Delcourt : Reines de sang-Tseu Hi T2, Les porteurs d'eau, Crimes gourmands T2

/ Critique - écrit par plienard, le 20/06/2018

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Une reine chinoise, deux caïds bien innocents et un meurtre en cuisine, c'est le trio de ce jour aux éditions Delcourt.

Reines de sang, Tseu-Hi - Tome 2 - note : 7,5/10

Fin du diptyque de Philippe Nihoul et illustré par Fabio Mantouani sur la reine chinoise, que dis-je, sur l'impératrice Tseu-Hi.


© Delcourt 2018.

 De simple courtisane, elle va devenir impératrice à la mort de l'empereur après l'avoir totalement séduit. N'ayant pas froid aux yeux, prête à tout pour arriver au pouvoir, elle va réussir son objectif avec l'aide de l'eunuque Li Lieng Ying. Ce duo va régner sur la Chine mais la révolte des Taiping va ébranler leur pouvoir. Et ils vont devoir demander l'aide des longs nez (occidentaux).

Cette impératrice n'a rien à envier au plus cruel de ses homologues masculins. Si elle apparait totalement insensible, n'a-t-elle cependant pas un minimum d'affection pour son fils ? L'espace d'un instant on pourra le penser.

Le règne de Tseu-Hi apparait comme celui d'une reine cruelle, cynique, voué à sa seule gloire et à un seul objectif : rester au pouvoir même au détriment de son fils. La complicité de Tseu-Hi et de son conseiller prend ici des allures d'association de malfaiteurs liés par le sexe et leurs origines sociales très modestes. Une revanche sur le passé au détriment de leur nation.

L'excès d'expressions imaginées typiquement asiatiques que s'échangent les deux personnages alourdissent un peu les dialogues. C'est à celui qui fera le meilleur jeu de mots injurieux ou blessant. Ils ont cependant l'avantage de montrer l'extrême tension et la rudesse du pouvoir.

 

Les porteurs d'eau - note : 7,5/10

Deux jeunes d'un club de cyclisme, Jérôme Pignon et Florian Cornu, se rendent à la frontière belge pour récupérer une commande d'EPO. Mais le rendez-vous tourne au cauchemar lorsque les douanes interviennent. Ils parviennent à s'échapper mais ils ont été identifiés et sont maintenant recherchés dans tous le pays, par la police et la mafia qui veut récupérer sa marchandise et son argent . Leur première étape est de trouver refuge chez un ancien coéquipier du père de Jérôme, ancien cycliste mort d'une embolie pulmonaire.


© Delcourt 2018.

 C'est une bande dessinée qui arrive à temps, juste avant le départ du Tour de France, puisqu'il y est question de cyclisme, mais aussi et surtout de dopage. Et le récit, sans vouloir être une enquête sur le milieu du cyclisme et de ses travers, est un témoignage à charge contre ce sport. Construit comme une succession d'étapes - pour bien rester dans l'ambiance - les deux jeunes hommes ne sont pas réellement des dopés. Jérôme Pignon aspire à devenir Pro, à l'image de son père ancien coureur, et compte prendre quelques produits le temps de se faire remarquer. Florian Cornu, lui, n'a pas d'ambition dans le vélo. Issu d'une famille modeste, il espère se faire un peu d'argent facilement en revendant les produits, ce qui lui permettra de continuer ses études.

On n'est pas là  avec des caïds de la drogue ou des ambitieux maladifs qui veulent réussir à tout prix. Ils cherchent juste à provoquer un petit coup de pouce du destin, ce qui les rend éminemment sympathiques, bien qu'un petit peu sots. Malheureusement, une fois que l'engrenage s'est emballé, ils se retrouvent dans une histoire qui les dépasse.

Une bonne histoire de Fred Duval, qui se déroule dans un univers qui ne trompe plus personne. Les amoureux du vélo se plaindront peut-être que leur sport préfér est une nouvelle fois stigmatisé, mais il n'y a plus que quelques crédules pour croire encore en la propreté du sport. Nicolas Sure (T2 de la série Détectives) offre un dessin clair, sans fioriture, suffisamment expressif pour ne pas s'offusquer de quelques traits malhabiles.

 

Crimes gourmands - Tome 2 : Un cadavre en toque - note : 9/10

La série Crimes gourmands est adaptée des romans du même nom de Noël Balen et Vanessa Barrot dont quatre sont déjà parus aux éditions Fayard. Personnellement, je ne connais pas les romans, mais l'adaptation qui est faite ici (on en est déjà au second volume) donne une réelle envie de lire les romans et est en tout cas une belle vitrine et une belle réussite. On y suit les enquêtes de Laure Grenadier, journaliste culinaire, dans le milieu de la gastronomie.


© Delcourt 2018.

 Celle-ci est en train de boucler le dernier numéro de son magazine sur les marchés parisien quand elle apprend le meurtre de son ami, le chef étoilé, Julien Villedieu. Par respect pour l'équipe composant la brigade de son ami, elle vient leur présenter ses condoléances. Ceux-ci n'hésitent pas à lui faire part de leurs états d'âme. Un choc pour Laure, qui ne reconnait pas la description qui lui est faite de son ami Julien Villedieu.

Cette seconde adaptation est un pure réussite de JL Raven. On plonge tout de suite dans l'ambiance avec Laure qui est éminemment sympathique et qui réussit à faire parler les gens sans qu'ils s'en rendent réellement compte. Son empathie et sa sincérité sont réelles et parfaitement décrites par les textes mais aussi par le dessin de Denis Chetville. Un trait merveilleux, précis et détaillé. J'ai rarement autant apprécié les décors pour les scènes dans les rues parisiennes et il nous offre quelques belles vues de Paris impressionnantes. Le personnage de Laure a quelques faux airs de Lady S, et à l'exception de la scène de la douche du début qui n'apporte pas vraiment de plus et fait un peu racoleur, l'album est un pur bonheur à déguster sans modération.

 


Les couvertures des 3 albums - © Delcourt 2018.

 

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