Delcourt/Soleil : Mausart T2, Cyberwar T2, Le Serpent et la lance T1, Jour J T39, Lulu et Nelson T1

/ Critique - écrit par plienard, le 16/02/2020

Temps de lecture estimé de l'article : 6 minute(s) - laisser un commentaire

C'était encore en 2019, et c'était bien …

Le serpent et la Lance - Tome 1 : Ombre-montagne - note : 9/10

C'est le grand retour de Hub en tant qu'auteur complet après sa série emblématique, Okko, chez Delcourt (dix tomes, terminée en 2015). On avait bien eu le droit à son sens du scénario avec Aslak chez le même éditeur (six tomes), mais son sens du dessin nous manquait. Le revoilà donc, avec une nouvelle culture et un autre continent et toujours son éditeur traditionnel, Delcourt. Après le japon médiéval d'Okko, place au Mexique et à la civilisation aztèque où il y sera question de meurtres en série. Une trame originale dans un univers inédit.


© Delcourt 2020.

 Des corps de jeunes filles momifiées sont retrouvés depuis quelques mois dans la campagne aztèque. Le pouvoir en place entend bien que cela ne s'ébruite pas et charge le haut fonctionnaire dénommé Serpent d'enquêter et d'empêcher par tous les moyens que ces assassinats viennent effrayer la population et ébranler son pouvoir. Mais pour le prêtre Cozatl, ces meurtres rappellent étrangement des rituels que son ordre exerce. Il fait alors appel à son ami d'enfance, Œil-Lance, pour qu'il mène une enquête parallèle. Mais acceptera-t-il ? Car les trois hommes se connaissent depuis l'enfance et de lourdes rancœurs subsistent avec Serpent.

C'est un ouvrage de près de 180 pages qui nous est proposé ici, et on boude pas notre plaisir, d'autant que deux autres tomes sont annoncés pour trouver le coupable de ce meurtres. Mais le récit se limite pas à cette seule enquête. Mélangeant gravité et des moments d'humour, les personnages sont particulièrement bien développés - on s'interroge sur le passé d'Oeil-Lance et sur son aversion pour la ville -, et on est facilement intégré dans l'environnement aztèque au travers des noms alambiqués des protagonistes et des références incessantes aux dieux. Le dessin de Hub est à la fois précis et détaillé, ses couleurs sont impeccables. Mais pouvait-on en douter après Okko ? Un retour réussi.

 

Jour J - Tome 39 : Lune rouge 2/3 - note : 7,5/10

La série uchronique par excellence chez Delcourt se nomme Jour J et a entamé son 39ieme album. Celui-ci est la suite du 37ieme (pour une conclusion dans le prochain tome).


© Delcourt 2020.

 À la manœuvre, le duo des Fred, Duval et Pécau, qui nous emmènent sur la Lune. Nous sommes dans les années 80 et l'astre sélénite est devenu à la fois un goulag et une réserve énergétique pour la planète Terre. La révolution russe a, en effet, conquis l'Europe depuis 60 ans et a investit la Lune. Elle en exploite les richesses - l'hélium 3- à l'aide des prisonniers de droits communs, les zeks, qu'elle envoie là-bas. Parmi eux, Babette Boss, journaliste dissidente, et Félix Ardant, contrebandier contre-révolutionnaire. La première organise une révolution, quand le second entend faire profil bas pour un retour rapide sur Terre. Mais la vie dans ce goulag est soumise aux règles des Vors, des clans de mafia russes.

Qui de mieux que Jean-Michel Ponzio pour décliner un univers carcéral anxiogène ? Son style graphique, très photogénique et cinématographique, donne un ton qui sied particulièrement bien à ce genre de récit. Tout à la fois récit de science-fiction et historique, on craint pour l'intégrité des personnages et on se plaint à croire à ce genre d'histoire. La suite et fin dans le 40ieme tome.

 

Mausart - Tome 2 : Mausart à Venise - note : 6,5/10

La petite souris virtuose de Thierry Joor et Gradimir Smudja, Mausart, se rend à Venise, après une série de concerts et sur l'invitation ?? Pour un ultime concert. Une étape qu'il conte bien mettre à profit en visitant la cité lacustre en pleine période de carnaval.


© Delcourt 2020.

 L'occasion pour Gradimir Smudja de nous montrer son incroyable talent de dessinateur avec des pages riches en détails. On y retrouve la patte d'un Hermann mais version animal et festive. On ne sait trop dire si c'est une invitation à aller de découvrir Venise tant l'intrigue met du temps à venir. Car il y a bien une intrigue qui se dévoilera sur la fin comme si, à l'image des personnes du carnaval, elle avance masquée. Surprenant !

 

Cyberwar - Tome 2 : Chaos - note : 7/10

Alors que le monde tremble à cause du coronavirus, l'autre hantise moderne est celle d'une cyberattaque qui paralyserait un pays voire le monde. C'est l'intrigue de cette série, Cyberwar imaginée par Daniel Pecqueur et dessinée par Denys.


© Delcourt 2020.

 Une équipe des meilleurs hackeurs du monde a été réunie pour déclencher une attaque contre les États-Unis d'Amérique. Le pays se retrouve totalement bloqué, et au bord de la guerre civile. Le président et ses conseillers décident de trouver refuge dans le pays voisin, le Canada. Mais aussitôt le pays hôte est menacé de sanctions et le président des États-Unis n'a d'autre choix que de trouver refuge ailleurs. Mais quelques heures après, on apprend que l'avion s'est crashé. Dans le même temps, les services secrets s'activent pour détecter les terroristes informatiques. Leur piste les mène en Hollande. Aux Etats Unis, par contre, c'est le chaos. Chacun tente de survivre ou de retrouver se proches. Ainsi l'astronaute Nora Parks tente de rejoindre Los Angeles pour retrouver ses enfants, et se retrouve en compagnie d'un homme qui cherche les meurtriers de sa petite amie.

Le récit se déroule sur trois plans pour signifier les différents enjeux qui se jouent à chaque niveau de la société. Ça ressemble à un bon film catastrophe américain où le chacun pour soi prime avant tout. Quelques moments de relations humaines viennent ponctuer l'album et font baisse la tension.

Daniel Pecqueur signe une bonne histoire avec un Denys, le dessinateur, fidèle à ce qu'il a déjà fait (Le Casse-Soul man, La Grande évasion-Fatman, Jour J T20 32 &33).

 

Lulu et Nelson -Tome 1 : Cap sur l'Afrique - note : 7/10

Lulu et Nelson est une nouvelle série de la collection Métamorphose des éditions Soleil. Elle est signée Charlotte Girard et Jean-Marie Omont, deux auteurs ayant travaillés essentiellement pour le cinéma et l'audiovisuel. Pour leur première série, ils ne se trompent pas dans le choix de la dessinatrice, puisqu'ils ont choisi Aurélie Neyret qui a rencontré un beau succès avec Les Carnets de Cerise (5 tomes chez Soleil). Il sera encore question d'une jeune adolescente, Lulu, mais qui va vivre une grande aventure au bout de l'Afrique. Fille de dompteurs, elle a oukours vécu au milieu de fauves et est né en même temps que Cyrus. Mais le malheur va s'abattre à plusieurs reprises sur sa famille. Elle va perdre sa mère lors d'une représentation avec un fauve qui va profiter d'un moment d'inattention pour l'attaquer. Un accident va ensuite mettre le feu aux cages des lions qui vont tous périr. S'en est trop pour son père qui décide de donner une autre vie pour Lulu qui ne rêve que d'une chose, devenir domptrice de fauves, comme ses parents. Elle va alors décidé de trouver des jeunes lions à élever en Afrique du Sudd où règne l'Apartheid.


© Soleil 2020.

 C'est le premier tome d'une série prévue en trois tomes, et qui précède un film d'animation qui doit être prêt en 2021. Les deux formats doivent se compléter, ce qui expliquent peut-être que certains événements ou actions ne soient pas plus développés. reste le dessin d'Aurélie Neyret toujours aussi lumineux et radieux (elle participe aussi au film d'animation). Le récit n'est pas pour autant mièvre et des sujets graves y sont abordés comme la perte d'un être cher ou le racisme avec le régime de l'Apartheid que Lulu va vite comprendre. C'est une belle histoire qui s'annonce.

 


Les couvertures des albums - © Delcourt & © Soleil 2020.

 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse