Dargaud : Les Zola, XIII T25, L'Humain

/ Critique - écrit par plienard, le 30/08/2019

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Trois très bons albums chez Dargaud entre science-fiction, récit historique et héros mythique.

XIII - Tome 25 : The XIII history - note : 8/10

La légende XIII se renforce encore un peu plus avec ce vingt-cinquième tome qui va faire patienter les fans de la série jusqu'au tome 26 qui est annoncé pour la fin de l'année 2019. Ce tome est un peu le pendant de l'album 13 (et 13bis) - The XIII mystery - du premier cycle. Peu de dessin, et beaucoup de texte, l'album fait en quelque sorte la généalogie dessinée de XIII de 1282 à nos jours. Le tout s'inscrit subtilement dans la mythologie XIII avec cette succession de portrait des aïeuls du célèbre amnésique. L'occasion est de refaire le point sur l'intrigue actuelle, bien évidemment, mais aussi d'apporter des éléments nouveaux qui permettent de la mieux comprendre: ainsi la fondation de l'Amérique actuelle et de ses valeurs se seraient faites sur des trahisons, des meurtres et de l'intégrisme religieux.


© Dargaud 2019.

 C'est tout bonnement passionnant car Yves Sente raccroche tous les wagons que Jean Van Hamme et William Vance ont disséminé sur 19 tomes. Il leur fait d'ailleurs un petit clins d'œil en les incluant dans la généalogie XIII avec le premier ancêtre connu, Jean de Hame au XIIIème siècle (évidemment) et un compagnon de route prénommé Harry Vance au XIXème.

 

Les Zola - note : 8,5/10

On ne présente plus l'auteur Emile Zola. Et pourtant le célèbre romancier n'a rien moins que deux albums qui lui sont consacré en 2019. celui qui nous intéresse ici est signé par Méliane Marcaggi et dessiné par Alice Chamama.


© Dargaud 2019.

 La première est actrice et fut directrice d'un petit théâtre pendant quatre ans. Elle signe ici sa première bande dessinée. La seconde a déjà été récompensée pour une bande dessinée : Les kangourous de l'apocalypse, et signe ici un récit un album à la couleur directe et s'amuse à copier les peintres impressionnistes pour plus nous impressionner.

Les deux jeunes femmes nous offrent une biographie dont le titre doit nous interpeller. Il ne s'agit pas seulement du grand Emile Zola, mais bel et bien des Zola, de sa femme, Alexandrine, et de sa maitresse, Jeanne. Elles ne s'attardent pas sur l'œuvre du maître, qui va juste servir de référence historique et temporelle, et vont nous dévoiler sa vie amoureuse et personnelle, et le rôle primordial qu'eut Alexandrine dans sa vie. L'album lui rend d'ailleurs hommage au point qu'elle est, pour ainsi dire, le personnage principal de ce livre. Si le talent d'écriture appartient bien à l'homme, Zola lui doit sans aucun doute sa carrière.

Un récit documenté, presque factuel, et qui offre une autre vision de l'écrivain et de son œuvre, et le rend sans doute plus humain. D'ailleurs ne dit-on pas que derrière chaque grand homme se cache une femme. Et bien ici, l'adage se vérifie.

 

L'Humain - note : 8/10

Les éditions Dargaud continuent la parution de récits de pure science-fiction et de qualité. Après Aiôn, et avant Univers !, voici L'humain par deux auteurs argentins, Diego Agrimbau (scénario) et Lucas Varela (dessins) dont on a récemment pu découvrir le trait avec Michigan -déjà chez Dargaud).


© Dargaud 2019.

 Dans ce récit, on retrouve Robert, scientifique biologiste, qui vient de débarquer sur la Terre après 549 000 ans en orbite. Avec sa femme, June, ils ont décidé d'attendre en hibernation, que les écosystèmes se soient rétablis pour reprendre possession de la planète bleue dans un esprit harmonieux, en lien avec l'environnement. Mais sa femme est arrivée une centaine d'année plus tôt avant lui, et est morte. Le voici seul, avec quatre robots dont Alpha, un "psycho-robot" à l'aspect féminin créé par sa femme. Face à cette solitude, Robert perd pied et se prend pour le nouveau créateur. Alpha va tenter de le raisonner.

Un récit d'anticipation dans lequel la prédominance de la couleur rouge au milieux des gris donne une ambiance particulière à cet album. On est dans une sorte de fin du monde alors que le personnage de Robert cherche à en créer un nouveau. Un paradoxe qui donne son identité à l'album qui amène à penser que le fléau des hommes, ce sont les hommes eux-mêmes. Un récit profondément pessimiste même si la fin apporte une note d'espoir.

 


Les couvertures des 3 albums - © Dargaud 2019.

 

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