Dargaud : Yasmina, Ce que font les gens normaux, The Black holes

/ Critique - écrit par plienard, le 18/02/2019

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Trois romans graphiques qui me font dire que le fan de Bd franco-belge que je suis préfère les histoires d'humour et de patates aux récits existentiels et poétiques. C'est mon côté terre à terre, ou plutôt pomme de terre ! Mais il en faut pour tous les goûts, parait-il.

Yasmina et les mangeurs de patates - note : 7/10

C'est une histoire franchement loufoque que Wauter Mannaert nous invite à découvrir aux éditions Dargaud. Une histoire qui parle de mal bouffe, d'écologie, d'utilisations excessives de produits chimiques, d'expériences génétiques, de veganisme. Des sujets liés et d'actualité qui pourraient faire peur s'ils n'étaient pas traités avec beaucoup d'humour et ce dont Wauter Mannaert semble avoir à profusion.


© Dargaud 2019.

 

Yasmina est une lycéenne qui prépare le dîner de son papa tous les jours et lui fait sa gamelle tous les midis. Adepte d'une cuisine sans viande mais variée et originale, elle se débrouille pour trouver des légumes bon marché. Ses amis, Cyrille et Marco, ont leur propre potager. Le premier ne jure que par les pesticides, le second pour une agriculture biologique. Il lui arrive même d'aller piquer quelques légumes chez la voisine du dessus qui vit en retrait de la société. Mais quand les jardinets de ses amis vont disparaître face à l'industrie agro-alimentaire intensive de l'entrepreneur Tom De Perre, et que les gens vont commencer à avoir des réactions étranges après avoir goûter à ses nouvelles pomme de terre, Yasmina va devoir se battre pour continuer à préparer de bons petits plats à son papa et dans le même temps, sauver la société.

Wauter Mannaert traite d'un sujet d'actualité avec un dessin énergique et coloré. Après la lecture de cet album engagé mais drôle, vous n'irez plus dans un fast-food aussi facilement.

 

Ce que font les gens normaux - note : 6/10

Roman graphique signé Hartley Lin, Ce que font les gens normaux est la traduction de Young Frances. Récompensé par de nombreux prix, on suit le début de carrière de Frances, une assistante juridique junior qui a intégré un cabinet d'avocats. Elle vit en colocation avec son amie Vickie, jeune actrice, libre et fêtarde, à l'inverse de Frances. Bosseuse et sérieuse, Frances ne parvient pas à trouver le sommeil. Stressée par le boulot ? Trop consciencieuse ? Elle essaie toutes les combines : sport, peinture de la chambre, parfum d'ambiance …..


© Dargaud 2019.

 

Un récit qui parle du monde du travail, de la manière dont on peut l'appréhender, de la finalité de la vie … Avec Frances et Vickie, vous avez la possibilité de choisir votre type d'états d'âme. Si vous aimez les romans graphiques et que vous êtes du genre à vous questionner sur le sens de la vie, ce récit d'Hartley Lin devrait résonner en vous. Si vous êtes sûr de vous et pragmatique, Frances va vous apparaître chiante au possible. À ne pas mettre entre toutes les mains, donc.

 

The black holes - note : 6/10

Les espagnols seraient-ils un brin chauvin ? On est en droit de le penser à lecture des critiques dithyrambiques de certains auteurs ibériques concernant l'album The Black Holes signé par leur compatriote Borja Gonzalez. "Onirique, moderne et gothique", "Une splendide balade poétique", "un chant à la liberté de création" … avec toutes ces éloges, on s'attendrait presque à lire l'album de l'année. On en sera pour nos frais, bien qu'il y ait une once de vérité dans tout ce qui a été dit.


© Dargaud 2019.

 

Trois adolescentes veulent former un groupe de Punk dans l'Amérique de nos jours. Elles s'appelleront The Black Holes. En 1856, une jeune fille de bonne famille se promène dans les bois et rencontre un squelette. Si la situation est plus qu'étrange, elle n'a rien d'inquiétant pour elle. Elle écrit des poèmes qui ne ressemblent pas à la jeune fille de bonne famille qu'elle doit être. Et cela déplaît à sa mère.

Deux récits se confrontent en parallèle dans ce roman graphique tout à fait étrange. Aucune réelle action, on est bien dans l'onirisme. Les histoires paraissent insignifiantes et sans rapport. Et pourtant, un fil semble les relier. Quel est-il ? Et c'est cela qui est sans doute le plus fort … on ne sait pas. Mais on reste. On lit ces existences irréelles comme si on les comprenait. Le dessin de Borja Gonzalez n'y est sans doute pas pour rien. Ces personnages avec des visages vides, pas de bouche, pas d'yeux, pas de nez, aucune expression perceptible et pourtant. On ressent leurs sentiments.

The Black Holes n'est sans doute pas l'album de l'année qui touchera un large public. Mais ceux qui voudraient tenter une expérience intéressante et peut-être inoubliable devraient lire cet album. Il va falloir oublier ses a-prioris pour ne pas y voir un album où il ne s'y passe rien.

 


Les 3 couvertures de l'album - © Dargaud 2019.

 

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