Delcourt - Corum, Solo et Hellboy - Héros et poésie !

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 06/02/2019

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3 héros et 3 mondes où le héros n'est pas juste une héros. Découvrez donc ce qu'ils ont de plus !

Chroniques de Corum 01 – 7,5/10

 
© Delcourt 2019.

 

Commençons cet article avec un tome 1 ! Surtout que nous avons le droit à du beau monde puisqu’il s’agit de l’adaptation d’un roman héroïque de Michal Moorcock par Mike Barry et illustré par Jones Kelley et Monsieur Mike Mignola ! Je vois vos yeux grands ouverts et incrédules. Les plus expérimentés l’ont sûrement compris mais il ne s’agit pas d’un nouvel album de Mignola. Bienvenu en 1987 et cet album condense la première partie des aventures de Corum.

Petit rappel, Corum fait partie d’une grand fresque héroïque écrite par Moorcock. Ses héros sont au cœur d’une lutte entre l’ordre et le chaos et ils sont ce que l’on appelle des « champions éternels ». Rassurez vous, si vous ne connaissez rien à cet univers, vous ne serez pas perdu. Nous retrouvons donc Corum, prince des Vadhaghs, dans sa vie paisible, qui va découvrir que les Magbens ont un planning de destruction très chargé. Dans celui-ci, vous trouvez : détruire tous les Vadhaghs et si possible en les torturant un max ! La horde barbare massacre tout et lorsque Corum, à la différence des siens, décide de riposter, il y perd une main et un œil. Débute alors une quête de puissance, de vengeance mais aussi d’amour. Si certains faits sont clairs, ce qui frappe dans Corum, c’est l’ensemble des nuances de gris de son univers. Corum est le héros, il doit arrêter la folie d’une horde Magben mais pour se faire, il n’hésite pas à se consumer dans la vengeance, la violence et à pactiser avec certaines forces obscures. L’histoire détaille amplement tous les enjeux et toutes les réflexions de Corum et du monde qui l’entoure.

On retrouve dès lors une forme de poésie qui fait écho aux légendes et aux mythes héroïques. Visuellement, nous retrouvons cette dimension même si certains choix de design ont un peu vieillit. Ce qui sera plus difficile à appréhender, ce sera l’action. Les combats et certaines séquences ne seront pas toujours très clairs et parfois le côté esthétique d’une image prendra le pas sur la pertinence du mouvement en lui-même.

Toujours est-il que Corum est un récit prenant et magique qui mérite que l’on s’y attarde.

 

Solo 04. Legatus – 6,5/10

 
© Delcourt 2019.

 

J’adore l’univers d’Oscar Martin. Ce qu’il a créé avec Solo était beau, inquiétant et plein de philosophie au milieu de ce monde dévasté. Après la conclusion du premier cycle, j’étais curieux de voir l’héritier de Solo continuer sa route. Place à Legatus.

Bon, c’est un secret de Polichinelle mais Solo est mort et Legatus, le fils adoptif de Solo est maintenant seul dans le désert ! Le temps a passé et Legatus se demande si la survie est la seule chose qui doit dicter sa vie. Il se rappelle son mentor et il a appris de lui que la vie demande également un but. Legatus en se questionnant, va faire une rencontre puis il va trouver la solution. Il va constituer un groupe qui fera fi des espèces et des races. Un groupe où le tous ensemble est possible. Naturellement, les groupes humains militaristes ne vont pas trop apprécier et ce sera tout le défi de Legatus dans cet album. Les grands moments de réflexion qui ont fait le charme de Solo sont toujours présents et cet album continue de poser des questions intéressantes sur la vie. Au-delà de ça, nous avons l’intrigue général et je regrette le peu d’originalité que prend le récit lors de l’album. En effet, toute ressemblance avec un messie qui débarque dans une ville sainte en faisant des miracles serait fortuite. De même que dans le groupe, le dénommé Félon porte étrangement bien son prénom… Heureusement que la dernière partie de l’album vient offrir quelques axes différents (malgré l’une des dernières pages).

Mais ce tome 4 est la première partie d’un cycle. Laissons donc Oscar Martin nous montrer toute sa vision avant de critiquer. Surtout que visuellement, je suis fan et que j’adore l’univers de Solo. Une première histoire solo pour Legatus mais une histoire que l’on suivra.

 

Hellboy & BPRD 04. 1955 – 8/10

 
© Delcourt 2019.

 

Nous finissons cet article par le grand rouge ! Hellboy continue donc ses aventures dans les années 50 et nous en sommes au milieu de la décennie. Mignola définit les grandes lignes avec Roberson tandis que les illustrations seront signées : Martinbrough (Le Maître Voleur), Rivera (déjà vu sur l’album 1953) et Churilla (déjà vu sur l’album 1954).

Si au départ, nous voyons Hellboy faire des missions ici ou là, nous allons changer petit à petit de perspective lors de la mission dans le pacifique et la balade du professeur en Angleterre. En effet, toutes les pièces du puzzle se mettent en place dans cet album et le BPRD va préparer son passage dans la ligue du dessus. Outre les intrigues à longs termes, nous avons de quoi satisfaire notre désir pour l’action notamment lors de la première histoire de l’album où Hellboy va castagner du démon au Texas. Cet album montre bien le développement de notre héros mais également toute l’importance de cette saga « Hellboy & le BPRD » puisque tout vient s’imbriquer ici.

Visuellement, nous avons du classique Hellboy avec ce graphisme qu’affectionne son créateur. Sauf pour la première histoire où l’on voit le travail de Martinbrough qui vient offrir à Hellboy des jeux de lumières et une dimension qui change un peu. Mettre du classique et du moins classique dans les graphismes d’Hellboy, c’est une excellente idée qui permet d’agrandir la palette du personnage et de continuer à le rendre culte.

Un album qui saura trouver sa place sur les étagères des fans de Mignola, d’Hellboy et même de comics.

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