Delcourt : Happy birds, Rentre dans le moule

/ Critique - écrit par plienard, le 21/09/2017

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Happy bird - note : 6/10

Si le jeu Angry birds© a fait jouer des millions de personnes et généré de nombreux produits dérivés, il est source aussi d'inspiration pour Lewis Trondheim. Si dans un premier temps, on peut craindre l'utilisation de ces oiseaux, la signature de Lewis Trondhein apporte un gage de qualité qui ne se dément pas ici.

© Delcourt 2017.

 On est, cette fois, loin des stupides volatiles balancés contre des cartons ou des échafaudages pour éclater des cochons. Pekko (le personnage principal) n'est sans doute pas plus intelligent que les fameux oiseaux, mais il est bel et bien accro au jeu au point qu'il n'a pas vraiment de vie sociale. Mais lorsqu'il apprend que Rovio, l'éditeur du jeu, recrute, il n'hésite pas une seconde. Pouvoir joindre l'utile à l'agréable, quel pied ! Mais s'il commence "en haut de l'échelle", il faut bien le prendre au premier degré !
Paru initialement sous forme de strips dans le Journal de Spirou pendant deux ans, ce sont bien les éditions Delcourt qui propose cet album au format à l'italienne qui convient bien au strip mais qui est un calvaire à ranger dans une bédéthèque digne de ce nom.

Si on peut douter de l'effet comique des angry birds, il est indéniable que le talent de Lewis Trondheim ne se dément pas. Il va faire de son personnage, un Gaston Lagaffe 2.0 qui va connaître une gloire insolente et totalement imméritée.
C'est drôle, parfois caustique (sur le capitalisme). Le dessin de Hugo Piette n'est pas le meilleur du monde, mais il va à l'essentiel. Il sait montrer des émotions avec un dessin parfois minimaliste. Cet album est au final une bonne surprise.

 


Rentre dans le moule - note : 5/10

Jean est un gars des Arts et Métiers. C'est même un "Gadzart". Cette période étudiante mais enrichissante, voire traumatisante, ressurgit alors qu'il vient de trouver un vrai boulot, grâce à un ancien "gadzart". Et puis, il y a l'arrivée prochaine d'un bébé qui ajoute au stress ambiant. Une période de la vie ou beaucoup de choses se bousculent et plongent Jean dans un questionnement personnel : A-t-il renier ses idéaux ? Doit-il suivre la route toute tracée qui se présente à lui ? Aura-t-il le courage de prendre un autre chemin ?


© Delcourt 2017.

 Jean est de retour pour un nouveau récit instropectif après Un vrai boulot (2015, chez Delcourt). Réalisé par Le Cil Vert, lui-même ingénieur des Arts et Métiers, cet album résonne comme une autobiographie. Mais pas que. Car il contient des questionnements que beaucoup de gens se posent à un moment de leur vie. Et en particulier lorsqu'un heureux événement va se produire. C'est souvent le moment de se remettre en question.

Faut-il rentrer dans le moule ? Tout cela va amener le narrateur (auteur ?) à se rappeler ses années étudiantes, aux Arts et Métiers. Sans doute la partie la moins intéressante, pour ne pas dire pire. Il revient sur la période d'intégration des premières années, mais aussi sur l'ostracisme qui peut y régner si vous n'adhérez pas à la philosophie "gadzart".
Une critique des écoles d'ingénieur ? Peut-être. Mais si le lecteur fait l'effort de passer cet écueil, il va vite tomber sur la meilleure partie du livre : les relations dans son couple, le chamboulement de l'arrivée du bébé. Vous l'aurez compris, c'est la partie que j'ai préférée. Il faut attendre la fin de l'album mais les sentiments qui y sont exprimés sentent bons le réalisme et la vérité.


Les ouvertures des 2 albums - © Delcourt 2017.

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse