Delcourt : La malédiction du pétrole, Les oiseaux se retournent pas

/ Critique - écrit par plienard, le 26/11/2020

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

La vie n'est toujours très drôle. on s'en aperçoit maintenant. Mais ce la pourrait être pire (?).

Les oiseaux ne se retournent pas - note 6/10

Le problème des migrants est un sujet qui focalise beaucoup l'attention et inspire des artistes qui ont la volonté de nous alerter ou de dénoncer des situations indignes.


© Delcourt 2020.

 

Nadia Nakhlé est une artiste engagée. Autrice, dessinatrice, réalisatrice,  elle raconte ici l'exil d'une jeune fille, Amel, fuyant son pays en pleine guerre civile. Ses parents organisent son départ, mais ils ne pourront pas l'accompagner et vont la confier à leurs voisins avec une fausse identité. Mais rien ne se passera comme prévu. Et très rapidement elle va se retrouver seule. Elle va cependant croiser un jeune musicien de Oud, Bacem, avec qui elle va trouver un peu d'aide. Mais Bacem a un lourd secret.

C'est un récit poétique que nous invite à découvrir l'auteur. Si le traitement avec l'omniprésence du noir n'est pas sans rappeler le Persepolis de Marjane Satrapi, on n'est pas dans la biographie. On est ici plus dans la poésie, avec une certaine mélancolie. L'œuvre est d'ailleurs parsemée de référence à des poètes persans comme Farid Ud Din Attât et une iconographie très orientale.

Le récit est foncièrement triste mais jamais misérabiliste. Si l'histoire est sombre, rendue par le noir profond des images, le graphisme et le dessin apportent de la beauté qui contraste avec la noirceur du récit. Quelques touches de couleurs, de-ci de-là, accentue encore ce contraste.

Un album profond qui m'a un peu échappé de par ma méconnaissance de la culture orientale. Si on ne peut pas être insensible à l'exil d'Amel, la poésie ne m'est apparue que par les dessins. Il m'a manqué celle des textes. Un album qui devrait plaire aux férus de poésie et encore plus à ceux de la culture persane ou orientale.

 

La malédiction du pétrole - note : 6/10

Cet album est paru avant le confinement. Mais attention, pas le second, le premier ! Le 04 mars très exactement, aux éditions Delcourt.


© Delcourt 2020.

 

L'album est de Jean-Pierre Pécau. Mais on est loin de ce qu'on a l'habitude de lire dans ses albums. On est ici plus dans l'enquête de journaliste, dans un format de roman graphique. Le sujet, vous l'aurez compris en lisant le titre, concerne le pétrole. Devenu indispensable dans notre vie de tous les jours, Jean-Pierre Pécau, avec des dessins de Fred Blanchard, retrace 150 ans d'Histoire sur le pétrole, de sa découverte jusqu'à nos jours. Comment cette ressource censée être épuisable à terme voit sans cesse de nouvelles réserves apparaître alimentant toujours un peu plus notre la dépendance, retardant la possibilité de changer d'énergie et aggravant la pollution et le réchauffement climatique.

Si le sujet n'est pas forcément emballant, si la couverture n'est pas franchement sexy, les auteurs maîtrisent leur sujet et savent donner de l'intérêt et ont le sens du dramatique. D'abord réticent à lire le livre, on se laisse prendre par le sujet, on apprend plein de choses et on s'étonne des révélations et des évidences qui nous sont faites.

Pas sûr que le livre vous aide à trouver le monde plus agréable à vivre, mais peut-être peut-il servir à déclencher une réaction.

 


Les couvertures des 2 albums - © Delcourt 2020.

 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse