Delcourt : Venosa T1, Détectives T7, Sept athlètes, Les fantômes de Neptune T2, 14-18 T7

/ Critique - écrit par plienard, le 28/06/2017

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Rien moins que cinq séries qui débutent (Venosa et Les fantômes de Neptune)ou qui se terminent (Détectives, 14-18, Sept) sont passées au crible de notre humeur.

Détectives -Tome 7 : Else et la mort - note : 8,5/10

C'est un peu décontenancé qu'on démarre la lecture du septième et dernier album de la série Détectives. Spin-off de l'album n°6 (saison 2) de la série Sept, Détectives est une série où on retrouve nos sept limiers avec un album par personnage. Et ce qu'on aurait pu prendre comme une série de sept one-shot indépendants, s'avère être un peu plus complexe que cela.

Son scénariste, Erik Hanna, a en effet imaginé un fil rouge qui fait de Détectives une réelle série. Et ce septième tome vient la conclure.


© Delcourt 2017.

 
Nathan Else n'est pas seulement le plus grand détective du monde, il est aussi le héros d'une série de roman qui revisite ses plus grandes enquêtes. Pourtant le dernier livre a ceci de particulier : outre qu'il soit de qualité médiocre, il annonce la mort de Nathan Else sans avoir oublié de le ridiculiser. Ce qui n'est pas du gout de son ami John Eaton. Et alors qu'ils signent des autographes aux fans plantés devant chez eux, un malade vient planter son couteau dans le coeur de Nathan Else. La mort est immédiate et la coïncidence avec le livre douteuse. John Eaton et les autres détectives vont alors s'unir pour découvrir la vérité.
Ce dernier tome n'est donc pas une enquête du célèbre Else, comme pour les autres albums ? C'est un coup de maître que réussit là Erik Hanna. Avec un album dédié à un personnage qui meurt dès le début, il remet en cause complétement la trame habituelle des six premiers tomes. Mais à l'image de ceux-ci, la vérité n'est pas si évidente et n'importe quel innocent peut apparaître coupable. Et si les détectives sont les meilleurs dans leur partie, les assassins qu'ils recherchent ne sont pas mal non plus.
Le dessinateur, Sylvain Guinebaud - qui a déjà dessiné le premier tome Miss Crumble - signe une enquête parfaite et comble de l'arrogance s'offre plusieurs lettres manuscrites en pleine page.
On invite les fans de la série à réviser leurs premiers albums avant de parcourir celui-ci. Pour ceux qui decouvriraient la série, commencer par cet album est toujours possible mais l'envie de relever les indices disséminés dans les autres albums sera bien présente après avoir tourné la dernière page.

 

Venosa - Tome 1 : 5 cadavres sur le pavé - note : 6/10

Peut-on allier horreur et humour dans une bande dessinée franco-belge destinée à tout public ? C'est le pari fait par Olivier Milhiet dans le premier album de Venosa chez Delcourt.
Le roi Jaranis fait le siège de la ville de Venosa. En pure perte pour l'instant. Sa fille est complètement sous l'emprise de drogues en provenance de la ville. Dans la cité, justement, une série de meurtres particulièrement sauvages est perpétrée par des fumeurs de pavot noir. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Le chef de la police, dont le seul nom Gargarine fait frémir la population, est sur l'affaire et a des méthodes d'enquêtes expéditives.


© Delcourt 2017.

 
Olivier Milhiet joue sur deux thèmes, le gore et l'humour. Si sur le premier, l'objectif est particulièrement bien rempli - une petite gêne se fera sentir à la lecture de l'album - dont le style rappelle celui de la série Zorn & Dirna (six tomes chez Soleil). Sur le second, on reste un peu dubitatif. Les moments drôles n'ayant pas forcément l'impact voulu. La faute peut-être à une ambiance un peu trop lourde que les situations guignolesques ne parviennent pas à alléger. Un cocktail qui laisse à penser que les deux thèmes ont du mal à cohabiter.
L'auteur n'a, semble-t-il, pas réussi à trouver le bon dosage et on se retrouve avec une bande dessinée déséquilibrée, à l'horreur assumée et à la qualité graphique évidente et plaisante mais à l'humour qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Pourtant, les qualités remportent la mise sur notre envie d'en connaitre la suite. Alors ne boudons pas notre plaisir.

 

Sept (saison 3) - Tome 6 : 7 athlètes - note : 8,5/10

Sept albums racontant chacun sept personnages, c'est le concept de la série Sept qui touche ici à la fin de la troisième saison avec le tome 6. Le dernier étant prévu pour ...
Sur un scénario signé Kris et Bertrand Galic, on va ici suivre sept athlètes qui vont se retrouver embarqués dans la guerre d'Espagne. Nous sommes en 1936 et "las olympias populares" vont être organisés à Barcelone pour contrer les JO de Berlin. Un groupe d'amis et de sportifs vont alors décider de se qualifier pour ces jeux populaires. Parmi eux, Francisco l'espagnol trop heureux de pouvoir revenir dans son pays, le couple Antoine et Jeanne, l'italien Carlo qui passe son temps à provoquer la belle Nicole au caractère bien trempé. Le groupe des cinq, tous membre du club de Montreuil, va rencontrer en chemin le juif allemand Rudi et l'irlandais Neill. Mais à peine arrivés dans la capitale catalane, les fascistes provoquent un coup d'état. Ils ne leur restent alors plus beaucoup de choix : mettre à profit leurs qualités d'athlètes pour lutter contre le fascisme.


© Delcourt 2017.

 
C'est un nouveau récit de résistance par des sportifs que le duo Kris et Galic nous invitent à découvrir ici après Un maillot pour l'Algérie (chez Dupuis). Ils montrent une nouvelle fois qu'on peut être sportif et être engagé politiquement, loin des poncifs habituels sur le sportif bête et docile.
David Morancho est espagnol. Est-il pour cela le mieux placé pour dessiner une bande dessinée sur fond de guerre d'Espagne ? Il livre en tout cas un superbe album, élégant et racé, à l'émotion certaine. Une remarque aussi sur les couleurs de Javi Montes, pour le féliciter et qui donne aussi le ton de l'album. Une belle équipe d'auteurs pour une belle série : ils remportent l'épreuve haut la main !

Les fantômes de Neptune - Tome 2 : Rorqual - note : 7,5/10

Valentine Pasche, alias Valp, est l'autrice complète de cette série, Les Fantômes de Neptune, aux éditions Delcourt. Après Ashrel, elle revient donc une série au long court à en croire la minutie qu'elle met à exposer les éléments et les événements.
Ce deuxième tome nous laisse donc toujours un peu dans l'attente de révélations qui. viennet au compte gouttes et qui pourraient faire avancer l'intrigue. N'y voyait en rien une critique, car l'univers et le dessin de Valp est de toute beauté et se déguste avec lenteur. Un jnivers steampunk, dans un style victorien en pleine Prusse et Russie. L'amalgame est parfait et élégant, et il ressort de tout cela une réelle énergie.


© Delcourt 2017.

 
On suit avec envie la jeune Meena qui cherche un peu de calme et à savoir ce qu'il se passe autour d'elle. Elle est un peu perdue, et s'interroge sur les subits amis qui se déclarent pour l'aider. Pour l'instant, il s'avère qu'elle ne fait pas le bon choix car le docteur Markgraff joue un double jeu.
En l'état actuel des choses, il y a donc plus de questions que de réponses apportées. Mais si Meena reste dans le flou, le lecteur a au moins l'avantage de connaître les différentes factions en présence. Ensuite, les décors sont très impressionnants et on donne une mention spéciale au Rorqual, une sorte de Zeppelin vivant, à l'allure racée et impressionnante.

 

 

14-18 - Tome 7 : Le diable rouge (avril 1917) - note : 8/10

La série d'Éric Corbeyran et Étienne Le Roux est en train de creuser son sillon dans les bandes dessinées sur la première guerre mondiale qui comptent. Prévue en dix tomes, on suit huit soldats originaires du même village et affectés dans le même régiment d'infanterie. Chaque album est l'occasion de revoir un peu l'histoire de cette sale guerre en lien avec les commémorations du centenaire.


© Delcourt 2017.

 
Ce tome 7 est particulièrement meurtrier pour nos amis. Il correspond à avril 1917, date de l'offensive Nivelle, la bataille du chemin des dames et des insurrections qui ont peu à peu vues le jour et qui seront réprimées fermement par des pelotons d'exécutions. De cette bataille, parmi les plus meurtrières de la première guerre, peu en survivront.
Si la grande guerre racontée par Tardi reste un monument avec la description de l'horreur dans l'instantanée, la série 14-18, aux éditions Delcourt élargit un peu plus la vision. Si ellle s'exprime bien sur l'horreur de cette guerre, les sentiments dépressifs, l'impression de gâchis et d'exploitation des hommes, la série revient aussi sur le changement que ce conflit a opéré dans les mentalités et dans la société française (prise de conscience et émancipation de la femme).


Les couvertures des 5 albums - © Delcourt 2017.

 

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