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8.5/10Le prix de l'amour

/ Critique - écrit par Maixent, le 19/01/2020
Notre verdict : 8.5/10 - L'île de la tentation (Ecrivez votre critique)

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Tourisme sexuel

Après La tentation et La chambre de verre, Axel poursuit l’exploration des fantasmes et des pratiques contemporaines avec un regard original et une sensibilité toute personnelle. Ayant choisi une femme d’une cinquantaine d’années comme personnage principal c’est toute une vision de la sexualité et du corps différente qui se met en place.


Avec Joao

 

Valérie, après un divorce et une carrière trop prenante pour se consacrer à elle-même, décide de s’octroyer quelques semaines de vacances sur une île paradisiaque qui ne sera jamais nommée. Mais ce n’est pas le sable chaud et la mer d’un bleu turquoise qui l’attire. A l’instar d’autres femmes dans une situation comparable, elle vient pratiquer une forme de tourisme sexuel consentant où chacun joue au jeu de l’amour et de la séduction. De jeunes éphèbes à la peau d’ébène ayant monté une véritable entreprise pour profiter de l’argent de ces quinquagénaires européennes en quête de sensations et de volupté , qui participe pleinement à l’économie de l’île. Sans être dupe, Valérie porte un regard cynique sur les autres « clientes » tout en ayant parfaitement conscience de participer de la même dynamique mais lorsque le jeune et musclé Joao lui manque de respect, la magie est brisée. Elle trouvera alors un certain réconfort avec Giorgio, un homme de son âge ayant quitté les vicissitudes de la vie italienne pour vivre de la pêche.
Avec Giorgio

 

A travers ce triangle amoureux dont Valérie est le pivot, Axel donne à voir une large palette d’émotions avec beaucoup de finesse. Ces personnages sont en quelque sorte aspirés par leur vie et les faux semblants, ne trouvant le repos de l’esprit que dans la découverte des corps qui exultent l’espace d’un instant hors du temps. Car c’est bien le cas ici, des bulles de plaisir et d’oubli de soi dans les alcôves chaudes et feutrées de cases exotiques. Dans la sobriété des réactions et la justesse des sentiments, on croit à la réalité des personnages qui ont assez de consistance pour susciter de l’empathie et nous embarquent dans leur espace-temps hors de toute réalité.


Une demande explicite

 

Mais le point fort de l’album tient surtout au dessin. Le corps de Valérie est dessiné avec beaucoup de douceur sans pour autant que les défauts en soient absent. Elle a la poitrine creusée, les hanches un peu flasques, les tétons boursouflés, le visage un peu sévère. Et pourtant elle dégage une véritable sensualité dans son abandon. Loin de l’image d’Épinal de la petite jeunette ou de la cougar insatiable, elle est une femme, belle dans sa vulnérabilité et dans sa force. On est loin de la pornographie gratuite et pourtant l’album ne s’encombre pas d’une fausse pudeur et Valérie n’hésitera pas à demander à son bel étalon de l’enculer avec son sexe énorme, car après tout c’est aussi ce qu’elle est venue chercher ici.

On a donc un album très original dans son sujet mais aussi son traitement graphique hyper réaliste avec une narration fluide  et de véritables prises de risque de la part de l’auteur. Une réussite à tous les niveaux.

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