8/10Glénat : Le confesseur sauvage

/ Critique - écrit par plienard, le 25/03/2015
Notre verdict : 8/10 - Foerster prend le poulpe de la société

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Le retour de Foerster dans ce qu'il fait de meilleur.

Il y avait André Franquin et ses idées noires, on a maintenant Philippe Foerster et sa poésie macabre. Après la réédition de ses histoires macabres, parues initialement dans le magazine Fluide glacial au cours des années 80,dans le recueil Certains l’aiment noir l’année dernière en Février 2014, Foerster remet le couvert pour notre plus grand plaisir chez Glénat avec Le confesseur sauvage.


© Glénat 2015.

On retrouve ce noir profond, et pas seulement dans les couleurs, qui fait tout la charme de ses contes très modernes et surréalistes. Cinq nouvelles histoires qui mettent en scène un même personnage – c’est la petite nouveauté –, le confesseur sauvage , moitié homme, moitié poulpe et qui fait se confesser n’importe qui dès qu’il le touche avec un de ses tentacules.

Les cinq récits se déroulent dans la ville de Tchernobourg, dont la centrale nucléaire a été détruite par l’explosion de la lune. Il ne reste de cette catastrophe qu’un croissant sur les ruines de la centrale et une population qui tente de vivre tant bien que mal au milieu des mutants que tout cela a engendré. C’est ainsi qu’une dame a élevée une fille-limace, qu’une autre s’est payée sa drogue en marchandant le don de son fils, avaleur de spectres, ou qu’un enfant fait exploser tout ce qui le mécontente, ... Des récits forts ou les enfants ont une place prépondérantes, ce qui a pour conséquence de rendre les histoires encore plus tragiques.

Si le dessin de Philippe Foerster est particulièrement expressif, son imagination est particulièrement débridée. Car derrière tout ce petit peuple de Freak, se cache une réelle critique de la société. Comment ne pas voir la dénonciation du danger du nucléaire, la catastrophe de Tchernobyl, la chute du communisme... ça, c’est pour les plus évidents. Quant au chasseur de mutants, comment ne pas comprendre que la société (la nôtre) ne ferme les yeux que sur ce qu’elle veut bien et qu’elle prend ce qui l’arrange.

La joie de vivre n’est sans doute pas l’expression propice pour caractériser cet album. Il y a pourtant, par moment, des instants de bonheur, de tendresse et bien sûr beaucoup d’humour. Un humour noir, évidemment, avec aussi quelques jeux mots comme ce gros garçon qu’il faut sauver et qui s’appelle... Willy (un des meilleurs récits à mon sens).

Si Foerster avait fait une longue pause avec ces idées noi... pardon macabres, il revient en forme pour nous plomber le moral... avec plaisir.


© Glénat 2015.

 

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