Delcourt : Cagliostro T2, Travis T11, 7 Mages

/ Critique - écrit par plienard, le 29/04/2016

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Petit survol des séries en cours chez Delcourt.

Cagliostro – Tome 2 : La Cérémonie de l’ombre – note : 7/10

Le comte de Cagliostro est maintenant revenu en odeur de sainteté à la cour de Marie-Antoinette par ses tours de passe-passe et ses séances d’hypnotisation qui amusent et impressionnent toute l’assemblée. Au point que la police fait appel à ses services pour enquêter sur une série de meurtres qui présentent des similitudes et qui paraissent avoir suivi un certain rite. Et l’urgence se fait sentir car le dernier meurtre a eu lieu dans les jardins même de la cour de Versailles.


©Delcourt édition 2016.

Suite et fin du diptyque consacré à l’étrange personnage qu’incarne le comte de Cagliostro. Sa vie est ici adaptée par Arnaud Delalande et Hubert Prolongeau et dessinée par Alessio Lapo. Les auteurs donnent volontairement une ambiance fantastique teintée de magie noire et on se laisse prendre facilement. Le comte de Cagliostro apparait ici comme un personnage manipulé plus que pour un manipulateur, même si la fin revient sur sa réputation sulfureuse mais qui ne sera finalement pas traitée ici, ce qui laissent un petit goût d’inachevé (peut-être une suite plus tard ?). Ces deux albums sont là pour expliquer l’image qu’on en a aujourd’hui. Mais tout cela reste évidemment romancé.

 

Travis – Tome 11 : Les Enfants de Marcos – note : 7/10

C’est avec une joie non feinte qu’on retrouve Travis après quatre années d’absence. Et il revient pour un triptyque, le plaisir est donc triple puisqu’on est sûr de le revoir jusqu’au tome 13.

Travis est née dans les années 90, en 1996 très exactement et fait partie des séries fondatrices du label « série B » chez Delcourt avec Carmen Mc Callum par le même scénariste Fred Duval. Avec Christophe Quet, il démocratise ainsi un genre un peu nouveau dans la bande dessinée, le cyber punk, avec des histoires punchy sur fond d’écologie, de technologie et d’intelligence artificielle. Le coup de génie tient aussi aux passerelles faites avec l’autre série Carmen Mc Callum.


©Delcourt édition 2016.

Dans ce nouvel épisode, Vlad Nyrki est contacté pour retrouver son ami Steve Travis dont la navette a été localiisée abandonnée près d’une station orbitale désaffectée. Aux dernières nouvelles, Travis convoyait du fret au Mexique, dans une zone de guerre où l’ONU, les narcotrafiquants et les rebelles du Chiapas s’opposent. De là à dire qu’il faisait du trafic, c’est un raccourci qu’il est évident de faire.

Le couple Duval-Quet n’a rien perdu de sa superbe et de sa facilité à nous raconter des histoires démentes dans cet univers « No Future » si caractéristique de la série. Ce premier tome sert d’introduction aux deux prochains tomes. Notre envie est donc en partie assouvie avec l’espoir de retrouver réellement le personnage de Travis car il a marqué cet album par son absence.

 

SEPT – 7 mages – note : 7/10

Après le conte traditionnel avec 7 nains, la franc-maçonnerie avec 7 frères, le nouvel album du troisième cycle de la série Sept va nous emmener dans le pays de Cocaigne ou la magie règne encore. Un pays qui va être menacé par Jean le nécromant, frère du roi actuel Féric, et ses armées d’homoncules, sortes de goules aux allures de mandrill. Pour sauver son royaume Féric va demander les conseils de Herne, père de la race des êtres magiques, qui va lui donner la liste de 7 mages qui pourront l’aider. Il y a Gargan, à la force herculéenne ; les sœurs de l’épouvante représentant l’eau, l’air et la terre ; le disciple qui agit par réflexion et sans magie ; Lumen le foudroyeur et Anna l’enchanteresse la propre fille de Féric.


©Delcourt édition 2016.

Pour ceux qui aiment les contes et en particulier les univers de magie, vous devriez y prendre un certain plaisir, malgré une représentation un peu trop super-héroïque des  personnages dans leurs actions comme dans leur trait. Seul dénote le disciple, à l’apparence plus grise, moins parfaite. C’est d’ailleurs le seul à ne pas utiliser la magie ce qui lui vaut une certaine rancœur de ses partenaires. Ce style assumé apparaît comme une évidence quand on sait que l’ouvrage est l’œuvre de Serge Lehman qui nous a déjà gratifié de quelques séries de super héros à la mode française comme Masqué (4 tomes chez Delcourt) ou Métropolis.

Quant au trait d’Emmanuel Roudier, si on peut trouver la couverture un peu trop sage, style « photo de classe », le contenu de l’album est beaucoup plus emballant.

Le récit mélange le moderne à la tradition, la force à l’intelligence. Un album qui est plus complexe qu’il n’y paraît avec quelques subtilités et une fin originale.


Les couvertures des 3 albums - ©Delcourt édition 2016.

 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse