Dupuis : Olive T1, Un homme qui passe, Les soeurs Gremillet T1

/ Critique - écrit par plienard, le 06/05/2020

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Deux albums sortis en mars, et le dernier prévus pour juin 2020 (Les sœurs Gremillet).

Un homme qui passe - note : 8/10

Paul est un vieil homme. Il est seul dans la maison de son enfance, au bord en la mer, en pleine tempête. Il a décidé de mettre fin à ses jours. Et alors qu'il est sur le point de mettre son geste à exécution, une fusée de détresse est tirée. La vie des autres passe avant sa mort. Il n'hésite pas à venir en aide à la jeune femme en naufrage. Elle s'appelle Kristen et n'est pas là par hasard. Elle est l'assistante de son éditeur et est venue voir où en était son dernier projet. Mais ce n'est pas là vraie raison !


© Dupuis 2020.

 Un homme qui passe est la confrontation entre deux personnages, un vieil homme et une jeune femme. Et pendant un moment, on pense à une banale histoire de séduction entre un vieux beau, auxquels les femmes ne peuvent résister, et une femme sexy, qui vient le mettre face ses contadictions, façon #Me too.

Denis Lapière et Dany nous auraient-ils préparé une histoire dans l'air du temps où un prédateur se verrait confronté à son passé et mis devant ses contradictions. Ou bien est-ce une feministe qui ne voit pas la différence entre la passion entre personnes consentantes et un harcèlement sexuel.

Les lecteurs naviguent entre ces deux sentiments et le dessin de Dany semble être celui qu'il fallait. Son dessin sexy, parfois érotique, sert à merveille le récit et plonge le lecteur en plein désarroi dans les premières pages. Lit-on une histoire érotique ou une confrontation homme-femme. L'ambiance est parfois tendue et on ne saurait dire quelle direction tout cela va prendre.

 

Olive - Tome 1 : Une lune bleue dans la tête - note : 7/10

Olive est une jeune fille très introvertie. Elle ne communique pratiquement pas et s'est inventée un monde onirique dans lequel elle trouve refuge dès qu'elle le peut. Mais elle va devoir partager sa chambre d'internat avec Charlie, à l'extrême opposé d'elle même. Enfin, un étrange événement va d'or bouleverser son confort. Un mystérieux individu va envahir son monde onirique. Cela a-t-il un rapport avec l'accident du spationaute ?


© Dupuis 2020.

 C'est une série prévue en quatre albums, 100% féminine, avec comme scénariste Véronique Cazot (Petites distances, Betty Boop) et comme dessinatrice Lucy Mazel (Les Communautés T3 chez Vents d'Ouest). Elle apportent leurs styles pour cette histoire qui navigue entre onirisme et relations humaines. Si un certaine douceur ressort de l'album, cela n'empêche pas une certaine complexité du monde inventée par Olive parfaitement illustrée par Lucy Mazel. On n'est pas dans la bande dessinée "rose bonbon". Les personnages ont une vraie complexité et le récit appelle à s'interroger. Quel est le rapport entre les gros premières pages et la suite de l'histoire ? L'onirisme d'Olive finit par se transformer en fantastique dans les dernières pages. Ça y est. Véronique Cazot et Lucy Mazel nous ont attrapé avec leur histoire et on réclame déjà la suite.

 

Les Soeurs Gremillet - Tome 1 : Le rêve de Sarah - note : 7,5/10

C'est une nouvelle série chez Dupuis qui met en scène le monde de l'enfance dans une ambiance douce et sucrée, flirtant avec le fantastique et le merveilleux. Les auteurs à l'origine de ce récit sont Di Gregorio et Alessandro Barbucci, un duo d'auteurs qui a en commun d'avoir travaillé sur la série Monster Allergy (éditions Soleil, 20 tomes) et qui signent ici leur première série commune chez l'éditeur carolorégien.


© Dupuis 2020.

 Les soeurs Gremillet forment une sororie (équivalent féminin de fratrie) de trois sœurs qui répondent aux noms de Sarah (l'aînée), Cassiopée (la benjamine) et Lucille (la cadette). Elle forme le club des trois frangines ! qui va entamer une nouvelle mission : "mener l'enquête sur le passé de (leur) maman". En effet, Sarah fait toujours le même rêve, et elle se demande bien pourquoi. Cela a-t-il un rapport avec un passé oublié ? Et les dernières questions posées à leur mère, avec notamment celle sur une méduse, l'ont troublé. 

On connaît le talent d'Alessandro Barbucci, qu'on suit notamment sur Ekhö monde miroir (neuf tomes chez Soleil) et c'est sans surprise qu'on prend du plaisir à découvrir son coup de crayon et son sens des couleurs. Il donne à cette histoire la fois un côté actuel mais aussi mystérieux.  Si on connaît moins Di Gregorio, le scénariste, l'histoire nous le fait regretter. L'intrigue joue sur plusieurs tableaux et jusqu'au bout on ne sera dire si on est dans le réel ou l'imaginaire. Les rêves de Sarah sont étranges ; les relations entre soeurs sont parfois tendues ; mais tout cela semblent être la conséquence d'un secret. Mais de quel genre ? Un premier album bien sous toutes ses coutures avec une intrigue qui trouve sa réponse au bout de l'album. C'est d'ailleurs une de ses forces supplémentaires : on aurait pu croire à un one-shot sur les méfaits des secrets de famille. Il n'en est rien. On a aimé les personnages et on va pouvoir les retrouver pour d'autres aventures personnelles. Un délice ! 

 


Les couvertures des 3 albums - © Dupuis 2020.

 

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