6/10Vampirella - Master Series - Tome 2

/ Critique - écrit par Maixent, le 23/12/2018
Notre verdict : 6/10 - Les limbes de Vampirella (Ecrivez votre critique)

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Avant de revivre, Vampirella a dû renaître.

Graph Zeppelin poursuit la réédition des plus grandes aventures de Vampirella dans sa collection Master Series avec cette fois James Robinson au scénario de trois histoires mises en image par trois dessinateurs différents.


Bram

 

Originairement publiées en 1997, ces trois aventures sont très différentes mais ont pour point commun l'amour d'un personnage féminin fort et une attention toute particulière aux rapports entre les personnages. Notamment dans les deux dernières, plus courtes, qui mettent en scène dans la première, Dracula, et dans la deuxième Bram Stocker lui-même dans une réflexion sur le métier d'auteur et le lien indéfectible apporté à des personnages imaginaires. Cette dernière est assez intéressante, James Robinson, ou un alter ego, ayant une discussion avec Bram Sotcker tandis que leurs créations littéraires respectives les observent dans l 'ombre. Et même si le récit est assez court, cette mise en abîme est plutôt réussie.
Vampi et sa maman : un conflit

 

Mais la majeure partie de l'album est consacrée au récit intitulé Soif de Sang, illustré par Joe Rusko. Dans la trame narrative de Vampirella, une histoire d'amour l'unit à un humain, Adam Van Hesling de la fameuse lignée des tueurs de vampires. Mais ils sont tous les deux tués, ce qui permet à une nouvelle Vampirella de renaître pour racheter ses péchés en se débarrassant des suceurs de sang de son espèce, ce que l'on a pu voir dans le premier tome des Masters Series. Mais on se doute que revenir sur Terre ne se fait pas sans heurts, c'est le sujet de cette histoire, d'une vampire qui devient humaine dans un univers parallèle, Drakulon.


Lilith punie par Dieu

 

Drakulon, terre natale de Vampirella est devenu une antichambre de l'Enfer sous l'influence de Lilith, la mère de cette dernière. Condamnée, elle a choisi sa survie plutôt que celle de son peuple et pour remettre les choses en ordre, il est nécessaire d'aller à la source du Styx pour qu'il coule à nouveau. Vampirella est donc confrontée à un choix cornélien, tuer sa mère et sauver son monde ou laisser tout ce qu'elle connaît dépérir. Aidée dans cette quête par son amant de toujours condamné dans ces lieux, elle apprendra surtout à devenir humaine.

Proche d'une tragédie classique le récit est riche en émotions et en combats. Un Adam aux yeux crevés se bat pour des sentiments nobles au-delà de la compréhension, rappelant les héros grecs aux destins sans nul autre pareil. On pensera notamment à Oedipe qui a sans doute inspiré le rapport conflictuel entre Vampirella et Lilith. On est donc dans un récit épique où tout est exagéré mais en même temps, on est aussi proche de Conan le Barbare tant tout ceci est kistsh et manque parfois de subtilité, ce qui donne un mélange assez surprenant.

D'autant plus que le dessin, hyperréaliste et daté, rappelant les heures glorieuses de Métal Hurlant, désoriente dans son traitement. Proche de l'héroïc-fantasy ringarde, il est pourtant d'une qualité sans pareil avec un souci du détail permanent, que ce soit dans les visages ou les décors.

C'est donc un objet hybride que ce deuxième tome de Vampirella Masters Series. On ne peut y rester indifférent et pourtant on ne peut s'empêcher de sourire face au traitement démodé. Un sourire de bienveillance et nostalgique pour un travail remarquable malgré tout.

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