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7.5/10Raimbo

/ Critique - écrit par Maixent, le 06/12/2020
Notre verdict : 7.5/10 - Un homme un vrai (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Des tonnes de testostérone

Toujours dans la même ligne éditoriale de réédition de bande dessinées érotiques italiennes des années 70-90 et après celle de Ramba voici venu le tour de Raimbo. Une saga  de 17 volumes dont les trois premiers épisodes sont repris ici.


"Allez...Laisse toi faire"

 

Raimbo, on l'aura compris est une parodie du mercenaire John Rambo, héros du roman Le premier sang de David Morrell, mais beaucoup plus connu sous les traits de Sylvester Stallone  dans le film éponyme de 1982 et qui connaîtra le succès qu'on lui connaît. Un récit beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît qui a su séduire toute une génération. En effet, John Rambo est un ancien militaire souffrant de ce que l'on appellerait aujourd'hui le stress post traumatique mais qui à l'époque n'était pas considéré comme tel. Rambo est donc un paria dans une société qu'il ne comprend plus, déchu de son rang de héros, ne sachant comment vivre en temps de paix.  Un message fort et critique qui se cache derrière une montagne de muscle et une aptitude unique au combat. Ici nous avons une version beaucoup moins adroite où Jeff Raimbo est « un fauve à peine apprivoisé » comme le dit si bien la jeune hôtesse de l'air qu'il vient de baiser sans somation et encore moins de préliminaires dans les toilettes de l'avion. On trouve bien un contexte social proche du film mais nous ne leurrons pas, Raimbo c'est surtout des combats bien burnés, du sexe brutal et de l'action dans une approche frontale sans aucun second degré.
"Je suis le maître et je vais te démettre"

 

Les trois histoires reprennent grosso modo les trames des films, que ce soit sur le territoire américain afin de faire régner l'ordre et gérer des éléments que le pouvoir en place juge pertrubateurs ou dans des contrées plus exotiques pour des missions de sauvetage. La constante reste l'absence de finesse. Le bodybuildeur trucide à tout va sans aucune émotion et n'hésite pas à prendre les femmes de force qui finalement vont aimer ça tant sa force brute est envoûtante et ses coups de rein puissants. On ne s'inscrit pas du tout dans le #metoo ou dans une mouvance féministe. Raimbo est un parfait enfoiré et on pourrait critiquer cet irrespect perpétuel.  Rappelons cependant qu'il s'agit d'une fiction, datée qui plus est, et lire Raimbo avec le prisme du XXIeme siècle serait une erreur. Il faut prendre cela pour ce que c'est, une production au scénario faiblard, se servant de la notoriété d'un acteur pour survivre et prétexte à glisser des scènes de cul inutiles à l'histoire mais à même de booster les ventes. Rééditer Raimbo est plus à voir comme un devoir de mémoire et une sorte de stupéfaction drolatique devant une telle impunité face à la morale qui fait de Raimbo un page turner efficace et sans doute nécessaire.


"Huuum... Coquine..."

 

Fort heureusement, la quasi absence de scénario est sauvée par la qualité du dessin. De l'aveu de l'auteur lui-même dont les propos sont rapportés dans la préface de Bernard Joubert, « même sur des scénarios qui ne me plaisaient pas, je me suis toujours efforcé de donner le meilleur de ce que je pouvais, par respect pour moi-même et les lecteurs ». Et il faut le reconnaître, Lucio Filippucci est un excellent dessinateur, créant des scènes d'action pleines de vie et dont le trait pur n'est pas sans rappeler Manara (dont il reprit la série Chris Lean) ou Magnus, Filippucci ayant travaillé avec Romanini, lui-même ayant été l'élève de Magnus. Les deux compères devenus amis auront de nombreux projets communs comme Dodo ou Les aventures de la Cicciolina.

Raimbo est plus intéressant comme album par son Histoire que par son scénario. On pose les jalons d'une forme de contre culture qui n'est pas à négliger, surtout avec un dessin aussi réussi. Après s'il y a aussi des amateurs de bon gros porn bourrin, libre à eux de se palucher sur l'album. Mais là c'est un autre sujet, et  comme dirait l'autre, « c'était pas ma guerre »...

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