Delcourt : Reines de sang - Cléopâtre & Aliénor

/ Critique - écrit par plienard, le 06/10/2017

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Si Cléopâtre est sans doute la plus célèbre des deux, les six tomes consacrés à Aliénor dans la collection Reines de sang de Delcourt prouvent que cette dernière à marquer l'histoire.

Reines de sang - Cléopâtre, la reine fatale - note : 6,5/10

La série s'ouvre un peu plus à l'international avec l'égyptienne Cléopâtre, deuxième reine étrangère après la chinoise Tseu hi. Et c'est sans doute l'une des plus célèbres.

À l'instar des autres reines, l'égyptienne ne dénote pas et fait preuve d'une fameuse arrogance et de cynisme. Si certaines l'ont appris à leur dépens et acquis dans l'exercice du pouvoir, on sent ici, dans ses actions et ses comportements, qu'elle a naturellement ces "qualités" en plus d'une haute estime de soi. Elle est "la grande maîtresse de la perfection, la déesse aimée de son père". Au point qu'elle déteste son frère cadet, Ptolémée XIII Philopator et ne cesse de vouloir le ridiculiser et le rabaisser. Une haine que le jeune souverain lui rend bien.


© Delcourt 2017.

 Jeux de pouvoirs, mesquineries, le pouvoir égyptien est comme les autres : l'enjeu de nombreuses convoitises. Ici, les auteurs, Thierry et Marie Gloris présentent en plus une vision extrêmement sensuelle de cette reine pour laquelle le plaisir prend une part importante. Le dessinateur, Joël Mouclier, qui a déjà signé d'autres albums avec Thierry Gloris (les trois tomes de Méridia, Champs d'honneur - Camerone) éprouve pourtant une certaine gêne à montrer quelques sexes. Ainsi, des bras ou des mains viennent cacher l'immontrable dans des positions pas toujours naturelles.

Cette vision extrêmement sensuelle n'est pas des plus intéressantes mais prend une place importante. Et si dans Astérix, on s'émerveille sur son nez "qu'elle a joli d'ailleurs", on peut dire qu'il n'y pas que cela.

 

Reines de sang - Aliénor, la légende noire - Tome 6 - note : 7,5/10

Le fabuleux destin de la reine Aliénor prend fin avec le sixième tome qui lui est consacré aux éditions Delcourt. Reine de France, puis reine d'Angleterre, son destin est incroyable et ne doit rien au hasard pour ainsi dire. Et si elle nous est apparue capricieuse et égoïste au début de son règne, c'est une toute autre femme qu'on découvre ici, plus subtile.


© Delcourt 2017.

 Dans ce dernier tome, on la retrouve à l'abbaye de Fontevraud où elle finit ses derniers jours. Son mari, le roi d'Angleterre, y est enterré. Deux hommes viennent la voir et veulent terminer ses mémoires. Elle se remémore alors son règne d'Angleterre, ses débuts si heureux en harmonie avec Henri, et la suite plus difficile, en conflit constant avec lui. Celui-ci va vite tourner au tyran et Aliénor va devoir lutter pour garder une partie du pouvoir, dans un seul but : mettre ses enfants sur le trône.

Les auteurs - Arnaud Delalande et Simona Mogavino pour le scénario, Carlos Gomez pour les dessins - arrivent à nous faire changer d'avis sur cette reine qui a pourtant provoqué bien des malheurs. On prendrait même sa défense face à la muflerie et les trahisons qu'elle subie de Henri. Elle va œuvrer non plus pour son plaisir personnel mais pour la défense des intérêts de ses enfants, au point qu'elle va monter ses fils (Henri, Richard) contre leur propre père qui, il faut bien l'avouer, devient un véritable despote.

Et ce sixième album a aussi ceci d'intéressant qu'il met en lumière la dynastie qu'elle a créée : Henri, Geofrroy, Richard et Jean vont eux aussi faire leur propre légende.

Un dernier point sur le merveilleux dessin de Carlos Gomez qui a su faire évoluer son Aliénor, de sa jeunesse à sa vieillesse de manière subtile et efficace.

Aliénor est la seule reine de sang qui aura eu droit à six tomes ! Et à la lecture de ceux-ci, on comprend bien pourquoi. Elle est maintenant le fer de lance de cette collection.


Les couvertures des deux albums - © Delcourt 2017.

 

 

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