Futuropolis : La Chute, Black badge

/ Critique - écrit par plienard, le 08/05/2020

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Une épidémie ou un complot. Faites votre choix!

La Chute - Épisode 1 - note : 7/10

Quand la réalité rattrape la fiction, c'est en peu de mot ce que nous inspire ce premier tome de La Chute par Jared Muralt, aux éditions Futuropolis.

Prévue en six tomes, le récit est celui d'un homme, Liam, et de ses deux enfants qui se retrouvent confinés à la suite d'une pandémie de grippe. Il vient de perdre la mère de ses enfants, une infirmière qui s'occupait des malades. Et avec la crise humanitaire, une crise économique vient ébranler la société qui finit par tomber. Ce sera bientôt chacun pour soi ...


© Futuropolis 2020.

 Toutes ressemblances avec des faits existants ou ayant existés seraient purement fortuites. Jared Muralt décrit son récit pourtant comme "un monde qu'il a créé qui n'est pas si éloigné du nôtre. Simplement, pour certains aspects, j'ai légèrement forcé le trait".

Et pour confirmer ses dires, il est vrai qu'en plus d'une crise sanitaire et économique, il rajoute celle de l'environnement.

Alors si vous voulez vous changer les idées en ce moment en lisant une BD, ce n'est peut-être pas celle-ci que je vous conseillerai. Par contre, quand tout cela sera derrière nous, à l'exception du côté extrêmement pessimiste de cette histoire, le personnage de Liam a quelque-chose d'intéressant. Il va protéger ses enfants de ce monde en destruction, et on s'identifie à cet homme dans cette abnégation à vouloir croire qu'une solution est toujours possible et que le pire n'est pas encore arrivé.

 

Black badge - note : 7/10

Les auteurs de GrassKings reviennent aux éditions Futuropolis avec l'intégrale de Black badge un récit de près de 300 pages dans lequel on va vivre les aventures de 4 scouts !

Quand on dit "scout", on pense tout adolescent en pleine campagne faisant du camping sauvage. Ce serait mal connaître les auteurs Matt Kindt, Tyler Jenkins qui ont une fâcheuse tendance à voir le monde dans son côté alternatif voir carrément sombre. On se souvient encore de GrassKings, communauté à l'écart du monde, fonctionnant en autonomie mais abritant à son insu un meurtrier. Le scoutisme dans le récit de Matt Kindt et Tyler Jenkins n'est rien d'autre qu'un organe d'espionnage. Les Black badge sont un groupe d'élite dévoué aux missions secrètes d'intervention extrêmement périlleuses.


© Futuropolis 2020.

 Kenny, Cliff et Lire accueillent un nouveau membre dans leur groupe. Il s'appelle Willy et vient remplacer leur ami Jimmy. Ils sont scouts en voyage en Corée du Sud. Mais d'un genre un peu spécial. Ce sont les Black badge, un groupe d'élite qui parcours le monde pour des missions secrétes dans le but de rendre le monde meilleur. Pour l'heure, ils vont traverser la frontière et passer en Corée du Nord pour trouver un site secret où se cacherait un physicien nucléaire avant de se rendre en Russie libérer un opposant retenu dans une prison en Sibérie.

Au gré de la lecture, on découvre l'univers de ces Black Badge. S'ils ont cru rendre le monde meilleur, ils découvrent peu à peu que rien n'est aussi simple. Sont-ils manipulés ? Leur autonomie n'est pas toujours bien vue, non plus. Ils vont devoir se mesurer à d'autres groupe de Scouts, comme les White badge, les Blues ou encore les Pink ! Ou les Scouts ont-ils été infiltrés par un groupe terroriste, la Honour Society, qui veut leur perte ? On rentre alors dans une sorte de complot mondialiste dans lequel les Scouts seraient les "gentils" et la Honour Society les "méchants".

Si tous ces ingrédients semblent un peu basiques, voir une peu ringard (qui oserait encore se faire affronter des clans avec des noms de couleurs ?), on se laisse happer par le récit de ce quatre jeunes gens devant mettre fin à un complot contre les Scouts et leurs valeurs. Bien que quatre jeunes gens ne soient pas totalement vierge de tout reproches ! Tout est parfaitement maîtrisé. Les auteurs arrivent à nous emmener sur de fausses pistes avec leur histoire pas si "démodée" finalement. Présentation des personnages avec chacun leurs caractéristiques, univers cohérent et malgré tout original en réadaptant les Scouts a des sortes de soldats d'élite appartenant à une organisation secrète extra-gouvernementale.

Bref, on est pas mal bluffé par ce gros album dans lequel les auteurs s'autorisent même à faire une allusion à leur précédente série, GrassKings.

 


Les couvertures des 2 albums - © Futuropolis 2020.

 

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