5/10Fugazi, music club

/ Critique - écrit par plienard, le 24/04/2015
Notre verdict : 5/10 - historyjka obrazkowa polak

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Une BD polonaise sur un événement polonais par le meilleur dessinateur polonais du moment ....

Attention, vous avez une petite pépite entre les mains, c’est en substance ce que laisse à penser le communiqué de presse de cette bande dessinée. A la lecture de l’album, la réalité est un peu plus modérée.

On commence d’emblée par l’auteur. Marcin Podolec est un jeune auteur polonais de bande dessinée, déjà auréolé de nombreux prix comme celui de la meilleure bande dessinée polonaise en 2011 pour Csazem. A 24 ans, Marcin en est déjà à 5 bandes dessinées. De nombreux auteurs français l’envieront certainement. Bref, le jeune homme est l’étoile montante de la bande dessinée polonaise et semble talentueux. Mais un CV, aussi étoffé soit-il, n’a jamais fait une bonne bande dessinée. Alors qu’en est-il de l’album ?


©Gallimard édition 2015.

Fugazi music club est son premier album paru en France. Il revient sur un événement culturel mémorable pour la jeunesse polonaise de Varsovie en 1992. Et comme aurait pu le dire Coluche, c’est l’histoire de quatre mecs ..., quatre jeunes polonais qui plutôt que de glander vont créer un lieu devenu culte : un club de musique underground qui va durer une petite année, un instant éphémère pourtant la période a été riche en rencontres et événements et qui fera souffler sur les quatre jeunes gens comme un vent de liberté. Le problème avec ce genre de lieu, et dans ce cas particulier, c’est qu’il ne va pas attirer que le meilleur de la société. Le club ne pourra démarrer qu'avec l’argent de trois « cow-boys », qui ne sont en fait que des maffieux, et il va drainer des individus quelquefois un peu louches, du type skinheads ou drogués. L’histoire finira par tourner au vinaigre.

Les quatre jeunes polonais s’appellent Waldek, Slawek, Adam et Bogus. L’auteur Marcin Podolec va retranscrire le récit de cette tranche de vie racontée par ce premier. C’est d’ailleurs peut-être la première critique qui vient. C’est un peu trop narratif. On va presque trop loin dans la précision chronologique. C’est à peine si on n’a pas le jour et l’heure précise de chaque événement, de chaque concert. Concernant les groupes de musique, si vous êtes un spécialiste voire un crack de l’underground polonais et européen des années 90, vous allez prendre votre pied et regretter de ne pas avoir été jeune polonais à Varsovie à cette époque. Pour les autres, c’est une suite de nom, tous un peu plus bizarre les uns que les autres, qui s’enchaînent devant vous. Concernant les ennuis plus concrets du club – drogue, skinheads, maffia – qui auraient pu apporter un minimum de suspens, c’est le flop. Les problèmes ne sont pas cachés, certes, mais ils ne restent que des allusions.


©Gallimard édition 2015.

Cette aventure a sans doute été un moment important pour les quatre protagonistes et une partie de la jeunesse de Varsovie. C’est d’ailleurs cette énergie et ce moment un peu fou qui transpire du livre. L’auteur parvient à exprimer ce tourbillon dans lequel Waldek et ses amis se laissent emporter. On reste cependant un trop à la surface des choses et on ne rentre jamais dans le côté sombre. Le narrateur a peut-être oublié toute cette partie de façon inconsciente, ne gardant que le plaisir de cette liberté retrouvée dans un pays de l’ère post-soviétique.

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