Delcourt : La gloire d’Albert, Anticyclone

/ Critique - écrit par plienard, le 20/05/2015

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Deux albums d’Étienne Davodeau parus en avril 2015 (une réédition et une nouveauté) et constituant le triptyque un monde si tranquille. Le troisième album « ceux qui t’aiment » paraîtra au mois de mai 2015.

La gloire d’Albert – note 7/10

Albert Colin a une vie plutôt banale. Marié, deux enfants, ce n’est pas un foudre de guerre. Ce serait plutôt ce qu’on appelle un beauf, comme a su si bien le dessiner Cabu. Militant pour un parti d’extrême droite, il s’est investi en tant que figurant dans un spectacle de son et lumière qui sert de vitrine au parti « Traditions et convictions ». Et c’est au soir d’une de ces représentations que Philippot, un des fondateurs du parti, va trouver la mort sur la route. Un banal accident de la route ? Pas vraiment, car Albert suivait l’homme politique et a aperçu deux anarchistes !


©Delcourt édition 2015.

Cet album date de 1999 et il reste d’actualité dans la description qui est faite de la vie de ces petites gens de province. On pourrait aussi faire un triste parallèle avec la montée de l’extrême droite avec notamment le personnage de Philippot qui, coïncidence amusante – quoique l’extrême droite n’a rien d’amusante – a le même nom de l’actuel n°2 du FN. Cependant ce serait une erreur de croire que le sujet de l’album concerne l’extrême droite. Elle sert de contexte au fait divers qu’Étienne Davodeau met en image. Un homme sans intérêt qui va assouvir son besoin de reconnaissance de manière assez tragique.

On est loin de vivre des rebondissements retentissants dans cet album. Si on devait (encore) faire un parallèle cinématographique, on serait dans un film de Chabrol plutôt que dans un film de Tarantino. La comparaison peut paraître élogieuse, mais elle n’est pas surfaite.

 

Anticyclone – note 7/10

Second volet de la trilogie « Un monde si tranquille » d’Étienne Davodeau, on va suivre cette fois Nina, une jeune femme qui travaille dans une entreprise de transport en commun. Si pour son père et sa fille, elle parcourt l’Europe en tant qu’affréteuse, la réalité est moins rose. Elle est à deux doigts de se faire virer. Surnommée « grande gueule » par ses collègues, elle est technicienne de surface et va devoir batailler pour sauver son job, quitte à enlever son directeur des ressources humaines ?


©Delcourt édition 2015.

Davodeau est le roi des histoires sur des gens simples dont le quotidien bascule. On peut facilement s’identifier à travers la vie de ces personnages, qui sont souvent dans le malaise social. Ici, on va suivre la course contre la montre de Nina : sauver son job par tous les moyens ! et puis chacun reprend ses esprits, tout se calme avant de finir en tragédie.

C’est passionnant. Le trait de Davodeau a ce côté imparfait – on n’est pas dans la minutie de la ligne claire – qui correspond à ses personnages qui doutent et qui souffrent. Mais en même temps, il y a de l’humanité dans les personnages et dans l’histoire. On est dans le thriller social, presque dans la vraie vie avec ce qu’elle a parfois d’injuste.

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