Le bouclier Arverne

/ Critique - écrit par plienard, le 17/04/2020

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Une bonne cure de rire.

Dessiné pour le journal Pilote, du 15 juin 1967 (n°399) au 16 novembre 1967 (n°421), avant d'être publié en 1968, CT album s'est vendu à plus de 1 000 000 exemplaires.

Le chef Abraracourcix est pris d'une violente crise de foie. Envoyé en cure par le druide Panoramix, il sera accompagné par ses deux fidèles guerriers, Astérix et Obélix, et font la tournée des restaurants jusqu'à Aquae Calidae (Vichy) dans le pays arverne. Mais une fois en cure, les deux guerriers accompagnateurs vont être priés de mettre un terme à leur cure (!). Ils partent visiter Gergovie. Quant à Alésia personne ne sait où c'est ! Mais alors que nos deux gaulois visitent la région et sympathisent avec les locaux, Jules César décide de rappeler aux gaulois qui est le maître en défilant sur le bouclier de Vercingétorix dans le lieu de la victoire gauloise, Gergovie. Mais il faut pour cela retrouver le bouclier. Une course au trésor démarre entre les Gaulois et les romains.


© Uderzo.

 Dans ce onzième épisode, les auteurs détournent une nouvelle fois sur les stéréotypes régionaux avec l'accent auvergnat auquel s'essaye Obélix qui ne comprend plus s'il mange des sous ou des choux (?) (p16) et qui s'essaye à la langue sans succès (p19).

De moins en moins présentes, les erreurs font ici leur retour avec la présence de deux Pronostix (un marchand de charbon page 16 et un druide d'établissement thermal page 33). Remarquez les auteurs auraient eu tôt fait de nous dire qu'ils sont de la même famille ! Le graphique page 30 est légèrement différent de celui de la page 31 chez Coquelus. Moins glorieuses, et pour certaines corrigées lors des ré-éditions suivantes (mais qu'on peut deviner via la différence de typographie), les fautes d'orthographes ont parsemées cet album : page 8, Panoramix invite nos personnages à aller voir le druide Diagnostix qui "Dirije l'établissement thermal d'Aquae Calidae" ; page 25, le légionnaire Joligibus répond "Et bien alors ..." au lieu de "Eh bien alors ..." (erreur qu'Astérix fait lui aussi, page 40) ; page 27, Astérix affirme "c'est nous qui feront le triomphe, par Toutatis !". N'aurait-il pas été mieux de le dire avec "ferons" ? ; Page 29, Obélix emploie le conditionnel mais "comme ça, je vendrai peut-être mes menhirs" n'est pas correct (je vendrais) ; une erreur de conjugaison qu'Abraracourcix fait aussi, page 45, avec on m'a dit que je vous trouverai ici" (trouverais) ; enfin, page 36, "les amuses gueules" d'Obélix seraient meilleurs en amuses-gueules.

En 1968, nous sommes en plein âge d'or de l'école de Marcinelle, et depuis quelques albums, Uderzo s'amuse à des clins d'oeil d'autres héros de la BD. Achille Talon dans l'album sur les Bretons, la coupe de neveu à la Tintin du légionnaire belge dans l'album précédent, un Marsupilami dans l'album avc les Normands, c'est donc tout naturellement qu'on peut y voir une caricature de Gaston Lagaffe dans le légionnaire Joligibus, un peu tire-au-flanc et affublé d'un pull vert. Autre référence, mais ici plus intéressée, c'est la réplique du chef Abraracourcix, "Quand l'appétit va tout va" qui fait allusion au dessin animé Astérix et Cléopâtre sorti la même année;


© Uderzo.

 Toujours présentes, les locutions latines vont ici subir (pour certaines) quelques adaptations. En premier lieu, Jules César avec son "veni, vidi, vici" (je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu), qu'il transforme en "Veni, vidi, Vici et eux ils rigolent" (p18) ou "veni, vidi et j'ai compris" (p47). Remarquez c'est lui qui a les droits d'auteurs de cette réplique. Adepte de la revisité des faits, Jules (encore lui) s'exclame "Bis repetita ne placent pas toujours" (p46). Une formule dérivée et négative de "bis repetita placent" (les choses répétées plaisent). Plus correctes :" Diem perdidi" (P5 & 31, j'ai perdu ma journée) ; "O tempora ! O mores !" (P5 & 37, O temps, ô moeurs) ;  "Vade retro" (p15, retire-toi) ;  "Audaces fortuna juvat" (p15, la fortune sourit aux audacieux) ; "Ab imo pectore" (p18, du fond du cœur) ;  "Carpe diem" (p30, profite du jour présent), une formule mise au goût du jour avec le film Le Cercle des poètes disparus ;  "Sol lucet omnibus" adaptée en auvergnat p26, "Chol luchet omnibuche" (Le soleil luit pout tout le monde).

Et si on est au onzième tome, ce n'est pas pour autant que les premières fois ne sont pas présentes. C'est ainsi qu'on découvre le caractère ombrageux de la femme d'Abraracourcix. Ce sait que ce n'est pas sa première apparition (vue dans le combat des chefs), mais on découvre enfin son prénom, Bonemine !

Enfin, on termine par le banquet qui voit la présence d'Assurancetoutix

Mais surtout avec une absence de marque .... À vous d'aller voir !

 

Apparition de nouveaux personnages gaulois :

Bonemine, pour la première fois nommée

Diagnostix

Pronostix

Alambic

Porquépix, qu'on ne voit pas

Bainpublix

Pronostix, le charbonnier qu'on ne voit pas

Cornelia

Percaline

 

Apparition de nouveaux personnages romains :

Tullius Fanfrelus

Caius Joligibus, romain façon Gaston Lagaffe

Lucius Coquelus

Marcus Perrus

Caius Laïus, qu'on ne voit pas

Claudius Hipoténus, qu'on ne voit pas

Gracchus Arquebus, qu'on ne voit pas

Tomatojus, qu'on ne voit pas

Ballondebaudrus

 


© Uderzo - © Dargaud.

 

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