Delcourt : La montagne invisible, Cléopâtre T2, Jour J T35

/ Critique - écrit par plienard, le 21/12/2018

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L'histoire revue et corrigée par les auteurs de Delcourt.

La montagne invisible - Tome 1 : Le disque de Kailash - note : 7,5/10

C'est une bande dessinée qui risque d'en étonner plus d'un que ce diptyque annoncé de Makyo, Frédéric Richaud et Leomacs. Une histoire de nazis, de légende millénaire et de scientifique juifs, on a tous les ingrédients pour un album déjà vu, déjà lu et de série Z.


© Delcourt 2018.

 

Et pourtant, dès les premières pages, on est totalement happé par le scénario mélangeant réalité sociale, historique et une pointe de mystérieux apporté par la légende d'un disque d'argile millénaire. À aucun moment, on a un doute sur les personnages et l'intrigue. On se laisse emporter par le récit de Makyo et Frédéric Richaud, mais aussi par le dessin énergique et réaliste de l'italien Leomacs.

Zacharie Kahn est un ancien boxeur, braqueur de banques avant de reprendre sa vie en main et de devenir conférencier en philosophie. Il rencontre Nina Grüber, une allemande dont il tombe amoureux. Un soir, en rentrant chez lui, ils se font attaquer par une bande de skinhead. Nina prend une balle en pleine tête qui la plonge dans le coma. Zach est salement amoché et apprend par la police que celle qu'il aime lui a caché un passé de néo-nazie. Il décide d'en apprendre un peu plus sur elle et comprendre comment lui, un juif, et elle, une néo-nazie, ont pu tomber amoureux. Il va devoir remonter dans leur passé respectif ce qui va l'amener à rencontrer le leader du NPD allemand (parti neo-nazi) et à devoir retrouver son père chirurgien qui a récemment disparu de la circulation.

 

Reines de sang, Cléopâtre, reine fatale - Volume 2 - note : 8/10

C'est sans doute une des reines les plus célèbres au monde, et dont l'idylle avec César a traversé les siècles. Incarnée au cinéma par Elizabeth Taylor, alors qu'en BD celle qui reste dans nos mémoires n'est autre que celle d'Uderzo et Goscinny, et quel nez !


© Delcourt 2018.

 

Ici, on est loin de l'humour d'Astérix ou de la grandiloquence hollywoodienne. On se rapproche plus de l'exactitude historique avec cette série, Reines de sang, qui marquera, sans doute, l'histoire de la bande dessinée par son exactitude et sa précision.

Dans ce deuxième tome sur Cléopâtre (quatre sont prévus au total), la complexité du personnage prend ici toute son envergure. Convaincue d'être d'essence divine, elle interprète ses rêves comme des prédictions. Si elle apparaît colérique et peu prompte à la négociation - au point de faire supprimer son frère Ptolémée II - on la découvre d'une grande érudition et prête à philosopher d'égale à égale avec Cicéron. Mais elle n'en reste pas moins une reine et entend bien se faire traiter comme telle. D'autant qu'elle est maintenant la mère du fils de César.

Si on était resté circonspect après le premier tome sur la vision trop sensuelle de cette reine, ce deuxième tome vient remettre les pendules à l'heure et montre une reine complexe dans un univers politique qui ne l'est pas moins.

 

Jour J - Tome 35 : Les fantôme d'Hispaniola - note : 8/10

Jour J est une série de récits uchroniques, ça tout le monde commence à le savoir. Les auteurs, Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, se font un malin plaisir à ré-écrire l'histoire à partir de faits historiques véridiques et d'hypothèses plausibles. Le fameux "et si …" ! Les deux compères s'amusent ainsi depuis 35 albums. Et ils ont, cette fois, revu l'histoire de Toussaint Louverture, un homme politique français d'origine afro-caribéenne qui joua un rôle important dans la révolution haïtienne.


© Delcourt 2018.

 

Toussaint de Bréda va être envoyé en France pour "tenir compagnie" aux prisonniers dans les prisons françaises. Mais une équipe de sauvetage va venir le délivrer. À sa tête, un irlandais, Walker O'Reilly, qu'un rite vaudou a désigné pour libérer Toussaint.

Le lecteur n'est pas toujours au fait de la réalité historique et il est parfois difficile de déterminer le faux du vrai dans les albums Jour J. Mais cela n'empêche pas de lire une histoire passionnante, comme ici, et tout au plus, on rate l'intérêt de voir la réalité déformée. On peut quand même se rendre compte que la libération de Toussaint va entraîner toute une partie des nègres d'Amérique à vouloir se libérer de l'esclavage. Ici complot politique et magie vaudou vont s'entremêler ce qui va particulièrement surprendre le lecteur. Et si on se laisse facilement prendre par cette histoire de conflit racial, la convergence des intérêts entre nègres et indiens peut rappeller le conflit social des gilets jaunes par certains aspects comme une convergence d'intérêts qui ont uni de nombreuses personnes. Alors Jour J, BD d'anticipation uchronique? Côté dessin, Dim D fait le job. On lui reprochera juste un cigare en lévitation entre deux doigts (p35).

 


Les couvertures des 3 albums - © Delcourt 2018.

 

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