Dupuis : Maggy Garrisson T3, L’atelier mastodonte T4, Harmony T2

/ Critique - écrit par plienard, le 23/09/2016

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Trois séries Dupuis qui n’en sont qu’à leur commencement mais qui ont chacune leur qualité.

Maggy Garrisson – Tome 3 : Je ne voulais pas que ça finisse comme ça – note : 6/10

C’est avec un titre assez sombre et qui présage le pire qu’on débute la lecture du troisième tome de la série Maggy Garrisson de Lewis Trondheim et dessinée par Stéphane Oiry. Auréolée de deux récompenses respectivement au festival du polar 2015 et au salon Polar’encontre 2016, ce nouvel album met fin au premier cycle.


© Dupuis édition 2016.

On retrouve Maggy et son mec Alex qui l’emmène pour une jolie balade romantique dans la campagne anglaise. Vous l’aurez deviné aisément il pleut et la balade romantique se résume à visiter des containers. C’est là qu’il lui offre un flingue pour se défendre. Quant à elle, elle trouve plus intéressant d’emporter un album photo abandonné avec l’idée de retrouver les propriétaires.

Il y a un côté froid et statique à cette série qui lui donne une atmosphère assez particulière, toute britannique. Maggy est désabusée et n’attend pas grand chose de l’existence. Elle a conscience qu’elle doit elle-même se débrouiller, et prendre ce qu’elle peut sans en demander la permission. Elle n’a peur de rien, même quand elle se fait braquer et qu’elle sait qu’elle n’y échappera pas si elle ne trouve pas rapidement une solution. C’est une femme forte qui trouve en Alex son équivalent masculin. Même froideur, même vision de la vie avec une certaine éthique même si lui est un petit malfrat. Le dessin de Stéphane Oiry est à l’image de ces personnages : un brin statique, mais on va à l’essentiel. Le découpage des pages dans un gaufrier presque dépassé renforce cette idée que les personnages semblent restés dans une époque révolue. Ils sont les oubliés de la société de consommation et font comme ils peuvent pour vivre.

 

L’Atelier Mastodonte – Tome 4 – note : 7.5/10

Vous voulez découvrir la vie rêvée des dessinateurs ? Leur quotidien ? Savoir ce qui les fait triper ? Ce qui les motive ? Connaître les qualités de vos auteurs préférés ? Vous voulez comprendre pourquoi ce monde n’est dédié qu’à une élite, à quelques élus, et comprend pourquoi n’importe qui ne peut pas y accéder ? L’Atelier Mastodonte est là pour tout vous dire. Il ne vous cachera rien. Il y a des choses à dire, ou à rire en tout cas.


© Dupuis édition 2016.

L’atelier Mastodonte voit l’arrivée de petits nouveaux et le retour d’ancien. La belle Mathilde et sa passion de la moto arrive dans l’atelier et va apporter sa touche féminine. Alfred est en pleine crise d’identité et il peut compter sur ses petits copains pour ne pas l’aider. Guillaume Bianco est de retour alors que Bouzard revient du Brésil, c’est en tout cas ce qu’il laisse croire. Pour ceux qui aiment l’humour toujours limite, il y a Tebo qui revient alors que des cafards vont venir envahir l'atelier. Et tous vont se rassembler pour lutter contre les intégristes qui tuent des dessinateurs.

 

Harmony – Tome 2 : Indigo – note : 7.5/10

Harmony est la nouvelle série jeunesse des éditions Dupuis qui, à l’image de la série Seuls met en scène des enfants. Ici, ils sont dotés de pouvoirs hors-normes tels que la télékinésie, la télépathie ou la clairvoyance.


© Dupuis édition 2016.

Et c’est un retour en arrière avec ce tome 2. En effet on revient 6 ans en arrière avant les événements du tome 1. C’est l’occasion de découvrir un peu mieux les personnages du premier album et de comprendre la situation dans laquelle Harmony se trouve. C’est ainsi qu’on apprend que cette jeune fille fait partie d’un projet d’étude sur une maladie génétique. Le protocole mis en place n’a pas pu sauver la fille du chercheur William Torrès, mais Harmony réagit bien et a développé des capacités étonnantes. Et c’est ce dernier point qui intéresse au premier chef les nouveaux investisseurs du projet : une société militaire !

Si on était rempli de questions à la fin du premier tome, on a la satisfaction, ici, d’avoir la réponse à un bon nombre d'entre elles. Cela implique évidemment d’avoir lu le premier tome mais le récit est excellemment construit et rien ne vous empêche de découvrir ce tome 2 avant le tome 1. Un album haletant dans lequel on voit la condition des enfants qui se dégrade au fur et à mesure avec l’arrivée des militaires. Cette sensation est très bien exprimée par le dessin de Mathieu Reynès qui signe aussi le scénario. Il y a une réelle énergie dans son dessin par lequel il arrive à transcrire l’atmosphère, la tension et les sentiments des personnages.


Les couvertures des 3 albums - © Dupuis édition 2016.

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