Grand Angle : La Fille de l'exposition universelle T1, Les Lumières de l'Aérotrain, La Balade de Dusty T2

/ Critique - écrit par plienard, le 04/07/2018

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Aurélien Ducoudray nous régale avec deux albums aux accents sociaux indéniables à des époques légèrement différentes. Le troisième album nous annonce une série bien sympathique sur les expositions universelles à Paris. Petite question subsidiaire : il y en a eu combien* ?

La fille de l'exposition universelle - Tome 1 : Paris, 1855 - note : 8,5/10

Les éditions Grand Angle propose une nouvelle série avec une héroïne bien sympathique dans les décors des expositions universelles de Paris. Julie Petit-Clou est une jeune gitane qui a un réel don de divination au contraire de sa mère. Si ces pouvoirs sont très difficiles à supporter car elles annoncent souvent des tragédies, elle est cependant prête à aider dès que cela est possible.


© Grand Angle 2018.

 Nous sommes en 1855 et c'est l'ouverture de l'exposition universelle de Paris, la seconde après celle tenue à Londres en 1851. Émile Lambot, un inventeur un peu loufoque, a perdu les caisses de son invention. Il fait appel à Julie Petit-Clou pour les retrouver. Dans le même temps, un complot est fomenté contre l'empereur Napoléon III. On cherche à le tuer et les complotistes enlèvent la femme du Lieutenant-colonel Ferrand - qui est un proche de l'empereur - pour le forcer à commettre l'irréparable.

Jack Manini est à l'œuvre sur le scénario de cette série qui va nous emmener sur les expositions universelles qui se sont tenues à Paris entre 1855 et 1937. Cette série est à la fois l'histoire de Julie Petit-Clou, qu'on retrouvera chaque fois et celles des expositions universelles de Paris sur lesquelles c'est l'occasion de revenir.

Étienne Willem est le dessinateur de ce premier album et nous gratifie de quelques belles cases d'un Paris nouvellement chamboulé par les travaux haussmanniens. C'est une réelle plongé dans l'ambiance de l'époque, son effervescence et surtout des personnages très intéressants.

 


Les lumières de l'aérotrain - note : 7/10

C'est un livre assez paradoxal que le scénariste Aurélien Ducoudray et le dessinateur Johann Corgié nous proposent de découvrir aux éditions Grand angle. Un récit plutôt sérieux sur l'été d'une bande de looser de banlieue et un dessin un peu éloigné de ce genre de considération, plus nouvelle BD franco-belge (avec une pointe de manga) et humoristique. Au début, on se dit que cela ne peut pas marcher, et pourtant …


© Grand Angle 2018.

 Hervé et Romuald glandent sous un pilier de la ligne désaffectée de l'aérotrain, projet révolutionnaire mais abandonné dans les années 70 au profit du TGV. Leur divertissement est de regarder les trains qui passionnent tout particulièrement Romuald. Il y a aussi Mathilde, la caissière du supermarché qui les emmène au dancing ou au lac. Et puis, il y a la belle Lucie qui va débarquer. Un ras de marée pour le trio même si les débuts sont compliqués entre Lucie et Mathilde.

C'est une drôle d'histoire que nous raconte Aurélien Ducoudray (Bob Morane Renaissance) avec ces jeunes pas vraiment paumés mais qui s'ennuient à mourir et dont les parents sont totalement absents. Leur vie est un peu glauque et l'arrivée de Lucie va quelque peu éclairer leur existence. Pourtant, celle-ci n'est pas aussi franche qu'elle le laisse croire.

Johann Corgié signe ici sa première bande dessinée en tant que dessinateur - il a notamment assuré la colorisation d'albums des séries comme Reines de sang-Isabelle , La Grande évasion T5, ou Le Triomphe de Zorglub -. Des débuts très réussis car jamais il ne nous plonge dans le pathos. On part d'une histoire de copains qui vire au drame. Mais on garde un certain optimisme que le dessin permet.

 

La Ballade de Dusty - Tome 2 : Sous le chapiteau Freaks - note : 8/10

La jeune Dusty traverse l'Amérique des années 20 en pleine crise  pour retrouver son père parti à Washington pour réclamer l'argent que le gouvernement lui doit. Ne le voyant pas revenir au bout de plusieurs mois et ayant perdu leur maison, Dusty quitte sa mère pour aller son père. Un grand saut dans l'inconnu qui la voir devenir reine des Hobo, et embarquer avec Bonnie and Clyde avant leur arrestation sanglante. On la retrouve ici dans un cirque Freaks dans un état cataleptique depuis trois mois avant de se réveiller brutalement grâce à Malcolm, un jeune nègre poursuivi par le Ku Klux Klan. S'ensuivra une des scènes les plus émouvantes de l'album. Viendront ensuite une rencontre irréelle avec Tom Sawyer et Hukleberry Finn, les héros du livre de Mark Twain, avant une arrivée à Washington et un passage dans un hôpital psychiatrique où elle retrouvera Bertha une ancienne reine des hobos (voir tome précédent).


© Grand Angle 2018.

 Aurélien Ducoudray et Gilles Aris signent la fin du diptyque avec une succession de péripéties qui sont un savant mélange entre récit de société et culture américaine. C'est à la fois drôle et émouvant. Le dessin de Gilles Aris nous met facilement dans l'ambiance de l'Amérique des années 20, par ses décors et surtout les voitures, aidé aussi par les couleurs d'Albertine Ralenti.

 


Les couvertures des 3 albums - © Grand Angle 2018.

 * 6 au total (1855, 1867, 1878, 1889, 1900, 1937)

 

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