7/10Gallimard : Dans la forêt sombre et mystérieuse

/ Critique - écrit par plienard, le 02/11/2016
Notre verdict : 7/10 - Le nouveau petit poucet

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L'auteur de Pinocchio s'attaque aux contes de Perrault.

Winshluss a un univers et un style à part dans la bande dessinée. Si on peut le rapprocher de Robert Crumb dans son graphisme, l’univers et la manière d’aborder les thèmes sont totalement différents. Auréolé d’un fauve du meilleur album à Angoulême en 2009 pour Pinocchio, Winshluss continue de s’attaquer aux contes et aux mythes de l’enfance. Dans ce nouvel album chez Gallimard, c’est toute la cruauté des contes de Perrault qui est remise au goût du jour.


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Le jeune Angelo veut être aventurier et scientifique. Il a un grand frère, « complètement débile », et une petite sœur encore bébé. Un drame va venir le tirer de son enfance : sa grand-mère est gravement malade et il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. Toute la famille part alors en urgence voir une dernière fois la pauvre femme. La tension est à son comble dans la voiture et pour faire retomber tout cela, une pause-pipi s’impose. Angelo préfère explorer les alentours à la recherche d’animaux. Alors qu’un lézard attire son attention, c’est avec effroi qu’il entend la voiture familiale démarrer sans lui. Le voilà seul au bord de la route. Lorsqu’au bout de 20 minutes, il comprend qu’ils l’ont vraiment oublié, c’est la panique. Mais il se ressaisit rapidement et décide de se rendre chez sa grand-mère par ses propres moyens. L’auto-stop se révélant plutôt dangereux, il s’engage dans la forêt. Il va suivre une drôle de libellule, au physique d’un Flagada lumineux qui va l’emmener dans une mystérieuse forêt où il va rencontrer de drôles de personnages : les animaux parlent, un écureuil se prend pour un oiseau, Angelo se fait attaquer par des fourmis rouges, une grenouille géante fume le cigare, un singe et un hérisson jouent aux apothicaires, une accueillante femme au look de poupée russe le gave pour servir de déjeuner à son mari d’ogre ...

Au-delà d’une histoire rocambolesque, totalement délirante, Winshluss touche au plus profond de nous même en reprenant à sa sauce des contes pour enfant comme le petit poucetla maison en pain d’épice, en revisitant l’univers de Lewis Carroll. Bref, tout ceci est un véritable melting-pot d’univers tout à fait savoureux qui émeut aussi par l’histoire de la grand-mère qui se meurt.

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