Grand Angle : L'oiseau rare T2, Monsieur Vadim, L'or du bout du monde, L'homme sans sourire

/ Critique - écrit par plienard, le 19/04/2021

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Parmi ses albums, se cache une pépite. Sans rire !

L'or du bout du monde - Tome 1 : Laureen - note : 7/10

Paul Gastine, l'auteur du très remarqué Jusqu'au dernier, revient avec un récit d'aventures qui va emmener ses personnages à la recherche d'un trésor incas. Pour la mettre en image, il s'est associé à Xavier Delaporte (Chaabi, La ligne T2, La nuit de l'empereur) qui s'est mis un peu tard à la bande dessinée au regard de la qualité fournie dans ce premier tome de cette série naissante.


© Grand Angle 2021.

 

Laureen fait partie des basses classes sociales de la société britannique. Alors quand elle tombe enceinte du fils d'une famille catholique irlandaise pour laquelle elle travaille, elle n'a d'autres choix que de se débarrasser de l'enfant. Mais le courage lui manque pour un geste définitif avant la naissance, et elle choisit de le mettre au monde avec l'espoir de pouvoir un jour le sortir de l'orphelinat dans lequel elle va le déposer. Et la chance vient peut-être de frapper à sa porte lorsque un employé de banque vient lui remettre la clé d'un coffre dont elle est l'héritière.

Laureen, c'est un peu la Fantine de Victor Hugo à la sauce britannique, mais avec une volonté de s'en sortir et un sentiment de révolte contre les injustices qu'elle subit. Nous sommes au début du XXème siècle où la femme était à peine mieux considérer qu'un esclave. Elle va pourtant trouver les ressources pour ne pas se laisser voler ce qui lui permettrait de récupérer son fils. Mais si elle quitte le monde inégalitaire de la société irlandaise, c'est pour atterrir en Amérique du Sud, seule.

 

Monsieur Vadim - Tome 1 : Arthrose, crime et crustacés - note : 7,5/10

Gihef (le créateur de l'univers de Sirènes et Vikings aux Humanoïdes Associés) nous emmène sur la Côte d'Azur avec son Monsieur Vadim. Rien à voir avec le réalisateur de Et Dieu créa la femme ou de Barbarella. Ici Vadim est un pauvre retraité de la Légion étrangère, retiré dans une maison de retraite, ne ratant jamais son feuilleton préféré Les Coquillages de l'amour. Alors que son existence va être bouleversée par un escroc qui va lui voler tout son argent. Il se retrouve alors à la rue, un concours de circonstances va lui donner une seconde chance en devenant l'homme de main du "belge", en pleine guerre des gangs.


© Grand Angle 2021.

 

Sur fond de chronique sociale, Gihef nous raconte une bonne histoire de mafieux avec un homme de main tout à fait inattendu : un papi qui semble innocent mais pas sans défense, malgré une arthrite agressive. L'homme va chercher à se refaire un pécule, mais pas pour lui ... pour son petit-fils.

Action et humour donnent à ce premier tome de faux airs des Tontons flingueurs d'Audiard. Le dessin de Morgann Tanco semble voué à décrire avec talent le sud méditerranéen après ses albums de l'adaptation des oeuvres de Marcel Pagnol (Le château de ma mère, La Gloire de mon père, Le Temps des Amours, Le Temps des secrets).

 

L'oiseau rare - Tome 2 : La grande Sarah - note : 7,5/10

Fin du diptyque de Cédric Simon et Éric Stalner aux éditions Grand Angle avec ce tome 2.

Encore bouleversé par la disparition de leur vieil ami, Arthur, le groupe d'Eugénie se disperse peu à peu. Alors qu'elle réussit à se faire engager par la star du théâtre, Sarah Bernhardt, elle déchante rapidement. La comédienne ne l'a engagée que pour faire le ménage et lui interdit toute déclamation. Elle qui adore chanter ! De son côté, Constantin, met de plus en plus de distance avec le groupe. Tibor s'en inquiète mais Eugénie ne supporte plus ses leçons depuis qu'elle sait qu'il lui a caché des choses sur son passé avec Arthur.


© Grand Angle 2021.

 

Les auteurs nous distillent une sympathique histoire avec un talent indéniable où le personnage de Sarah Bernhardt est particulièrement irritant. On se laisse emporter par les itinéraires de chacun sans voir où tout cela va nous emmener. Et on se fait surprendre par une fin originale et drôle. C'est une revanche des basses couches sociales sur la bourgeoisie.

 

L'homme sans sourire - note : 8,5/10

Tout le monde connaît l'expression imagée "mourir de rire". Le scénariste Louis et le dessinateur Stéphane Hirlemann la mette en image et de façon très premier degré.


© Grand Angle 2021.

 

Imaginez un royaume dans lequel son souverain, le roi Joyeux, empêcherait son peuple - les sinistres - de rire ! Un police serait d'ailleurs chargée de faire respecter la loi. Et oui,on peut mourir de rire dans ce royaume. Hubert 31-36, lui, n'a pas été exécuté. Mais il a eu la négligence de rire à la naissance. Ses lâches parents ont bien tentés de s'en débarrasser, mais la police du rire veille et le bébé opéré pour ne plus rire. Mais l'histoire ne s'arrête pas là et reprends, plus tard. Toujours avc Hubert qui tombe amoureux de la princesse Carmine et le frère du roi, Fol Espoir, qui veut devenir calife à la place du calife.

C'est une histoire un peu folle que l'on découvre ici, mais qui contient une belle dose d'humour et une musique interne jouée par les dialogues enchaînant les rimes. Une voix off vient semer le trouble et rajouter à la folie générale. Il y a un mélange de 1984 de Georges Orwell, V de Vendetta, La nef des fous de Turf, et la fin vous révèle tout !

Le dessin retranscrit à merveille l'esprit malin du scénariste, bourré d'humour et d'énergie. Fabuleux en tout point.

 


Les couvertures des 4 albums - © Grand Angle 2021.

 

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