8/10Confidences à Allah

/ Critique - écrit par plienard, le 05/08/2015
Notre verdict : 8/10 - Entretien avec un Dieu

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Certains d’entre vous connaissent peut-être déjà le best-seller de Saphia Azzedine, Confidences à Allah. Ils auront le plaisir de découvrir dorénavant une nouvelle version sur les étals de leurs libraires, en bande dessinée cette fois. Le roman est adapté par Eddy Simon et dessiné par Marie Avril qui signe ici son premier album avec une certaine maestria.


© Futuropolis 2015.

Jbara est une jeune bergère dans les montagnes du Maghreb. Elle rêve de monde moderne et de liberté, hait son père et son ignorance. Elle trompe son ennui en couchant avec des bergers en échange de quelques pots de yaourt, les raïbi jamila,  qui sont son péché de gourmandise. Mais lorsqu’elle va tomber enceinte, tout le monde va la rejeter. Elle part alors en ville où elle va se prostituer pour pouvoir se payer ce qu’elle veut. En toute liberté.

A la lecture de ce résumé, on pourrait croire qu’on va suivre la descente aux enfers d’une pauvre paysanne en manque d’éducation. Ce n’est pas vraiment le cas. Si la jeune fille a vécu dans les montagnes, elle n’a pour autant échappé à la société de consommation et à son fort pouvoir d’attraction. D’autant qu’elle a un esprit très libre et que sa beauté suscite la convoitise masculine ce qu’elle a bien compris.

Durant tout son parcours, elle va pourtant s’interroger et soumettre ses questions à Allah. Le poids des interdits qu’elle subit la font douter. Mais si elle perd la foi, c’est aussi par facilité, pour ne plus avoir à culpabiliser, marre d’être coupable parce qu’elle n’est qu’une femme.

Un récit fort, capable de mélanger des moments d’humour à des moments de gravité. Le personnage principal fait en effet preuve d’un certain détachement même si sa situation n’est pas toujours enviable. Une vision toujours positive qui n’est pas étrangère à sa croyance. Allah lui permet aussi de supporter des situations difficiles. Elle a quelqu’un avec qui parler.

Une belle adaptation d’Eddy Simon à qui l’on doit aussi Rouge Karma en 2014 chez Sarbacane ou un portrait de Violette Nozière chez Casterman en 2013 (Violette Nozière, vilaine chérie). Cet album est sublimé par le dessin enchanteur de Marie Avril. Avec son style qui pourrait faire penser à du Disney mais en parfait décalage avec le propos du livre, l’histoire ne tombe jamais dans le graveleux. Ce nom est sans aucun doute à retenir.


© Futuropolis 2015.

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