Dupuis : Fatale, Secrets et l’insurrection

/ Critique - écrit par plienard, le 15/09/2014

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La collection Aire libre est la collection prestigieuse des éditions Dupuis pour le plaisir de la lecture. On vous en propose deux albums. Et puis, il y a la fin des Secrets !

Heureuse vie, heureux combats – note 6.5/10

Sans réellement la nommer ainsi, Dupuis a sa série thématique depuis maintenant une dizaine d’année. Le thème ? Les secrets de famille. Initié par Frank Giroud, la collection des « Secrets » naît en 2004 chez Dupuis avec un premier album de Marianne Duvivier, L’écharde. S’en suivront plus d’une quinzaine d’autres.  Et pour boucler la boucle, l’histoire qui vient clore cette collection est une histoire intime, autobiographique de la dessinatrice, Marianne Duvivier.

 
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La petite histoire veut que ce soit les confidences personnelles de Marianne à Frank Giroud qui sont à l’origine des Secrets. Et c’est Denis Lapière qui va réussir à convaincre et à aider la dessinatrice pour coucher sur le papier ces propres confidences.

On mesure la difficulté et le courage qui lui a fallu à la jeune femme pour ainsi dévoiler sa vie, de son enfance à maintenant, sans rien omettre jusqu’aux secrets les plus personnels de sa famille. Tout est fait avec finesse et justesse. Il n’y a là aucun voyeurisme de la part du lecteur qui n’est jamais mis mal à l’aise. On se sent alors proche de l’auteure et on l’a remercie de ses confidences qui nous ont permis de lire une belle et émouvante BD.

 

L’Insurrection, tome 1 – note 6.5.10

Marzena Sowa ne nous est plus une inconnue depuis la série Marzi et ses cinq albums aux éditions Dupuis. Elle y raconte, avec son compagnon Savoia au scénario, son enfance dans la Pologne des années 80, en plein communisme.


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Ici, il est encore question de la Pologne. Mais il ne s’agit plus d’autobiographie. Nous sommes en 1944, à Varsovie et les Polonais subissent le joug allemand avec plus ou moins de fatalisme. Dans cet enfer, tous tentent de vivre. Et parmi eux, Edward et Alicja qui s’aiment. Nous allons suivre leur évolution, leur conversation dans cet univers où tout le monde s’épie et les privations sont nombreuses. Les quelques moments de bonheur sont donc des trésors.

Une belle histoire toute en douceur, où les dialogues sont parfois remplacés par les commentaires des personnages dont il faut déterminer l’auteur. Mais tout se fait naturellement, un petit indice ou une évidence à chaque fois vous permet de ne pas vous tromper. Vous entrez ainsi dans l’intimité des gens, dans leur esprit. Ils nous racontent leur existence, dure mais qui a quelques moments de bonheur. Un bonheur fragile qui pourrait facilement être bouleversé. Un malheur semble planer sur tout ceci, mais lequel ? Il faudra attendre le second tome pour le savoir.

 

Fatale – note 7/10

Les adaptations des romans de Manchette continuent avec l’album Fatale, tiré du roman du même nom et adapté par Doug Headline – qui n’est autre que le fils de Jean-Patrick Manchette – et Max Cabanes. Un duo qui a déjà adapté La princesse de sang du même auteur en 2009 et 2011 (diptyque dans la collection Aire Libre).


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Il est encore question ici d’une jeune femme, mais pour le moins fatale, comme le titre l’indique. C’est, en effet, une tueuse professionnelle, méthodique, qui n’a pas réellement de tendresse pour la société dans laquelle elle vit. Elle écume les villes les unes après les autres, s’introduit dans la société bourgeoise, en détermine les failles et les faiblesses avant d’asséner le coup de grâce tout en faisant du chantage. Aimée, c’est le nom qu’elle a choisi cette fois-ci, a choisi la ville de Bléville, une cité portuaire pour ses prochains méfaits. Que ceux qui on des choses à se reprocher fassent attention !

132 pages d’une adaptation splendide dans laquelle on retrouve l’atmosphère lourde et pesante des romans de Manchette. Les sociétés aisées sont décrites sans concessions, avec de nombreuses tares. Quelques personnages hauts en couleur comme le baron Jules, des allusions à la vie précédente difficile d’Aimée qui apportent de la profondeur au personnage et les futures victimes de la tueuse qui n’ont vraiment rien de sympathique. L’atmosphère est nauséabonde, l’héroïne est cynique mais fait preuve aussi d’une certaine fragilité. On ne voit pas le temps passé à lire. Et pour ceux qui connaissent la ville de Dieppe, ils y reconnaîtront certains quartiers.

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