8/10La lune est blanche

/ Critique - écrit par plienard, le 31/10/2014
Notre verdict : 8/10 - Lepage blanche

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Un récit superbe sur le voyage des deux frères Lepage sur le continent blanc

Après un Printemps à Tchernobyl, qui nous avait déjà enchantés, Emmanuel Lepage revient avec son frère François pour un récit qui n’est pas loin d’être fantastique. Le premier est auteur de bande dessinée, le second photographe. En septembre 2011, Yves Frenot, le directeur de l’institut polaire Paul-Émile Victor, propose à Emmanuel de faire un livre sur la Terre-Adélie. Le rêve du dessinateur se dresse devant lui. Et il va pouvoir le faire avec son frère. Un livre à deux, le pied !


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Tout s’enclenche alors doucement. L’attente sera rude et longue. Les nerfs mis à rude épreuve. À un certain moment, une partie du voyage sera même compromis : un raid de ravitaillement de 1200 km entre la base française de Dumont d’Urville et celle franco-italienne de Concordia où les deux frères devaient jouer au chauffeur et au mécanicien dans un environnement blanc et froid (- 30°C jusqu’à -50°C).

C’est avec une certaine surprise que j’ai découvert ce livre de plus de 200 pages dans lequel Emmanuel Lepage retrace une expérience de sa vie qui reste tout à fait extraordinaire. Un voyage à l’autre bout du monde, au milieu de scientifiques (météorologue, géophysicien, médecin, ingénieur, océanologue ...), de techniciens (pilote d’hélicoptère, marins, mécaniciens), tous passionnés, tous volontaires pour une expérience unique dans une vie.


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L’auteur nous fait part, tel un journal de bord, de toutes les étapes du voyage, de la préparation, les rencontres, les sentiments qui le submergent – celle de la solitude du dessinateur de BD au milieu de cette communauté de passionnés, le mal de mer sur l’astrolabe, la détresse quand une partie de la mission va être annulée ... –, le voyage jusqu’à Dumont d’Urville (DDU).

Mais l’Antarctique, c’est aussi une Histoire, l’histoire des hommes qui ont voulu affronter ce continent, du norvégien Roald Amundsen qui atteignit le premier le pôle Sud, de l’anglais Robert Falcon Scott, de l’irlandais Ernest Shackleton qui voulut le traverser, du français Jules Dumont d’Urville qui l’atteignit le premier...

On pouvait s’inquiéter du réel intérêt à suivre sur 200 pages les aventures d’un dessinateur et photographe en tant qu’observateur sur une mission très structurée. Il y a pourtant une réelle mise en scène des événements qui apportent leur lot de suspens. On vit alors leur expérience à leur côté, les jalousant secrètement, et découvrant avec eux la magie de ce continent. Car c’est un réel exploit de dessiner des paysages blanc, de faire passer toutes les textures de neige et de glace. Au milieu des dessins, quelques photos de François viennent parfaire la chose, montrant une fois de plus que la qualité de la représentation d’Emmanuel n’est pas juste usurpée.

Une dernière interrogation, que vous vous êtes surement posée. Pourquoi ce titre, La Lune est blanche ? Pour cela, vous n’avez pas le choix, il faut vous évader avec Emmanuel et François, dans cette aventure fraternelle. Ça vaut le coup.

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