Dargaud : Louisiana T1, Jazz Maynard T7

/ Critique - écrit par plienard, le 10/10/2019

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Une qui commence, l'autre qui finit. Deux raisons de découvrir ces deux séries chez Dargaud.

Louisiana, la couleur du sang - Tome 1- note : 8/10

Pour son premier album en tant que scénariste, Léa Chrétien nous emmène sur les traces de l'histoire douloureuse de la ségrégation aux Etats-Unis d'Amérique avec Gontran Toussaint aux dessins. Une histoire de femme, dans le monde profondément raciste, misogyne et violent des hommes.


© Dargaud 2019.

 Louise Sorel est une vieille femme. Et lorsque ses petits-enfants lui demandent de raconter l'époque des plantations et l'histoire de ses ancêtres, elle refuse. Elle n'est très fière de ce passé. Puis elle décide de mettre par écrit, avec l'aide de la bonne de la famille, une femme de couleur, l'histoire familiale et cette époque où l'homme noir était considéré comme un objet et les femmes soumises au bon vouloir des hommes.

Ce triptyque annoncé est un récit fort et ambitieux qui a peut-être un léger défaut : celui de laisser croire que les hommes ont tous les maux et les femmes toutes les qualités. Heureusement, on peut voir que certains personnages féminins ne valent pas mieux que leurs hommes qui décidément n'ont rien pour être pardonnés ou pardonnables : racistes, misogynes, on a envie de dire que trop c'est trop. Et c'est sans doute ce qui pousse les ancêtres de Louise, Joséphine et sa mère, a réagir face à un père et un frère dénué de tout humanisme et bien dans leur temps. Iront-elles jusqu'à commettre l'irréparable ?

Un bon premier tome où les actions des personnages ne laissent pas insensibles le lecteur. Le dessin de Gontran Toussaint est superbement détaillé et précis et fait honneur au scénario.

 

Jazz Maynard - Tome 7 : Live in Barcelona - note : 9/10

C'est une fois de plus un grand Jazz Maynard qui vous attend avec ce septième tome par Raule et Roger, aux éditions Dargaud.


© Dargaud 2019.

 Jazz s'est enfin rangé. Fini la violence et les sales coups. Il va bientôt sortir son premier album qui a déjà un succès d'estime auprès de la critique; mais un braquage va bouleverser sa vie et l'amener à prendre des décisions cruciales. L'oncle Raimundo est assassiné par des braqueurs alors qu'il faisait une partie de poker avec Téo et Judas. Un crime qui ne peut pas rester impuni pour ses deux amis. Et en souvenir du passé, Jazz doit choisir son camp.

Pas la peine de devoir vous convaincre si vous êtes fans de la série. Il suffit de dire que ce septième album est à l'image des albums précédents. On vous dira aussi que les auteurs sont au sommet de leur art et offre un final difficile à leur héros. On s'identifie facilement à lui (même si on n'est pas tous joueur de trompette, ni ancien délinquant).

Pour les curieux et les intéressés de la bande dessinée, je pourrais vous dire de commencer par le premier tome. Mais ce n'est même pas nécessaire. Les flash-back savamment distillés sur l'enfance de Jazz, Téo et Judas vous font comprendre l'essentiel. Vous devenez comme eux. Vous comprenez leur choix. Par contre, vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu : lire le tome 7 de Jazz Maynard, c'est l'adopter.

 


Les couvertures des 2 albums - © Dargaud 2019.

 

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