Grand Angle : Nos vies prisonnières, 40 éléphants T3

/ Critique - écrit par plienard, le 04/03/2019

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Des voleuses plus que sympathiques et une réflexion sur nos vies.

Nos vies prisonnières - note : 7/10

La lecture d'une bande dessinée, c'est s'arrêter un moment, faire une pause pour se divertir, souffler, réfléchir, rêver. Bref, c'est un petit moment de liberté que ce one-shot aux éditions Grand Angle va rendre encore plus vrai, plus important.

C'est l'histoire de gens, comme vous et moi, qui arrivent à un moment où ils s'interrogent sur le sens de leur vie. Ont-ils fait le bon choix ? Ont-ils seulement choisi la vie qu'ils mènent ? C'est le cas de ce médecin qui ne supporte plus les malades qu'il voit tous les jours. Il s'est bien essayé à l'écriture, mais visiblement il n'a aucun talent. Il y a ce père qui accède enfin au poste qu'il a toujours voulu avoir. Mais un évènement dramatique va lui ouvrir les yeux. Et tel un lâche, il va abandonner femme et enfant. Il y a aussi ce directeur dont le boulot passe avant ses enfants. Jusqu'à ce que son ex-femme l'empêche de les voir. Tous ces gens vont être amené à se croiser, à se rencontrer et à prendre des décisions qui vont bouleverser leur vie mais aussi celle des autres.


© Grand Angle 2019.

 120 pages par Parno (scénario) et Phil Castaza (dessins et couleurs) qui touchent au plus juste. On a tous quelque chose de ces personnages. Si c'est profondément pessimiste pendant une bonne partie de l'album, il y a pourtant cette fin qui laissent croire qu'il nous reste une chance, une option de changer quelque chose choses. Un livre ambitieux, un peu moraliste sur les travers de notre société égoïste et égocentrée.

On est tous prisonniers de nos vies, mais parce qu'on y met tous des barrières. Et peut-être que suite à l'instant de liberté que vous aurez pris lors de la lecture de cet album, vous déciderez de les lever. À vous de choisir.

40 éléphants - Tome 3 : Dorothy, la poinçonneuse - note : 8/10

Les éléphants, c'est le surnom donné aux femmes composant un groupe de voleuses et professionnelles du crime. Si cela peut paraître assez inélégant de la part des auteurs (Virginie Augustin et Kid Toussaint) de traiter des femmes d'éléphants, cela s'explique par le fait qu'elles officient dans le quartier londonien d'Elephant et Castle. Nous sommes alors dans les années 1920 et le gang des 40 éléphants est maintenant maître de son territoire depuis que le gang masculin, les 40 voleurs, a été arrêté par la police (voir les deux premiers tomes). Mais les forces de l'ordre ne comptent pas en rester là et crée une brigade spécifiquement féminine afin de s'opposer aux éléphants et à la vague d'assassinats de religieuse qui sévit. De leur côté, les éléphants soupçonnent une des leurs et s'organisent pour l'arrêter.
© Grand Angle 2019.

 Il n'est pas simple de rendre sympathique un groupe de criminelles. C'est pourtant ce que font Kid Toussaint et Virginie Augustin avec une certaine malice et efficacité. En prenant déjà l'angle de vue des éléphants : par leur passé difficile où les sévices subis ; leur côté "Robin des bois" qui ne vole qu'au riche ;  et surtout cette forme de revanche sur les hommes qui les ont exploités.

Ce troisième tome offre de bons moments de surprises et une fin qui nous fait dire "bravo !" aux auteurs.

 


Les couvertures des 2 albums - © Grand Angle 2019.

 

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