Delcourt : Frédégonde T2,Sillage T19, 14-18 T6

/ Critique - écrit par plienard, le 28/10/2016

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Une reine implacable, Nâvis qui joue avec le temps et la belle série sur une sale guerre.

Les reines de sang – Frégégonde la sanguinaire – volume 2/2 – note : 6.5/10

La revue historique des éditions Delcourt par le prisme des reines charismatiques continue avec le 2eme volume de Frédégonde qu’on surnomme la sanguinaire. Vous comprendrez facilement pourquoi elle a hérité de ce surnom rien qu’à la lecture de ce nouveau tome. Par soif de pouvoir et par jalousie elle va, ni plus ni moins, faire assassiner tous les rois, reines et princes qui pourraient se mettre entre elle et le trône. Elle est aidée en cela par son mari le roi mérovingien Chilpéric 1er qui se laisse berné et mené par le bout du nez. Sa plus fidèle ennemie est la reine Brunehaut qui le lui rend bien.


©Delcourt édition 2016.

Ce conflit historique frise parfois la démesure. Si on ne savait pas que tout cela c’est malheureusement déroulé on pourrait penser que la scénariste Virginie Greiner a une imagination débordante. Cette reine pourrait faire pâlir les monarques du trône de Fer et sait profiter de la moindre occasion pour garder le pouvoir pour elle et son fils. Le récit est mis en valeur par le dessin d’Alessia de Vincenzi qui signe ici sa première publication de fort belle manière. Un style réaliste et académique, sans fioritures qui manquent parfois de détails mais qui a un réel talent à exprimer les sentiments au travers des visages et de certaines attitudes.

 

Sillage – Tome 19 : Temps mort – note : 7/10

Alors que Nävis et ses compagnons ont échappés à maintes reprises à la mort, et aux pires tueurs de l’univers, ils ne vont pas faire le poids devant une armée de machines. Et oui, je vous annonce bel et bien la mort de Nävis, Bobo, Juliette, Yanno le fils de Nävis qui aura le mot de la fin « je peux tout quand même pas mourir face à des machines ». Et pour comprendre comment on en est arrivé là, il vous faudra parcourir les 48 pages de l’album.


©Delcourt édition 2016.

Jean-David Morvan et Philippe Buchet font ce que beaucoup aurait voulu faire mais qu’ils n’ont jamais osé : tuer leurs personnages ! Bon, ne soyons pas dupes, il y a bien une petite astuce. Et le fait que Nävis & Cie veulent sauver les deux derniers survivants des Jeeossigans, les seuls êtres capables de maîtriser le temps, nous laisse présager une fin plus heureuse. On va donc remonter la trame du temps au fil des pages pour nous dévoiler un nouveau complot au sein des élites. On commence d’ailleurs à ne plus savoir quoi en penser avec tous ces complots au fil des albums. Mais les auteurs nous réservent une autre surprise avec Nävis qui dévoile une nouvelle facette de sa personnalité.

 

14-18 – tome 6 : La Photo (août 1916) – note : 7.5/10

Cela fait maintenant un siècle que cela s’est passé  et cette guerre reste gravée dans notre imaginaire. Mais pour combien de temps encore. Le dernier poilu mort – Lazzare Ponticelli est en mars 2008 – il ne reste plus personne pour se souvenir. Si elle fut traumatisante par son côté absurde et le jusqu’au-boutisme de ses généraux, elle ne le fut sans doute pas assez puisqu’il faudra attendre la seconde guerre pour montrer toute l’horreur ultime et opérer un déclic dans la population européenne. Mais combien de temps encore ? Dieu seul le sait.


©Delcourt édition 2016.

Certains auteurs, certaines œuvres, heureusement, nous rappellent l’horreur de la grande guerre afin qu’on n’oublie pas. Si Jacques Tardi est la figure incontournable du 9ème art sur ce conflit, d’autres artistes méritent aussi d’être remarqués ou honorer pour leur travail. Eric Corbeyran et Etienne Le Roux sont de ceux-là. Leur série 14-18 – débutée en 2014 avec une fin prévue en 2018 après dix albums – suit 8 amis d’un même village envoyé à la guerre et montre leur évolution, leur relation, leurs états d’âmes. Il en ressort beaucoup d’émotion sur les rapports humains – les femmes des soldats sont une partie prenante du récit –. Mais la série n’oublie que ce conflit a été particulièrement sanglant et l’un des huit va être particulièrement touché.

L’armée française est sur le point d’engager les chars dans le conflit. Mais le premier essai n’est pas très convaincant car le tank tombe en panne. Louis tente alors de le réparer. Pendant ce temps, sa femme se rend compte que les lettres qu’il lui envoie ne sont pas de lui et elle commence à se poser des questions.


Les couvertures des 3 albums - ©Delcourt édition 2016.

 

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