impossible retour - note : 7/10


© Dupuis 2021.

 

Télémaque a retrouvé Ulysse, son père. Mais les retrouvailles ne se déroulent pas comme il pouvait s'y attendre. Il comprend qu'Ulysse n'a pas l'intention de revenir pour des raisons qui lui sont propres. Et que la guerre est une nouvelle fois inévitable.

Kenny Ruiz est toujours le dessinateur de cette épopée antique. Une vision de l'antiquité revue et corrigée par Kid Toussaint dans le style très actuel des albums jeunesse aux influences manga marquées.

C'est plein d'énergie. C'est intelligent car ça ne fait pas l'impasse sur les conflits politiques et les situations complexes. C'est divertissant avec des personnages capables de réactions inattendues.

Ce quatrième tome vient clore un premier cycle original, drôle et captivant. On attend la même chose du suivant.

 

 

 

Love, love, love - Tome 1 : Yeah yeah yeah - note : 6,5/10

L'amour n'est-il qu'un sentiment humain ? Pas dans le monde dystopique imaginé par Kid Toussaint, où les Bots - des robots intelligents - sont parqués dans des ghettos avec une obsolescence programmée. On veut les empêcher de vivre normalement, de tomber amoureux. C'est pourtant ce qui va arriver à Karel, un Cherish Bot, et l'humaine Elle. Un véritable coup de foudre.


© Dupuis 2021.

 

Derrière la beauté des dessins d'Andrés Garrido se cache un monde en guerre où la mixité est réprimée. Karel le Bot a un petit côté Astroboy, le robot de Tezuka, en version adulte. Et Kid Toussaint nous raconte une tragédie romantique sur fond de réflexion sur la notion d'humanité.

 

Animal Jack - Tome 4 : Le réveil des Dodos - note : 7/10

C'est la quatrième aventure de Jack, un petit garçon muet, mais doué d'un pouvoir hors-du-commun : il est capable de communiquer avec les animaux et de se transformer en n'importe lequel.

Mais dans ce quatrième tome, il va s'apercevoir que son don ne fonctionne avec plus les animaux. Comment est-ce possible ?


© Dupuis 2021.

 

On débute cette aventure avec une bien triste nouvelle. La grand-mère de Jack est décédée. Il se rend donc avec ses parents chez son grand-père pour le soutenir et assister à l'enterrement. Mais au cours de leur séjour, de curieux événements se déroulent : de gros volatils inconnus l'agressent, des boeufs énormes s'en prennent à un train, des libellules géantes s'attaquent à des drones.

Un scénario original de Kid Toussaint - qui enchaîne les histoires en ce début d'année 2021 - avec un personnage sympathique dans une ambiance à la fois de mystères et d'aventures. Miss Prickly signe les dessins de cet album au petit format avec des pages de quatre cases pour la plupart.

 

Ennemis - Tome 1 : Noir - note : 7/10

La guerre de sécession en bande dessinée, traité sur le mode de l'humour, ça se limite souvent à une seule référence, les Tuniques bleues de Cauvin et Lambil. Mais Kid Toussaint y a vu un challenge à relever. D'où ce diptyque aux éditions Grand Angle dont le second tome est déjà prévu pour le mois de mai 2021.


© Grand Angle 2021.

 

L'armée confédérée du Général Lee et celle des unionistes du colonel McClellan se font face. Mais ce dernier hésite à passer à l'action. Harcelé par la troupe du sudiste Jeb Stuart qui cherche une faille dans l'armée des tuniques bleues, le colonel Cooke réclame de passer à l'action. Il n'obtiendra de pouvoir mettre en place qu'un escadron de ... six hommes ! Et on n'est pas dans ce qui se fait mieux dans l'armée. Si le lieutenant Kane a le sens de la hiérarchie et du charisme, ses cinq acolytes ont des qualités plutôt hétéroclites : Livingstone est un dragueur plutôt insistant ; Noto est une force de la nature , dommage qu'il boive ; Vitaly Kaverin est un anarchiste spécialiste en explosifs ; Reilly est d'un naturel méfiant et manie les armes blanches avec empressement ; enfin, Joshua Watkins est orphelin, muet et joueur de tambour !

On a envie de dire qu'avec une équipe pareille pas besoin d'avoir d'ennemis ! D'autant plus, qu'il y a un traître. Mais tous ont les qualités requises pour jouere ce rôle.

Dessinée par le jeune Tristan Josse, qui signe sa deuxième BD, après Le Gecko chez Akileos, c'est un vrai bon divertissement pour le lecteur.

 

Hella & les hellboyz - Tome 1 : Tout droit en enfer - note : 4/10

Parmi tous les albums que Kid Toussaint propose depuis ce début d'année, c'est sans doute celui qui nous aura le plus laissé sur notre fin.

Hella & les hellboyz est une nouvelle série pour le jeune label Drakoo. Un style d'histoire et un format d'album qui innove par rapport aux autres. Une volonté d'élargir le lectorat et ne pas se cantonner à un seul public ? Pourquoi pas.


© Drakoo 2021.

 

Hella et son ami Kieran projettent de vandaliser la voiture du prof de math qui habite Rue du Duroc, près de la maison réputée hantée. Alors pour pimenter la soirée, Kirian lui propose de se cacher dedans quand l'alarme de la voiture se déclenche. Hella refuse et laisse Kirian y aller seul. Elle ne le verra plus et il ne répondra plus à ses messages.

Avec le joli dessin de Luisa Russo, on plonge dans cette histoire qui présente quelques originalités mais qui manque d'âme. Dans cette histoire d'Alice aux pays des horreurs, Hella va devoir réussir des épreuves pour retrouver son ami. Elle a semble-t-il le pouvoir de sortir et revenir comme elle veut de cet enfer ce qui devrait lui faciliter la vie.

Une histoire créée comme un jeu vidéo avec ses boss de fin de niveau. Sauf que Hella entre dans ce monde et accepte ses codes avc un peu trop de facilité à mon goût. Et oui, il est tout à fait normal de croiser des monstres de l'enfer derrière la porte d'un manoir abandonné ! Et on reste circonspect sur le format comics de l'album avec une pagination de 48 pages et une couverture en dure traditionnelle de la BD classique.

 

Absolument normal - Tome 1 : Tous différents - note : 6,5/10

C'est un étrange univers dans lequel nous invite Kid Toussaint dans cette série naissante aux éditions Dupuis, Absolument normal. L'adolescence se manifeste chez les jeunes enfants par l'apparition d'un don plus ou moins utile : une agilité de singe, des bras élastiques, une double tête, une force incroyable.


© Dupuis 2021.

 

Mais pour Cosmo, rien ! Pas le plus petit don en devenir. Il est absolument normal. On conseille donc à sa mère (-sirène) de le placer dans une institution adaptée, avec des enfants comme lui, dont le don ne s'est pas encore ou pas assez manifesté. Mais derrière les murs, le centre se révèle être plus un camp de concentration qu'un lieu d'éducation.

Au dessin de cette série jeunesse, deux italiens, Alessia Martusciello et Alberto Pizzetti, donnant une ambiance à la fois moderne, mais légèrement anxiogène. Car derrière le trait léger et les couleurs sirupeuses, le sujet se révèle plutôt sérieux.

 


Les couvertures des 6 albums - © Dupuis 2021 - © Grand Angle 2021 - © Drakoo 2021.

 

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