Grand Angle : Ecoline, Monsieur Vadim T2, Manon des sources T2, La petite voleuse de la Tour Eiffel

/ Critique - écrit par plienard, le 27/09/2021

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Une Chienne, un grand-père et deux chipies !

Ecoline - note : 7/10

C'est l'histoire d'une chienne qui rêve de devenir peintre à Paris. Résumé cet album de Stephen Desberg, dessiné par Teresa Martinez, à une simple ambition canine ne serait pas rendre service à cette histoire touchante et émouvante.

On est loin des récents standards de Stephen Desberg (I.R.$, All Watcher, Sherman, Cassio, Miss Octobre, Empire USA ..) qui voulaient avoir des récits qui se construisent sur la longueur. Changement de braquet ici avec un one-shot aux éditions Grand Angle pour une histoire plutôt sage (mièvre ?) par rapport à la bibliographie du scénariste américano-belge.


© Grand Angle 2021.

 

Ecoline est une jeune chienne dont le père est le gardien réputé d'une ferme. Naturellement, il n'attend pas autre chose de sa fille qu'elle reprenne sa succession. Mais Ecoline a d'autres envies et se découvre une passion pour la peinture. Et pendant qu'un bouvier noir permet à une bande de voleurs de dévaliser le domaine, Ecoline passe son temps à peindre. Elle donnera l'alerte trop tard. Se sentant trahi, son père la chasse du domaine. Elle se retrouve à la rue et décide de partir à Paris en pleine effervescence de l'exposition universelle. Elle se fait embaucher comme portier dans un célèbre cabaret.

Stephen fait ici vivre deux mondes en interaction, celui des animaux et des humains, dans une ambiance qui rappelle les 101 Dalmatiens de Walt Disney, et dans lesquels son héroïne, Ecoline "exprime le désir de liberté et le rêve de vivre une vie d'artiste qui n'est pas toujours facile. Elle évoque à sa manière la condition du dessinateur ou du scénariste de bande dessinée..". Elle évolue aussi dans le Paris des impressionnistes ce qui résonne évidemment avec son désir de faire de la peinture.

Avec les superbes dessin de Teresa Martinez d'une grande douceur, et le style de l'histoire, on serait à même de penser que ce premier tome est destiné à un jeune public. La volonté du scénariste est cependant de démarrer une série "tout public, notamment en raison de ses références à la peinture et à la manière dont Paris est présenté".

 

Monsieur Vadim - Tome 2 : Suppléments frites et sulfateuse - note : 8/10

Suite et fin des mésaventures du retraité Vadim, ancien légionnaire arnaqué par son curateur. Sans le sou, sans abri, il va  profiter d'un concours de circonstances pour devenir bien malgré lui tueur à gages pour un parrain surnommé "le Belge".


© Grand Angle 2021.

 

Rien ne semble pouvoir s'arranger pour le pauvre retraité qui n'a qu'une seule envie : être à l'heure pour regarder son feuilleton télé préféré : Les Coquillages de l'Amour. Un paradoxe pour cet ancien militaire qui ne se laisse pas faire et a encore du répondant malgré une arthrose parfois invalidante.

L'album est truffé de paradoxes et de situations impossibles, source d'humour, avec des dialogues bien sentis. Les dessins de Morgann Tanco (Siorn, La gloire de mon père, Le château de ma mère …) sont d'une drôlerie inépuisable.

 

La petite voleuse de la Tour Eiffel - note : 7/10

Les auteurs Hervé Richez, Jack Manini et David Ratte reviennent avec une seconde histoire, dans la lignée de Le canonnier de la Tour Eiffel. On y retrouve cette ambiance de début du siècle, le décor de Paris et de la Tour Eiffel, ainsi que quelques personnages (le canonnier, le ministre de la mort). Des éléments qui servent le décor et qui sauront mettre le lecteur de l'album cité précédemment dans un environnement connu, mais nullement rédhibitoire pour le lecteur qui le découvrirait, les albums étant totalement indépendants.


© Grand Angle 2021.

 

Depuis quelques temps, un pickpocket sévit sur le parvis de la Tour Eiffel, à midi lorsque le canon sonne. Et ce n'est pas la présence des forces de police qui l'en empêche. L'inspecteur Jules Dormoy en fait l'amère expérience alors qu'il est chargé de l'enquête depuis que le pickpocket a volé une sacoche contenant des fiches indiscrètes sur des officiers français.

Les auteurs ont réussi à trouver un ton juste et personnel pour raconter des histoires. Cette enquête policière nous emmène sur un complot qui vise à déstabiliser le gouvernement français, mais ils savent donner autant d'importance aux sentiments amoureux qu'aux événements politiques. Un second essai réussi.

 

Manon des sources - 2ème partie - note : 6.5/10

La fille de Jean de Florette est maintenant une belle jeune femme qui vit en retrait du village avec la vieille Baptistine, une piémontaise qui maudit le village en comprenant que le corps de son mari a été mis dans une fosse commune. C'est au même moment que Manon découvre l’entrée d'une grotte qui mène à une source. Elle comprend rapidement qu'elle va pouvoir se venger des Soubeyran.


© Grand Angle 2021.

 

Il serait dommage de ne pas profiter des adaptations réussies des romans de Marcel Pagnol aux éditions Grand Angle par les scénaristes Serge Scotto et Éric Stoffel, sous l'égide du petit-fils du romancier. Chaque album est un plaisir renouvelé, autant sur les œuvres célèbres que sur les récits moins connus.

Après le tome 2 sur Jean de Florette, Christelle Galland adapte le roman sur sa fille. Un beau dessin, bien détaillé, qui sait jouer sur les émotions. On regrette un trait trop appuyé sur les gros plans alors qu'il sait se faire fin et élégant dans les plans plus larges.

Encore une belle adaptation qui confirme qu'il est possible de découvrir l’œuvre de Pagnol autrement.

 


Les couvertures des 4 albums - © Grand Angle 2021.

 

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