Futuropolis : Xerxès, Femme sauvage

/ Critique - écrit par plienard, le 26/06/2019

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Deux albums sombres mais pas pour les mêmes raisons.

Femme sauvage - note : 7,5/10

Tom Tirabosco signe un livre au trait charbonneux, une sorte de fable d'anticipation sur un avenir dramatique de notre société dans lequel, c'est bel et bien une femme qui va tenir le rôle principal. Le titre est un pied de nez à tous les récits machistes qui veut que ce soit un homme qui affronte une fin du monde annoncée. Le terme d'homme sauvage a maintenant son pendant féminin. La femme sauvage de Tom Tirabosco n'a rien à envier à ses homologues masculins. Il suffit d'avoir les bonnes attitudes, les bons gestes et les bons principes comme "toujours garder ses chaussures", "rester sur ses gardes", "trouver un abri pour la nuit".


© Futuropolis 2019.

 Une jeune femme fuit les États-Unis en proie aux révoltes contre les outrances du monde ultra-capitaliste et décide de rejoindre un groupe dans le Nord, au Canada, appelé les Rebels. Elle va pour cela devoir traverser des zones sauvages, seule, et affronter l'hostilité de la nature.

Tom Tirabosco imagine une société devenue invivable entre dérèglements climatiques et capitalisme sauvage. Une critique de notre société, bien sûr, bien pessimiste qui fleure un peu partout dans la bande dessinée. Mais cet album a d'autres atouts et ne se résume pas à cette simple critique. La seconde partie de l'album contrebalance la violence et la tension de la première partie et c'est une sorte de répit qui va s'offrir à cette femme.

Un récit prenant, parfaitement maitrisé, qui nous fait découvrir au gré de quelques flash-back intelligemment intégrés ce qui a amené cette femme à partir seule et traverser une nature hostile alors qu'elle avait trouvé l'amour. Et si on s'attend bien à voir ce qui lui arrive, il y a toujours un élément surprenant qui vient relancer l'intérêt.

 

Xerxès - note : 6/10

Frank Miller est un des grands noms des comics. Parmi ses titres majeurs, il y a bien sûr la vision sombre du héros chauve-souris, Batman darknight. Mais l'auteur américain n'a pas fait que des super-héros (Batman, Superman, Daredevil, Wolverine …), il est aussi l'auteur de romans graphiques tel 300, cette histoire de soldats spartiates (au nombre de 300) qui vont s'opposer à l'armée Perse de Darius. Sa vision, très personnelle, de cet épisode historique trouvera aussi résonance sur grand écran avec l'adaptation en 2007 par Zack Snyder.


© Futuropolis 2019.

 En 2019, il nous livre comme "une suite", avec ce nouveau roman graphique, Xerxès, aux éditions Futuropolis. On reste dans une vision d'un esthétisme étonnant de la part de l'auteur, capable d'une représentation détaillée et élégante et dans les pages suivantes un dessin épuré faisant penser à de l'art africain.

Frank Miller se paye une tranche d'histoire à sa manière, sur une période qu'il semble apprécier. Si on se laisse porter par le début qui vient comme une suite de son roman graphique 300, on se retrouve perdu lorsque l'américain mélange les dates historiques, fait machine arrière et passe de Xerxès à Alexandre Le grand, du Perse au Grec, en laissant le lecteur en plan. De Xerxès, on en n'aura que quelques pages et on se demande pourquoi avoir intitulé ce livre avec le nom du roi Perse. Le sous-titre "la chute de l'emprise de Darius et l'ascension d'Alexandre" prend alors tout son sens mais quand même.

Esthétiquement et graphiquement, Xerxès est assez bluffant. Scénaristiquement, le lecteur se perd dans les méandres de l'imagination débridée de Frank Miller. À chacun de se faire son avis.

 

 


Les couvertures des deux albums - © Futuropolis 2019 DR.

 

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