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7/10Viviana

/ Critique - écrit par Maixent, le 12/09/2021
Notre verdict : 7/10 - Les misérables (Ecrivez votre critique)

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Tags : viviana straps jardin envies waist interieur ceinture

Sexe et bidonville

Plus politique que ce que l'on pourrait penser au premier abord, Viviana est un récit très cru de la misère et de la prostitution dans les bas quartiers de Santiago. Sous des couverts de pornographie, Viviana dénonce une société corrompue et viciée où le fort exploite le faible. Au centre de ce tumulte et des bidonvilles sordides Viviana et Miguel, figures de la jeunesse et d'un renouveau tendant vers l'Amour et la Beauté vont tenter de s'en sortir mais le chemin sera semé d’embûches et de gros pervers dégueulasses érigeant la sexualité en passe droits dont nos héros seront les victimes.


Conditions de travail

 

Âgée de seize ans, Viviana est renvoyée de chez ses parents par un père alcoolique et violent. Elle va croiser la route de Miguel, jeune rebelle à moto qui va l'aider à rejoindre la ville pour y trouver du travail à condition qu'il soit payé, et vu qu'elle n'a pas d'argent sur elle... On le comprendra ensuite, Miguel ne fait qu' appliquer les principes d'une ville corrompue dont il est lui-même la victime, malgré tout, de ces débuts peu prometteurs naîtra une idylle entre les deux protagonistes. Viviana devient donc femme de chambre pour survivre mais elle ne se doute pas qu'elle est surtout là pour assouvir les besoins sexuels de clients et clientes ravis de trouver de la chair fraîche à maltraiter. Fuyant ce premier emploi elle rejoint Miguel qui l'emmène sur les lieux de son travail. On y découvre qu'il est gigolo pour un couple fortuné, soumis aux mêmes violences que Viviana, et partageant cette expérience traumatisante, ils se rapprochent d'autant plus. Les deux jeunes, apprentis d'une sexualité détournée et vascillante font ainsi l’expérience du plaisir de manière pervertie et se retrouver confrontés à deux flics véreux ne va pas les aider bien au contraire. Cependant, de ce terreau pourri naît une forme d'amour, laissant espérer qu'ils pourront dépasser ces traumatismes pour une vie plus épanouie même s'il n'y a pas de Happy End annoncée.
Brutalités policières

 

A la fois excitant et dérangeant, le récit est surtout celui de la pauvreté et des extrêmes que cela emmène. Les pauvres ne sont que les jouets des riches, interchangeables, corvéables à merci et déshumanisés au possible. De ce système inégalitaire qui touche tout le monde, nait un monde avilissant et une souffrance extrême. Miguel rappelle que seul le plaisir de la sexualité reste accessible aux pauvres, mais même celui-ci on tente de leur arracher en le salissant. Aussi bien Viviana que Miguel sont violés, humiliés, maltraités et battus, luttant cependant pour conserver leur humanité face à l'inhumain.


Le prolétariat exploité

 

Cela est renforcé par le dessin, l'auteur n'hésitant pas à mettre en avant des orifices forcés et la souffrance de ses personnages. Pour autant, il faut tout de même reconnaître une excitation malsaine dans l'ensemble de l'album. Perdus dans cette sexualité où les jeunes héros cherchent une échappatoire par le plaisir malgré tout, ils y entraînent le lecteur. D'autant qu'il y a une véritable qualité du dessin et une grande place laissée aux scènes de sexe. Alors oui, tout ce côté crasseux n'est pas du tout politiquement correct mais il faut reconnaître que c'est efficace. Et c'est sans doute cela que dénonce aussi l'auteur, cette excitation déplacée.

Malgré un scénario assez simple se déroulant sur seulement deux jours, l'auteur, en quelques pages, mets en évidence la violence d'un système tout entier. Le sexe, à la fois sordide et lumineux est ici un moyen d'avilissement et un moyen de s'en sortir, cette dichotomie étant parfaitement rendue ici.

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