Delcourt : La nef des fous T8, Soleil froid T2, L'homme de l'année T12, Sept macchabées

/ Critique - écrit par plienard, le 21/10/2017

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Le retour d'une série emblématique, deux autres bien installées et confirmées et une quatrième qui commence chez Delcourt.

Soleil froid - Tome 2 : L-N - note : 7,5/10

Un contexte de fin du monde, un solitaire qui disserte sur les événements qui ont amené à la situation dans laquelle se trouve la population mondiale : disparue à 90% à cause d'une grippe transmise par les oiseaux et surnommée "la grande peste", c'est l'univers proposé par cette série aux éditions Delcourt.

Dans ce second tome, Jan, le personnage principal rejoint une communauté à Lyon, espérant pouvoir y faire une pause. Elle sera finalement de courte durée. Mais qui peut bien lui en vouloir à ce point ? Comment ont-ils fait pour le retrouver aussi vite ? Mais est-il vraiment la cible ?


© Delcourt 2017.

 Jean-Pierre Pécau et Damien ont imaginé un monde post-apocalyptique finalement assez crédible avec une épidémie tout à fait plausible. Alors qu'on enchaîne les scandales aux oeufs contaminés, après la grippe aviaire dans les élevages du Sud-Ouest et qu'on a encore en tête celui de la vache folle, et du cheval à la place du boeuf dans les plats cuisinés, le postulat des auteurs nous apparaît plus que plausible d'autant que dans ce tome, il est question d'une épidémie qui ne serait pas totalement naturelle. Une théorie du complot en quelque sorte.

Un personnage au cynisme inquiétant, qui n'hésite pas à flinguer femme et enfant non plus, il y a mieux comme héros mais c'est l'époque qui veut ça ! D'autant que le lecteur ne s'en émeut pas plus que cela. Serait-on aussi cynique que lui ? La tension monte encore d'un cran dans ce deuxième tome et ne devrait pas baisser dans le prochain.

 

La nef des fous - Tome 8 : Disparition - note : 8/10

Après huit ans d'absence, Turf revient avec sa nef des fous et un tome 8 qui ne décevra pas les fans de la série et de l'auteur.

Le sergent Bonvoisin retrouve Baltimore afin de le rengager dans la police pour une enquête de la plus haute importance. La reine Ophélie a disparu ! Pourquoi ? Comment ? Rien n'est sûr mais le principal suspect est le fameux magicien Hidinou qui donnait une représentation devant la majesté avant que la lumière ne s'éteigne mystérieusement. Mais lorsque la lumière fut, la reine ne fut plus là !


© Delcourt 2017.

 Ce tome 8 entame un nouveau cycle en trois albums. Le talent dans les dialogues, le dessin si pointu sont toujours bien présents, ce qui fait qu'on se régale à chaque page. Le côté totalement fou de l'univers proposé et la désorganisation apparente (mais simulée) du scénario en mélangeant les différents débuts de l'histoire met le lecteur au courant : rien n'est organisé et cette enquête ne sera pas  une enquête habituelle. Les fans de la série s'en doutaient déjà. Ceux qui auraient le bonheur de seulement le découvrir y prendront un plaisir avouable. Et s'ils étaient sous le charme, l'intégrale des quatre premiers tomes sera disponible en même temps.

 

L'homme de l'année - Tome 12 : 1927 - note : 7,5/10

Le douzième album de la série L'Homme de l'année, aux éditions Delcourt, est un hommage au film Métropolis et à son réalisateur Fritz Lang. 1927 est l'année de la première préentation de ce film culte, le plus cher du cinéma allemand.

On suit les embûches que le réalisateur autrichien a dû affronter et notamment le complot des nazis pour empêcher le film. L'actrice vedette, Brigitte Helm, une ancienne dactylographe, est ainsi victime d'une tentative d'enlèvement, alors que Fritz est accusé d'avoir tué sa première femme.


© Delcourt 2017.

 Si la série est censée suivre "les pas d'anonymes", on passe un peu à côté du sujet, même si Brigitte Helm peut remplir ce rôle ou encore l'homme de l'ombre nommé Travens mais qui semble plus fictif.

Malgré cette petite réflexion, l'album est captivant et montre à la fois les manoeuvres nazies mais aussi la difficulté du tournage et un Fritz Lang aux exigences parfois dictatoriales. Métropolis annonce la terrible période qui va suivre, et l'album joue sur ce sentiment tout au long.

 

 

Sept (saison 3) - Tome 21 : 7 macchabées - note : 7/10

Fin de la troisième saison avec un sujet qui pourraient apparaître comme "à la mode" s'il n'avait été traité, ici, avec autant d'intelligence et hors des sentiers battus habituels.

C'est la compétition entre l'Angleterre et l'Allemagne pour atteindre le pôle Sud. Si l'Allemagne est en train de gagner la course à l'armement, l'empire britannique ne compte pas se laisser damer le pion pour la conquête de la dernière terre vierge de la planète. Ainsi un sujet de sa gracieuse majesté a trouvé le moyen de faire revivre un poney décédé d'une crise cardiaque. Aussi aberrant et repoussant que cela puisse paraitre, les autorités acceptent de monter une expédition d'hommes "fraichement morts", pour la gloire de l'empire britannique.


© Delcourt 2017.

 Ce n'est ni plus ni moins qu'une histoire de zombies,revue et corrigée par Henri Meunier (au scénario) et Étienne Le Roux (au dessin). Et si on croit d'abord à une course contre la montre entre deux pays, on se rend compte, petit à petit, qu'on va suivre le parcours quasi-impossible (pour un être humain) de ses sept morts-vivants. Chacun ayant une histoire, on va découvrir leur secret, leur mort, et peut-être leur rédemption. On est loin du cliché du zombie sans cervelle, sans états d'âme, à juste vouloir croquer son prochain. Au point qu'on en oublie leur véritable état.

On regrettera peut être de ne pas avoir plus creusé en avant les histoires personnelles de certains d'entre eux. Mais honnêtement, des macchabées comme cela, on en voudrait plus souvent.


Les couvertures des 4 albums - © Delcourt 2017.

 

 

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