8/10Delcourt : Ulysse 1781

/ Critique - écrit par plienard, le 19/01/2015
Notre verdict : 8/10 - Ulysse 19

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On reprend progressivement une activité normale après les derniers événements tragiques. Et c'est un premier album chez Delcourt.

Je ne suis pas loin de considérer que Xavier Dorison est le maître de l’angoisse  en bande dessinée. Associé à Christophe Bec, ils ont produit une des plus glaçantes série, Sanctuaire, aux humanoïdes associés. Ce fut, pour moi, une révélation. Mais le scénariste est aussi l’auteur de bien d’autres belles séries. À commencer par Le Troisième testament avec Alex Alice chez Glénat, ou Prophet aux humanos – dont le quatrième et dernier tome est paru en avril 2014 chez Soleil – et Long John Silver chez Dargaud, toutes deux avec Mathieu Lauffray.


©Delcourt édition 2015.

Du jour où j’ai découvert Sanctuaire, j’ai su que je suivrais ses auteurs  jusqu’au bout. Et quand un nouvel album et une nouvelle série apparaît avec leur signature, je piaffe d’impatience de les découvrir. Et ma patience est ici récompensée avec la sortie d’Ulysse 1781 aux éditions Delcourt, un remake de l’odyssée du héros antique au pays de l’oncle Sam. À première vue, cela peut paraître étrange, voir incongru, mais quand c’est Xavier Dorison qui s’y colle, on peut y aller les yeux fermés. Remarquez, ce n’est pas facile pour lire une bande dessinée !

Nous sommes à la fin de la guerre d’indépendance. Ulysse McHendricks est une vraie légende. Vainqueur de batailles telles que Montcalm, Litz, Glenncold et Yorktown, il apparaît néanmoins désabusé. Lorsque son fils, Mack, débarque à l’improviste, et lui apprend des nouvelles fort préoccupantes : les vestes rouges, autrement dit les anglais, ont pris New Itakee et retiennent sa femme prisonnière. Il prépare alors son fantastique bateau sur roues et part à toute hâte.

Superbe transposition de l’odyssée d’Homère en Amérique où le personnage principal est un poil tourmenté. Influencé par le célèbre dessin animé, Ulysse 31, diffusé sur France 3, il y a maintenant quelques années, Xavier Dorison campe un personnage presque antipathique au premier abord.
©Delcourt édition 2015.

Un homme rude, démontrant peu d’empathie pour ses confrères humains et pour sa famille en particulier. Les rapports père-fils sont plutôt tendus mais on comprend assez vite qu’il y a une pudeur de sentiments qui empêchent tout dialogue et qu’il ne faudra pas grand chose pour que cela se règle facilement. Mais pour l’instant, il y a plus grave car les voilà embarqués sur un territoire où même les indiens n’osent pas s’aventurer. L’odyssée d’Ulysse McHendricks peut commencer.

Avec aux pinceaux le très talentueux Éric Hérenguel, le dessinateur de la drôlissime série Krän revient dans l’actualité après avoir fait un saut chez Soleil, dans les Légendes de Troy et le diptyque Nuit Safran. On reconnaît volontiers son trait si caractéristique. Mais, ici, il se fait plus mature et plus adulte. Le récit se veut moins drôle, mais il ne fait pas de doute qu’il y a un lien très lointain entre Krän et Ulysse.

L’association Dorison-Hérenguel est plutôt inattendue mais elle forme un bon duo. La qualité des deux hommes est évidente et génère du positif. Je les suivrais donc jusqu’au bout de cette aventure (odyssée ?) et je vous invite à la commencer avec moi.


©Delcourt édition 2015.

 

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