Delcourt- Un Été cruel, Pulp et Texas Blood

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 12/08/2021

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Tags : comics tome phillips brubaker delcourt sean integrale

Une sélection de polar pour l'été

Criminal Hors-série - Un été cruel 8.5/10


© Delcourt 2021.

 

Si le mauvais temps estival peut vous sembler cruel, vous n’avez rien vu à côté de l’été de Ricky Lawless. Si le nom vous dit quelque chose, c’est normal, nous sommes dans l’univers de Criminal. Ricky est connu et son papounet Teeg également des fans de la série. Du coup, nous retrouvons Brubaker aux commandes de cet imposant comics de 300 pages. A ses côtés, son dessinateur de toujours (ou presque) Sean Philips qui s’adjoint les talents de son fils Jacob pour les couleurs. Cela tombe bien puisque nous allons parler famille.

L’histoire nous raconte l’été 1988 où Teeg va commettre son plus gros coup mais également son dernier. L’occasion de revenir sur les derniers moments de Teeg mais il ne sera pas le seul héros de cette histoire. Au passage, nous aurons une « arnaqueuse » qui a fait du Carpe Diem son style de vie, un privé qui se prend pour un chevalier servant et surtout Rick Lawless dans toute la folie de son adolescence. Si Rick est connu pour son côté imprévisible, nous sommes amenés à mieux comprendre ce qui a pu le façonner. Brubaker livre un scénario prenant avec une tension permanente où nous savons qu’à un moment donné Teeg va y rester. Tout l’art de l’auteur va être de faire monter la sauce sur fond de rébellion et de braquage. Le point d’orgue sera donc cet ultime casse qui vaudra son pesant d’or dans tous les sens du terme. A la fois simple et efficace, on voit toute la magie de la série.

Certes 300 pages ça peut paraître imposant mais c’est exactement ce qu’il faut pour poser l’intrigue et les personnages. Nous n’aurons pas que des moments parfaits et certaines séquences paraîtront un peu « faciles » ou de « trop » mais dans l’ensemble, c’est une lecture prenante que l’on connaisse ou non la série. Visuellement, c’est sombre et cela colle bien à l’esprit que l’on se fait de la vie de Rick et Teeg. Il y a un côté poisseux et on peut ressortir le côté collant d’un été chaud mêlé à une vie compliquée. Un été cruel est donc un polar qui se déguste comme un bon cocktail au bord de la piscine.

 

Pulp – 7/10


© Delcourt 2021.

 

Continuons avec Brubaker et Philips avec Pulp. En gros, on continue dans les braquages, les truants et tout pour voyager dans une autre ville, un autre temps et d’autres héros. Les deux compères connaissent bien ce genre d’univers et avec Pulp, ils nous promettent du polar à l’ancienne.

C’est ainsi que nous retrouvons Max Winters dans les années 30 à New York. La dépression bat son plein et il tente de vivre de sa plume en racontant les histoires d’un hors la loi. De la fiction pour s’évader en ces temps difficiles. Un peu mais c’est aussi fortement inspiré de la véritable vie de Max avant qu’il prenne sa retraite et tente de vivre loin des braquages. Mais le vieil homme fatigué va reprendre du service et faire face à son passé, des nazis et des braqueurs. L’intrigue est courte, efficace et Brubaker distille tout son savoir-faire en matière de polar et de construction de personnage. Max a un côté Bronson ou Eastwood en fin de vie. Il sait qu’il va bientôt y passer et il veut laisser quelque chose à ceux qui comptent.

Le dessin de Philips colle bien au héros en on peut presque sentir la poussière des déserts qui s’accroche encore aux semelles de notre héros. Une belle histoire sur son fond de polar.

 

Texas Blood T01 – 7/10

Encore du polar ? Un peu, mais ici, nous avons Chris Condon aux manettes.
© Delcourt 2021.

 

Cela dit, nous avons Jacob Philips aux crayons et avec papa Sean, il a appris comment naviguer dans un univers fait de polar et de personnages torturés.

Ici, nous avons deux héros des deux côtés de la barrière quelque part. D’un côté, le shérif Coates qui voyait se profiler la retraite avant la mort violente et mystérieuse d’un voyou. De l’autre côté, nous avons le frère du voyou, un écrivain qui avait fui cette ville et les problèmes. Le retour va donc être difficile car la moitié de la ville le déteste tandis que l’autre moitié le hait complétement et tout ça à cause de son frère dans la plupart des cas. Tensions, souvenirs houleux et ambiance lourde dans cette ville du fin fond du Texas. Ce tome est une présentation mais on peut dire que l’on est happé comme dans un tourbillon. Les deux héros sont comme les deux faces d’une pièce et chaque chapitre semble faire tourner la pièce pour mieux nous embarquer dans l’intrigue.

Une bonne entrée en matière pour les amateurs de polar avec un album solide sur le fond et la forme. Jacob Philips confirme le talent familial pour le dessin et pour poser une ambiance presque tangible

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