Dupuis : Mélusine T27, La véritable histoire vraie T5 & 6 , Mamma mia ! T1

/ Critique - écrit par plienard, le 07/06/2019

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Mélusine - Tome 27 : La guerre sans magie - note : 8,5/10

Il y a deux Clarke dans le monde de la bande dessinée. Celui de Dilemma et Les Danois, capable de réflexion sur la société ou d'être grave . Il y a aussi celui capable de faire des séries d'humour comme Cosa Nostra ou Mister president. Ce sont les deux faces d'un même auteur qui revient avec sa série, Mélusine, pour un vingt-septième album. Une série qu'on a longtemps qualifiée d'humoristique, mais qui montre au fil des derniers albums, bien plus de profondeur et de "sérieux".


© Dupuis 2019.

 La jeune élève de l'école de sorcellerie (bien avant celle de son homologue anglo-saxon !) a maintenant bien grandi. Elle a même perdue une amie chère (Cancrelune) dans les albums précédents. Et maintenant, le clan des fées et celui des sorcières vont se faire la guerre et faire voler en éclat une entente cordiale ancestrale. À l'origine de cette discorde, une photo du père de Mélusine (un sorcier) que sa mère (une fée) n'aurait jamais dû découvrir. Et voilà que Mélusine se découvre aussi une sœur qui n'est autre que Mélisandre. Mais cette guerre a bien plus de conséquences qu'on ne pense …

Depuis que Clarke a repris seul la série en main (scénario de François Gilson jusqu'au tome 20), la série a réellement pris un autre tournant. L'auteur agit comme un lanceur d'alerte avec sa série. Avec des mots et des dessins simples, il montre du doigt quelques réactions, quelques situations dans lesquelles on devrait faire plus attention. La peur de l'autre, le rejet des différences sont le terreau d'une haine avec des conséquences dont on ne soupçonne pas la portée. Alors Mélusine y a perdu un peu de son innocence et de son humour. Mais c'est sans doute un des albums les plus forts de la série que Clarke nous invite à découvrir ici.

 

Mamma mia ! - Tome 1 : La famille à dames - note : 8/10

L'évolution de la société a toujours été un sujet pour la bande dessinée, et la BD humoristique en général. L'explosion de la cellule familiale est une évolution majeure de ces dernières années, et celle imaginée par Lewis Trondheim et Obion - deux spécialiste de la BD d'humour - n'a rien d'incroyable. Mais ce sont les situations qu'elle est en mesure de provoquer qui donne tout son sel à ce premier album.


© Dupuis 2019.

 Aurélie, à la recherche d'un emploi, emménage avec sa fille, Emma, chez Marie, sa grand-mère. Mais Sophie, la mère d'Aurélie et donc la fille de Marie (ça va, vous suivez toujours ?) arrive juste du Brésil et vient aussi s'installer chez sa mère. Une cohabitation qui s'annonce difficile car Sophie a été une mère plutôt absente, obnubilée par son physique et à plaire aux hommes. Dans cet univers totalement féminin, la petite Emma y va de sa franchise d'enfant, ce qui ne fait pas toujours plaisir aux adultes et met dans l'embarras sa mère.

Un quatuor inédit pour une bande dessinée finement drôle où l'humour de Lewis Trondheim s'épanouit pleinement. Au dessin, son collaborateur de l'atelier Mastodonte, Obion, trouve le trait parfait. Une BD à rapprocher de Dad (un père qui élève seul ses quatre filles par Nob).

 

La véritable histoire vraie de ... - Torquemada et Robespierre - note : 6/10

Bernard Swysen revient avec deux nouvelles biographies de méchants historiques, Torquemada et Robespierre. Si le premier est la figure tutélaire de l'inquisition espagnole au XVème  siècle, le second est celle plus controversée de la révolution française et de la Terreur.


© Dupuis 2019.

 Torquemada n'est pas forcément le plus connu des méchants de l'Histoire. Sauf si vous êtes un passionné d'Histoire et de l'Inquisition. Tomas de Torquemada est le fils d'une famille de juifs convertis depuis quelques générations. Attiré par l'ordre religieux, il ne conçoit son sacerdoce qu'à travers une rigueur extrême au point d'en étonner ses propres collègues religieux. Son intransigeance vire à l'intégrisme et lorsque Isabelle de Castille, dont il est le confesseur, épouse Ferdinand d'Aragon, l'Espagne est pratiquement reconstituée, à l'exception de l'enclave Maure. Torquemada va alors travailler pour devenir le grand inquisiteur et va instaurer une ère de terreur pendant laquelle tout le monde pourra être dénoncé comme étant hérétique.

Au dessin , c'est un certain Marco Paulo qui offre à l'inquisiteur un visage à la fois totalement antipathique et affreux, au teint blaffard trahissant sa haine de tout ce qui n'est pas pur à ses yeux.

On reste cependant sur notre faim. Si le talent comique de la série est respecté, l'album ressemble plus à une dérision sur l'inquisition que sur le personnage-titre.

À bien des égards, on peut retrouver des points communs entre le fanatique religieux Torquemada et le fanatique républicain Robespierre qui montre la même ardeur dans ces études que son homologue espagnol.

Robespierre est le fils d'une grande famille (un frère et trois sœurs). Il montre un grand pouvoir oratoire mais aussi une certaine intransigeance qui vont déplaire au pouvoir juridique en place qui va l'empêcher d'exercer. Il va alors se lancer dans la politique et réussir à se faire élire député. L'histoire est ensuite connue mais elle prend un tout autre intérêt avec le talent comique de Bernard Swysen et Philippe Bercovici

 


Les couvertures des 4 albums - © Dupuis 2019.

 

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