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7.5/10Polaris ou la nuit de Circé

/ Critique - écrit par Maixent, le 03/02/2019
Notre verdict : 7.5/10 - Eros oeuvre d'art (Ecrivez votre critique)

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Un érotisme subtil par le jeu et l'intellect.

Dans une société littéraire au fait des différentes sexualités, difficile de jouer la carte de l’originalité et de mettre en place un récit prenant sans pour autant ressasser les mêmes codes. En liant jeux littéraires, artistiques et érotiques, Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval réussissent pourtant le pari. Et si dans le premier temps on est un peu rebuté par une forme par trop intellectualisée de la sexualité réservée à une élite sapiosexuelle aux références obscures, on est vite pris dans l’aventure.


Polaris

 

Le fil rouge de tout ce récit, ou plutôt de cette enquête, s’incarne dans la personne de Jeanne. Simple flic compartimentant hermétiquement vie privée dissolue et vie professionnelle, son destin bascule lors d’une enquête de routine. Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement. On découvrira très vite qu’il s’agit d’Elise, membre d’un cercle mystérieux plaçant l’art et l’érotisme au centre de ses actions. Le lecteur suivra dès lors les deux histoires en parallèle, celle de Jeanne pendant l’enquête et celle d’Elise au sein du cercle, jusqu’à ce qu’elles se rejoignent. Mais le personnage central reste Polaris, incarnation divine d’une sexualité oulipienne, ancienne prostituée qui a donné vie au cercle de Circé et dont l’ombre inquiétante et excitante plane sur l’ensemble des membres.
La sexualité mise en scène

 

Si la construction du récit est assez simple, suivant la structure du polar, c’est dans la tension et la réinterprétation du sexuel qu’il puise son originalité .Comme le dit Capucine Moreau, fondatrice de l'école Capucine,  sexologue et consultante lors de la rédaction de Polaris, ce roman graphique permet surtout de changer le regard sur l’érotisme. Les auteurs, par la mise en image, la réflexion et la mise en place de jeux érotiques intelligents font acte politique en prenant position et en redonnant à l’érotisme plus de puissance dans une société qui l’appauvrit soit par la performance soir par la banalisation. On dépasse ainsi la simple notion de récit pornographique à vocation masturbatoire, même si les scènes représentées le sont sans aucun tabou et avec beaucoup de sensualité pour accéder à une prise de conscience et une réflexion à même d’interroger le lecteur sur ses propres choix et mode de vie.

Un ouvrage trouble et troublant aux limites floues, comme  une sexualité fantasmée ou une expérience forte qui ressort parfois dans nos mémoires et nous donne un frisson de plaisir.
Scène de crime

 

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