7/10En falsh - Tome 1 : On est là

/ Critique - écrit par plienard, le 08/06/2020
Notre verdict : 7/10 - Faussement comme les autres !

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Dernier album paru avant le confinement.

Les livres qui parlent des cités et de la vie dans les cités, c'est un peu comme les programmes de rénovations pour ces quartiers, on a l'impression de toujours en avoir des nouveaux pour au final le même résultat : rien de nouveau sous le soleil !


© Delcourt 2020.

 Et on démarre avec un titre dont peu de monde connaisse la signification, sauf les jeunes des cités. En falsh, c'est de l'argot, qui signifie "dans le dos", "en sous-marin", "en secret". On se trouve donc tout de suite dans l'ambiance d'un univers si proche de nous, mais totalement hermétique.

Trois pages sans texte. Une fille qui descend du RER. Trois "renois" qui la matent. Ils lui font comprendre  qu'elle est à leur goût. Elle passe tête baissée. Son mec, Samuel l'attend dans son appartement. Tout de suite on est plongé dans l'ambiance. On sait où on se trouve. Quand elle arrive, il comprend qu'elle "est vénère". Elle lui explique. Il pète un câble et descend comme une furie leur casser la gueule. Ça y est. On est entré dans la cité comme on n'ose pas y croire. Plus loin, on découvre l'étudiant en économie, Modi, qui a repris le business de son frère, Bendiougou, actuellement incarcéré. Le petit frère, lui, cherche à s'émanciper et à faire ses affaires de son côté.

Une BD de plus sur le sujet ? Oui, c'est sûr. Mais quand on la lit, on n'a pas l'impression de lire une BD habituelle. Elle touche juste. Les auteurs, le scénariste OZ (Les 5 Terres) et le dessinateur Fabien Bastien (pour sa première BD), mettent en scène chaque protagoniste de manière cohérente et concrète. On découvre les problèmes de gestion du personnel, de l'organisation du trafic de shit. C'est clinique. Il en ressort une violence dans les rapports parfaitement exprimée. Et le mal-être est bien présent. Ils sont violents, mais pas par plaisir. C'est leur seul moyent d'expression. Et on comprend que les réponses institutionnelles et politiques ne peuvent rien régler. Même si elles sont à peine exprimées car ce n'est pas le sujet principal de ce premier épisode.

En effet, le projet semble ambitieux avec cinq tomes de prévus (sur le quotidien de l'économie souterraine, puis des habitants, le système judiciaire, le milieu hospitalier et enfin le système éducatif).

Si les autres albums sont aussi limpides que le premier, cette série fera date et devra être distribué à tout nos politiques.

En falsh, un livre vrai !

 


© Delcourt 2020.

 

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