6/10Eternel hiver

/ Critique - écrit par Maixent, le 14/10/2018
Notre verdict : 6/10 - Moyen vampire (Ecrivez votre critique)

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Vampires médiévaux

Revenant à la source du vampirisme, Eternel hiver prend place en plein moyen-âge, dans une région d’Espagne hostile et glacée. On y retrouve une secte obscure, les serviteurs de la nuit, guidés par la parole du Christ selon eux, mais démons pour le reste de la chrétienté.


Les guerriers face à la nature

 

Sous la forme d’un récit initiatique, le jeune Carlos va quitter son enveloppe de mortel pour entrer dans cette secte et apprendre sa condition de vampire. Condamnés à fuir la lumière en échange de la vie éternelle, ces derniers vivent reclus dans un monastère. Mais en fils de noble égoïste, ce dernier se verra traité comme un renégat, bien décidé de se servir de ses nouvelles capacités surhumaines pour prendre le pouvoir plutôt que de glorifier Dieu, allant ainsi à l’encontre des principes de son maître. Dans le même temps, le comte Albert, va tenter de capturer l’un de ces monstres pour sauver son fils atteint de la Peste. Car si les vampires sont capables d’ôter la vie, ils peuvent aussi la donner.
La Passion du vampire

 

Le dessin est très efficace, jouant avec brio sur les dégradés de gris pour conférer à l’ensemble cette impression de dureté gothique. On évolue de sombres oubliettes à l’enfer glacé et scintillant d’une neige omniprésente. On retrouve des éléments que l’on avait pu voir dans Le nom de la Rose, un monde hostile, dominé par les croyances et la violence des hommes avec tout le mysticisme d’un moyen âge fantasmé. Et si le rendu des personnages, des paysages et des bâtiments est très bien fait, la narration est sans doute un peu faible et aurait mérité plus de développements.

En effet, si le récit est assez linéaire, bien qu’entrecoupé de flashback, il est extrêmement simpliste et ne mérite sans doute pas d’être délayé sur 130 pages. Notre héros passe son temps à apprendre et se tromper jusqu’à la rédemption et l’ensemble est sans doute un peu long. A moins qu’il s’agisse d’un tome d’exposition, il manque une véritable quête, si ce n’est la quête de soi-même. Le fils du comte de Berenguer traversera ainsi toutes les étapes bibliques, le rejet, la colère, la traversée du désert (ici une grotte) et finalement l’acceptation mais on ne voit pas très bien pourquoi.

Si l’ambiance et le dessin sont à la hauteur, le scénario manque son objectif, embarquer le lecteur. Un bon album malgré tout mais pas le meilleur de la collection Flesh & Bones.

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