Dupuis : Karma city, Dad T3, Ralph Azham T9, Magic 7

/ Critique - écrit par plienard, le 30/09/2016

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Dans la ville qui filtre les gens ayant un bon karma, pensez-vous que tout le monde parmi la liste qui suit pourrait y pénétrer ? un père seul qui élève ses 4 filles, 7 gamins aux pouvoirs magiques, un canard au bec bleu ? Bien sûr que oui, ce sont des héros des éditions Dupuis !

Karma city – Tome 1 – note : 7.5/10

Et si le Karma pouvait être mesuré ? Si on pouvait déterminer son aura, positive et négative, on pourrait ainsi édifier une société sur ces concepts, plus juste, véhiculer de belles valeurs, éliminer les mauvais éléments.


© Dupuis édition 2016.

Et ce monde existe ! Dans l’album de Pierre-Yves Gabrion, elle a pris forme et a pour nom Karma City. Elle a été créée après une terrible catastrophe qui mit fin à la civilisation telle que nous la connaissons. S’en est suivi une terrible période de chaos, à la Mad Max, et quelques scientifiques ont réussi à créer cette cité accessible uniquement si votre karma est positif.

Mais la ville est sujette à une étrange épidémie avec une série d’AVC mortels. Parmi eux, une jeune femme, scientifique, qui vient d’avoir un accident et sur lequel enquêtent les agents Napoli et Asuka. Ils sont dirigés par la toute nouvelle major de la dernière promotion, Kate Cooper. Et entre Napoli, le vieux briscard aux méthodes pas toujours orthodoxes pour Karma city, et la débutante Cooper le courant n’est pas tout de suite bien établi.

Un très bon polar que nous propose ici les éditions Dupuis dans un univers original. Les personnages sont suffisamment fouillés avec un Napoli qui pourrait rappeler l’inspecteur Harry par son attitude bourrue mais en moins violent et en plus poli. L’opposition Napoli-Cooper reste classique dans son déroulement mais les psychologies des personnages sont bien tenues et on adhère assez facilement à leur comportement. Et contre toute attente, alors que l’enquête arrive à sa fin après avoir pris des tournures insoupçonnées, l’auteur relance l’intrigue avec un complot plus vaste.

 

Magic 7 – Tome 2 : Contre tous – note 6.5/10

Les histoires d’adolescentes aux pouvoirs magiques fleurent un peu partout en ce moment. Après Harmony, les éditions Dupuis nous proposent le tome 2 de Magic 7, une autre série jeunesse dans laquelle 7 collégiens sont dotés de pouvoirs tels que le chamanisme, le spiritisme, l’alchimie, la télépathie, le divinatoire, l’enchantement, le démonisme. Ils ont chacun une marque sur le corps qui permet de les identifier.


© Dupuis édition 2016.

Pour l’instant on ne connaît que 5 des 7 magiciens avec Hamelin, Léo, Farah, Alice et Lupe. Ce nouvel album va permettre de découvrir un nouveau magicien, le télépathe. Celui-ci va en effet prendre le contrôle des adultes pour priver les enfants de liberté. Les autres mages vont alors entrer en résistance.

On avance petit à petit dans cette série dont on ne sait pas où elle veut nous emmener. Les personnages se découvrent peu à peu. Il y a une certaine montée en puissance dans l’intrigue de cet album qui permettra d’accrocher les jeunes lecteurs : les enfants qui entrent en résistance contre les adultes. Le scénario de Kid Toussaint rappelle un peu les derniers épisodes d’Harry Potter où des adolescents organisent une résistance qui semble vaine. Dans cette histoire, on appréciera que chacun apporte son talent au service de la cause, le côté tous pour un et un pour tous. Le dessin de Giuseppe Quattrocchi et Rosa La Barbera est dans le style du moment pour les albums jeunesse avec ce côté manga et dessin animé. La fin manque peut-être un peu de punch pour un lectorat adulte mais ne devrait pas rebuter les plus jeunes, cible évidente de cette série.

 

Dad – Tome 2 : Les nerfs à vif – note : 7/10

Les temps sont difficiles pour le pauvre Dad. Ses 4 filles ne lui laissent aucun répit et même ses ex-femmes s’y mettent. Entre les factures, le loyer, les listes de cadeaux de noël, voilà que Rose, la mère d’Ondine, débarque pour prendre un « bain de vraie vie ». Ce n’est évidemment pas pour payer les trois de pension alimentaire en retard. Alors il n’est pas honteux de vouloir prendre quelques jours de vacances, en mode camping sauvage, sauf que Dad n’est pas très doué pour la vie à la sauvage et que l’endroit n’est sans doute pas très approprié.


© Dupuis édition 2016.

Nob signe son troisième tome avec toujours autant de fraicheur. On mettra à part le gag de la première page qu’on a la sensation d’avoir déjà vu dans bon nombre de série jeunesse mettant en scène une famille et des enfants. Pour le reste, on flirte entre tendresse et humour avec une joie certaine. La série peut être lue par toute la famille avec sans doute des degrés de sensibilité différents selon que vous êtes une fille ou un fils, une mère ou un père. On s’y retrouve facilement, et en tant que père, on aimerait avoir cette désinvolture, ce calme et cette énergie à affronter  tous les tracas de la vie. Et même quand il finit par craquer, c’est toujours avec stoïcisme.

 

Ralph Azham – Tome 9 : Point de rupture – note : 7/10

Ralph en a marre. Il sent qu’il risque de virer du coté obscur de la force. Il est l’élu et doit le prouver sans cesse. Mais surtout, il n’accepte pas qu’on remette en cause son autorité. Il est droit dans ses bottes et voudrait que tout le monde soit pareil. Mais ce n’est pas possible. Alors s’il ne veut pas devenir un dictateur, il n’y a pas d’autre solution que celle de partir. Mais le peuple a encore besoin de lui. Et surtout, Tilda Pönns ne le laissera jamais tranquille. Alors il crée une armée de bleuis pour la combattre.


© Dupuis édition 2016.

Lewis Trondheim plonge son personnage dans les méandres du questionnement existentiel : doit-il rester au poste de superintendant au risque d’en abuser ou doit-il tout abandonner ? Les albums s'enchainent à une vitesse folle avec l'impression qu'il n'y aura jamais de fin possible pour l'élu.


Les couvertures des 4 albums - © Dupuis édition 2016.

 

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